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ANALYSE

Bibi-bili à Ndjamena : quand les femmes brisent le tabou des cabarets


Alwihda Info | Par Barra Lutter - 25 Janvier 2026


La bibi-bili, boisson traditionnelle prisée dans certaines localités du Tchad, est en pleine mutation sociologique. À N'Djamena, la présence croissante des femmes dans les cabarets, autrefois des espaces réservés aux hommes, marque un changement notable dans les comportements sociaux.



Dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, on observe un phénomène fascinant. Les cabarets, traditionnellement perçus comme des lieux exclusivement masculins, se transforment en espaces de sociabilité mixtes où les femmes s'installent à des tables, parfois en tenue de travail ou accompagnées par des amies, et partagent un verre de bibi-bili en toute décontraction.

 

La présence des femmes dans ces espaces rompt un tabou social fortement ancré, où la consommation d'alcool par les femmes était souvent synonyme de marginalité et de transgression morale. Pour de nombreuses femmes, boire de la bibi-bili représente un acte de liberté, une façon d'affirmer leur place dans l'espace public aux côtés des hommes.
 
Cependant, cette normalisation de la consommation féminine cache des réalités plus sombres. La précarité économique, la pression sociale, la solitude urbaine, et le stress du quotidien sont des facteurs qui poussent certaines femmes à s'appuyer sur cette boisson traditionnelle comme refuge. Bien que peu coûteuse, la bibi-bili n'est pas sans conséquences.

 

La montée en puissance de la consommation féminine de bibi-bili suscite des inquiétudes chez les professionnels de santé, qui avertissent des risques liés à l'alcoolisme. Les femmes, dont l'organisme est généralement plus vulnérable aux effets néfastes de l'alcool, sont particulièrement exposées. Ainsi, une approche préventive, axée sur la sensibilisation plutôt que la stigmatisation, est nécessaire.

 

Au-delà de la simple consommation de bibi-bili, ce phénomène révèle beaucoup sur N'Djamena et son évolution. L'urbanisation rapide, le changement des rôles sociaux et l'affirmation des libertés individuelles sont des signes d'une société en mutation. La bibi-bili devient un symbole discret mais significatif de cette transformation.
 
La consommation croissante de bibi-bili par les femmes n’est pas un simple fait divers ni une mode passagère. Elle interroge et redéfinit les équilibres sociaux et culturels d’un Tchad urbain en quête de nouveaux repères.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)