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AFRIQUE

Afrique : réflexion sur la mobilisation des ressources pour gérer la dette


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 11 Juin 2021

La Banque africaine de développement (BAD) estime que le ratio moyen dette/PIB du continent devrait substantiellement augmenter pour atteindre 71% en 2020, contre 61% en 2019 et 48% en 2015.


Le 7 juin dernier, experts et responsables gouvernementaux ont échangé, sur les stratégies de mobilisation des ressources internes, pour faire face à l’accroissement de la dette des pays africains et permettre au continent africain de mieux se relever après la pandémie du Covid‑19. Organisée par la Banque africaine de développement, avec le soutien du gouvernement du Japon, le webinaire intitulé « Explorer le lien entre les politiques fiscales et la gestion de la dette », est le deuxième d’une série consacrée à la gestion de la dette africaine.

Cette rencontre a regroupé un panel de haut niveau d’experts gouvernementaux, de spécialistes institutionnels et des acteurs de la société civile, et a enregistré 285 participants. La Banque africaine de développement estime que le ratio moyen dette/PIB du continent devrait substantiellement augmenter pour atteindre 71% en 2020, contre 61% en 2019 et 48% en 2015. En Afrique, le nombre de pays africains, en situation ou à haut risque de surendettement, a presque doublé en dix ans, de 11 en 2010 à 20 en 2020. Face à cette situation, la Banque estime qu’il est essentiel de s'attaquer à cette tendance et d'amener les pays sur la voie d'une dette plus soutenable.

Selon le directeur du Département de la gouvernance et de la gestion des finances publiques à la Banque africaine de développement, Abdoulaye Coulibaly, il est nécessaire « d’engager une discussion sur la manière de réduire la dépendance à l'égard de la dette, mais aussi sur la manière dont les politiques budgétaires et les politiques fiscales en particulier peuvent contribuer à éviter une situation de surendettement. » Cela étant, le Togo est considéré comme un exemple en Afrique en matière de mobilisation des ressources internes. Avec le soutien de la Banque africaine de développement et d'autres partenaires du développement, le taux de mobilisation des recettes fiscales est passé de 15,7 % en 2005 à 19,5 % en 2019 ce qui a contribué à réduire le déficit budgétaire de 9,6 % du PIB en 2016 à 2,2 % en 2019.

Par contre, pays riche en ressources minières non pétrolières, la Namibie essaie d'équilibrer les impôts et la dette qui croît en raison de la fluctuation des prix des matières premières. Et selon Alexandra Readhead, chef de file fiscalité et industries extractives à l’Institut international du développement durable, les prêts adossés aux ressources minières contribuent au surendettement de certains pays, d’où la nécessité de rendre transparents ces types d’accords et de réformer la taxation minière.