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TCHAD

Ahmat Bachir : "accepter une manifestation serait une grosse erreur de notre part"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 6 Février 2018 modifié le 6 Février 2018 - 17:05


Le ministre de la sécurité publique et de l'immigration s'est exprimé cette après-midi devant les médias. L'intégralité de ses propos.


Le ministre de la sécurité publique et de l'immigration, Ahmat Mahamat Bachir. Alwihda Info
Le ministre de la sécurité publique et de l'immigration, Ahmat Mahamat Bachir. Alwihda Info
Le ministre de la sécurité publique et de l'immigration, Ahmat Mahamat Bachir :
Mesdames et messieurs les journalistes,

L'objet de cette rencontre a pour but de m'entretenir avec vous, de la manière la plus claire possible sur le comportement irresponsable de certains dirigeants de partis politiques et associations de la société civile. En effet, comme vous le savez, le Tchad est un Etat de droit. Je dit bien, écoutez-moi bien, le Tchad est un Etat de droit. Nul ne peut être au dessus de la loi. Hélas, il m'a été donné de constater avec regret que certains leaders de partis politiques et des associations de la société civile, en dépit de l'interdiction de leur demande de marche sur la voie publique, se permettent à travers des communiqués de presse, relayés par vous mêmes journalistes, relayés par les réseaux sociaux, d'inviter leurs militants à croiser le fer. Défiant ici l'autorité de l'Etat, et semer par conséquent un festival de désordre public.

La question que nous, nous posons, jusqu'où allons-nous avec un comportement pareil ? La réponse est simple, les mêmes qui brandissent la loi pour mener leur activité, sont les mêmes qui foulent au pied les lois de la République. On dit une chose et son contraire. Cela dit, l'interdiction qui apparait aux yeux du commun des mortels comme une solution extrême se justifie ; il existe des risques sérieux d'atteinte à l'ordre publique pendant cette période là. Il n'y a pas une seule manifestation dans la rue qui ne puisse se faire sans qu'on ait à regretter des conséquences fâcheuses. Par exemple, vous avez suivi partout à travers le monde, des pertes de vies humaines. Ici à N'Djamena, nous avons vus la destructions des biens des particuliers et de l'Etat.

Interdire une manifestation qui porte des germes de débordement est un acte salutaire. Il faut le reconnaitre. Parce que la rue est compliquée, donc c'est le rôle de l'Etat de protéger les personnes et leurs biens. C'est pas de gaité de coeur que nous disons niet aux marches publiques. Ceux qui appellent à la marche trop souvent instrumentalisent les enfants, les étudiants, les élèves, les badauds, et j'en passe. Ils les instrumentalisent pour défier l'autorité de l'Etat pendant que eux-mêmes se mettent à l'abri pour se cacher comme des lapins.

A l'heure actuelle, nous sommes dans un pays où les menacent terroristes ne sont pas totalement écartées. Accepter qu'une manifestation sur la voie publique puisse avoir lieu serait une grosse erreur de notre part. Cela pourrait ouvrir la porte à des actes de terrorisme et aux opportunistes de tout bords, animés d'intentions inavouées.

Désormais, tout parti politique ou association de la société civile qui tenterait de défier l'autorité de l'Etat, c'est-à-dire défier une interdiction quelconque, verra ses activités purement et simplement suspendues. La procédure de sa dissolution sera immédiatement engagée. 

La paix est égale à l'existence de l'Etat et c'est sa raison d'être. Nous sommes convaincus que cette crise est une crise passagère qui pourrait bientôt trouver des solutions idoines par la volonté des parties en discussion avec le gouvernement. 

Je salue et je remercie nos concitoyens qui ont adopté un comportement et une attitude responsable pour vaquer normalement à leur travail.