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AFRIQUE

Cameroun/Abong-Mbang : Cinq personnes arrêtées pour trafic d’écailles de pangolin


Alwihda Info | Par - 10 Décembre 2018 modifié le 10 Décembre 2018 - 14:02

Ils ont été arrêtés par des responsables de la faune de la délégation régionale de la Forêt et de la Faune du département du Haut-Nyong (région de l’Est) lors d’une tentative des suspects de vendre 45 kg d’écailles pangolin.


Les écailles de pangolin sont considérées comme ayant des vertus médicinales et sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise.
Les écailles de pangolin sont considérées comme ayant des vertus médicinales et sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise.
L’opération a été menée en collaboration avec la police, le bureau du procureur de la République et avec l’assistance technique de l’organisation The Last Great Ape Orgnisation (LAGA). La police et les responsables de la faune ont retrouvé cinq personnes, soupesant et négociant la vente d’écailles de pangolin lorsqu'elles ont été rapidement encerclées et arrêtées. Les écailles contenues dans des sacs de riz et des sacs à dos ont été également saisies. L'un des trafiquants a tenté de s'enfuir lorsqu'il a vu les policiers, mais a été rapidement arrêté. Ils ont été emmenés au bureau de la faune d'Abong-Mbang malgré leur résistance. Quand ils sont arrivés dans les bureaux de la délégation de la faune, les nouvelles de leur arrestation sont parvenues à des membres de leurs familles qui sont venus mettre la pression aux responsables de la faune pour les obliger à accepter leur libération.
Par la suite, un des trafiquants a bénéficié d’une complicité pour s'échapper sous prétexte d'aller aux toilettes. La personne qui a fourni l'assistance à l'évadé a été immédiatement arrêtée et tous les suspects se sont rendus au poste de police, où l’on a retrouvé le calme. Le lendemain, les membres des familles sont retournés au poste de police pour forcer ou pour corrompre afin de libérer les suspects, mais leurs tentatives ont échoué. Des recherches sont en cours pour arrêter l'évadé et tous les cinq sont en détention préventive. L’un des membres de l’équipe chargée de l’opération, qui a requis l’anonymat, a déclaré que les suspects étaient des trafiquants d’écailles de pangolin ayant des liens avec d’autres trafiquants à Yaoundé, où ils transportent les écailles en réserve, ou demandent à leurs clients de venir les chercher à Abong-Mbang. L'un des suspects qui a été arrêté avec son mari est également vendeuse de viande de brousse. Cela lui permet d’avoir des relations privilégiées avec les braconniers et les petits trafiquants de la région, selon des rapports d’enquêtes précédentes.
Commerce illégal
Abong-Mbang est une plaque tournante importante pour le trafic de produits issus de la faune en provenance des différents secteurs de la région de l’Est. La ville sert également de centre de collecte pour les trafiquants d'écailles de pangolin se rendant à Yaoundé et à Douala. Au fil des ans, plusieurs trafiquants ont été arrêtés dans cette ville coloniale qui permet un accès facile et direct à Yaoundé, et où se retrouvent la majorité des écailles collectées. Le commerce illégal d'espèces sauvages est puni par la faune de 1994 régissant le secteur et, si les suspects sont reconnus coupables, ils risquent jusqu'à 3 ans de prison et le paiement d'une amende pouvant atteindre 10 millions de francs CFA. La sanction vise à dissuader le trafic de produits dérivés d'espèces sauvages, comme les écailles de pangolin, qui suscitent un vif intérêt chez les trafiquants d'Asie, notamment de la Chine et du Vietnam.
Les écailles de pangolin sont considérées comme ayant des vertus médicinales et sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise, malgré qu’il n’y ait aucune preuve scientifique attestant de telles propriétés. Les écailles sont faites de kératine, tout comme les ongles humains. Certains rapports disent que les écailles sont également utilisées pour les accessoires de mode. À l'instar du commerce des défenses d'éléphants dans les années 80 et 90, le commerce illégal d'écailles de pangolin se développe à la vitesse de l'éclair et les mesures de conservation semblent avoir du mal à le maîtriser.