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​Tchad : l’ex-représentant de la HAMA à Pala enlevé, un autre journaliste recherché


Alwihda Info | Par Djimet Wiche - 14 Janvier 2026


L’ancien représentant de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) à Pala, Dimanche Isaak Kassaltna, a été enlevé ce lundi 12 janvier 2026 dans son bureau par des agents de la Direction Générale des Renseignements et d’Investigation (DGRI), puis conduit et séquestré dans les locaux du CSP3. L’information a été rapportée par ses proches et confirmée par une source sécuritaire.


​Tchad : l’ex-représentant de la HAMA à Pala enlevé, un autre journaliste recherché
Depuis son enlèvement, il est privé de tout contact avec sa famille et ses deux téléphones sont injoignables.

Par ailleurs, le journaliste Azoudoum Aweina Jedeon a également été brièvement interpellé par des éléments de la DGRI. Selon des sources proches du dossier, les agents lui auraient intimé l’ordre d’indiquer la localisation d’un autre journaliste ayant dénoncé, sur TikTok, la démission forcée d’Allari Koné, figure politique influente et leader charismatique du Mayo-Kebbi, en conflit avec l’actuel locataire de la Primature.

Cette brève séquestration visait manifestement à obtenir, par son intermédiaire, des informations sur d’autres journalistes en vue de leur arrestation. Toutefois, Azoudoum Aweina Jedeon aurait opposé un refus courtois, selon une source contactée par Alwihda Info.
« Jedeon a été interpellé à son bureau par des agents de la DGRI, antenne du 3ᵉ arrondissement. Ils sont passés par l’une de ses connaissances à l’aide de subterfuges. Une fois localisé, il les a suivis », a confié la source.

L’enlèvement de Dimanche Isaak Kassaltna intervient après une publication sur les réseaux sociaux dans laquelle il dénonçait la dissolution de l’association Kodomma International par arrêté du ministère de l’Administration du Territoire.

Dimanche Isaak Kassaltna est réputé proche d’Allah-Ridy Koné, ancien président de Kodomma et figure politique influente du Mayo-Kebbi Est, qui aurait été contraint à la démission sous pression. Son éviction, l’an dernier, de son poste de représentant de la HAMA à Pala serait liée à cette proximité.

Au-delà de ces enlèvements, les autorités tchadiennes sont accusées de restreindre les libertés fondamentales par des interdictions systématiques de manifestations, la répression violente de rassemblements non autorisés et la dissolution récente de plusieurs associations. À l’inverse, les marches de soutien au pouvoir continuent d’être autorisées et encadrées par les forces de sécurité.

Ces multiples atteintes aux libertés civiques et ces arrestations sont en contradiction avec les engagements régionaux et internationaux pris par le Tchad en matière de droits humains. Elles compromettent les espoirs d’une sortie de crise respectueuse des libertés fondamentales.

Service actif de la Police nationale, la Direction Générale des Renseignements et d’Investigation (DGRI) est chargée, sur l’ensemble du territoire national, de la collecte, de l’exploitation et de la centralisation des renseignements relatifs à la sécurité nationale. Toutefois, dans un contexte de restrictions accrues de la liberté de la presse, les voix dissidentes font face à des filatures, des intimidations, des arrestations arbitraires ou à l’exil forcé, tandis que les organisations de la société civile subissent des pressions constantes.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)