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AFRIQUE

Burkina Faso : Des soins de santé dans le Nord dévasté par la violence


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 5 Mai 2021

Des « cliniques mobiles » ont été lancées pour fournir un accès à des soins médicaux gratuits dans une zone où des milliers de déplacés internes se sont installés.


Depuis janvier 2021, des équipes mobiles Médecins Sans Frontières (MSF) interviennent dans les localités de Sirfou, Todiame, Rounga et Ouindigui, où plusieurs milliers de ces déplacés se sont installés, mais où l’accès aux soins médicaux et à d’autres services de base est presque impossible. Ainsi, la région Nord du Burkina Faso abrite plus de 100 000 déplacés internes qui ont fui les violences récurrentes dans cette partie du pays.

« Nous avons fui le conflit et nous n’avons rien, nous n’avons même pas d’argent pour nous soigner », déplore Zallé Ramata, une femme qui s’est installée dans le village de Sirfou, dans la région Nord du Burkina Faso. Ce jour-là, Zallé a amené deux de ses enfants pour qu’ils soient soignés gratuitement par Médecins Sans Frontières (MSF), dont les équipes interviennent régulièrement dans ce village depuis janvier 2021.

Ces « cliniques mobiles », organisées en complément des activités médicales de MSF dans la ville de Titao, ont été lancées pour fournir un accès à des soins médicaux gratuits dans une zone où des milliers de déplacés internes se sont installés, fuyant un cycle de combats entre groupes armés et forces de sécurité, ainsi que d’affrontements intercommunautaires. Des 23 centres de santé du district, 15 ne fonctionnent que partiellement et trois sont fermés en raison du conflit. Cela s’ajoute aux difficultés de mouvement entraînées par les distances, le manque de transport et l’insécurité, rendant l’accès aux services de base et aux soins de santé très limité, voir presque impossible dans certaines zones. Les équipes MSF interviennent régulièrement à Sirfou et dans les villages voisins de Todiame, de Rounga et d’Ouindigui.

Une équipe MSF composée de cinq personnes parcourt chaque semaine plusieurs dizaines de kilomètres, sur des routes parfois en très mauvais état, pour arriver à ces villages. Le trajet est plus facile pendant la saison sèche, mais quand la période des pluies commence, la route devient difficile et le trajet d’autant plus long. L’insécurité chronique de la région s’ajoute aux difficultés dans les mouvements ; cela a pris des mois aux équipes MSF pour créer les conditions pour quitter la ville de Titao et rejoindre ces villages dans la périphérie.

Fin 2020, plusieurs déplacés qui habitaient à Titao ont décidé de rentrer dans ces villages-là, mais les centres de santé sont toujours fermés. Avec la saison des pluies et le pic de paludisme qui approchent, les équipes MSF sont préoccupées par l’augmentation des besoins des populations : c’est une zone enclavée et éloignée avec peu de services disponibles. Les pluies qui inondent les routes rendent le trajet plus difficile et le risque de paludisme plus élevé. En effet, les moustiques se reproduisent dans les eaux stagnantes.
Les équipes logistiques MSF fournissent de l’eau propre et gratuite aux populations en réhabilitant d’anciens forages ou en construisant de nouveaux. Avec les déplacements, les conditions de vie des déplacés et le manque d’eau non-polluée, les maladies se propagent facilement.