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AFRIQUE

Cameroun/Alex Mimbang : « Nous allons faire avancer la commune de Nguélémendouka »


Alwihda Info | Par - 3 Août 2020

Ancien présentateur à la Crtv (télévision nationale), ancien directeur en charge de la Communication au ministère de l’Economie, après un passage par la banque et la société Sopecam, Alex Mimbang se définit lui-même comme un « adepte de la mobilité professionnelle ». Dans une interview accordée au Magazine « MEUKEU’L MA’A NKA », le nouveau maire de la commune de Nguélémendouka, dans la région de l’Est, détermine les priorités et trace les grandes lignes de son action.


Cameroun/Alex Mimbang : « Nous allons faire avancer la commune de Nguélémendouka »
Le fait d’être maire aujourd’hui change quoi à votre vie ?
C’est un challenge nouveau, tel que mon parcours en est jalonné. Ceux qui me suivent le savent : je suis un adepte de la mobilité professionnelle. Être maire, c’est aussi une grande responsabilité que d’avoir à s’occuper des questions liées à la vie et au développement de sa communauté. C’est surtout un engagement personnel lourd de poids et de sens. Car il faut tout mettre en œuvre pour mériter la confiance des populations qui nous ont choisi à travers les conseillers municipaux. Je perçois enfin le fait d’être maire comme un retour d’ascenseur que nous faisons aux nôtres, en nous dévouant à leur cause comme ils se sont préalablement dévoués à la nôtre en faisant de nous des hommes et en forgeant notre devenir.

Qu’est-ce qui vous a poussé à cet engagement ?
La volonté de servir, d’abord. Servir les miens, en apportant à ce niveau de responsabilité, le peu de connaissance et d’expérience acquises ailleurs, dans les différentes fonctions que nous avons occupées. Ensuite, il y a cette nécessité pour chacun de nous de se positionner, non plus seulement en spectateur ou observateur critique des mutations socio-politiques de notre société, mais plutôt comme acteurs majeurs des évolutions de celle-ci. L’option prise par le président de la République, S.E Paul BIYA, d’accélérer le processus de la décentralisation appelle que chacun de nous s’y implique résolument et y apporte son expertise et ses savoirs. C’est en tout cas le sens de mon engagement.

Que ressentez-vous et que retenez-vous de vos premiers mois à la tête de la commune ?
Au-delà des activités et autres chantiers qui nous mobilisent, j’échange beaucoup avec les populations, toutes classes confondues. Je ressens leur désir de changement des méthodes de gestion de notre commune et donc, leur volonté de rupture avec le passé. Nous sommes en phase dans ce registre. Je recueille de nombreuses attentes qui vont dans le sens de l’amélioration des conditions et du cadre de vie des populations, de l’offre en infrastructures de base et de la densification des activités génératrices de revenus. Ces attentes sont légitimes. Et, nous allons nous atteler à les combler par des actions axées entre autres, sur la rigueur et la transparence dans la gouvernance locale ; l’exécution pointilleuse des projets de développement ; le désenclavement de nos villages ; un meilleur accompagnement du secteur agricole qui doit devenir «l’atout-maitre» de notre commune ; l’optimisation du plateau sanitaire pour une proximité de l’offre des soins ; un meilleur encadrement éducatif des enfants pour garantir l’éclosion d’un capital humain qualitatif et quantitatif ; la synergie entre les acteurs du développement de la commune ; et l’exploitation des niches de partenariats qui s’avèrent bénéfiques.

Dans quel état trouvez-vous la mairie ?
Comme bien d’autres ; il y a un déficit criard de ressources financières, matérielles et humaines ; un patrimoine communal peu maîtrisé ; des projets de développement insuffisamment exécutés ; l’absence d’une vision de développement claire et partagée ; etc. Il y a bien des chantiers auxquels il faut s’attaquer. Par exemple, celui du retour à l’orthodoxie administrative ; la réorganisation du travail des équipes ; l’optimisation de la collecte et de la gestion de nos ressources propres... Des chantiers à la fois nombreux et importants.

En termes justement d’importance, quels sont pour vous les problèmes les plus pressants ?
Il y a ceux que je viens d’évoquer. Mais, il y a surtout ceux liés à l’exécution des projets, comme celui de l’électrification de la ville de Nguélémendouka par énergie solaire. Cet important projet s’est enlisé dans les méandres des procédures administratives et autres insuffisances des acteurs, et notamment des prestataires... Nous sommes en train d’adresser cela. Parallèlement, l’urgence est d’avoir notre Plan Communal de Développement (PCD) actualisé. C’est la boussole appropriée pour une action efficace et efficiente et un outil indispensable dans nos relations avec les partenaires techniques et financiers de tous ordre. Il est enfin urgent de finaliser nos projets pour 2021.

Selon vous, quels leviers faut-il actionner pour faire avancer la qualité de vie de vos populations ?
En matière de développement vous le savez, la route, l’énergie et l’eau sont les leviers de base. Nous avons un réseau routier communal totalement détérioré qui rend difficile, voire impossible par endroit, l’accès à nos bassins de productions. Cela compromet l’évacuation des produits et les efforts des populations. Ce réseau routier doit impérativement être réhabilité en presque totalité. L’énergie est une denrée rarissime dans notre arrondissement. Cette absence freine l’éclosion de certaines activités économiques et dissuade les investisseurs. D’où la priorité que nous mettons à la poursuite et l’achèvement du projet d’électrification de la ville de Nguélémendouka par voie solaire. D’où la nécessité aussi de construire de nouveaux champs solaire et de distribution de l’énergie dans les villages à forte densité de populations comme nous en voyons proliférer ailleurs.
A côté de ces questions, il y a celle de l’accès à l’eau potable. Elle est tout aussi prioritaire et capitale. Nous venons d’achever la maturation de quatre projets d’AEP (alimentation en eau potable) intercommunautaires pour lesquels nous avons lancé la recherche des financements nécessaires à leur exécution.

Quelles sont les grandes lignes que vous donnez à votre action durant cette mandature ?
En plus des questions de gouvernance, la ligne force est celle de la bonne exécution des projets. Il n’y a pas de raisons que nous bénéficions chaque année, dans le seul cadre du BIP, de nombreux projets qui soient, à la fin, non ou mal exécutés. Cela implique que l’accent soit mis sur la qualité des prestataires, la qualité et la conformité des prestations, et le respect des délais.
Par ailleurs, il est question de diversifier nos partenaires financiers en nous tournant vers de nouveaux guichets afin de mobiliser d’autres ressources pour nos projets et donc, de limiter la dépendance du seul budget d’investissements publics dont le niveau de sollicitation ne permet pas toujours de satisfaire toutes les attentes. Il y a enfin l’esprit d’équipe que nous voulons impulser au sein de la commune. Il va nous permettre, avec nos adjoints et l’ensemble du personnel, de relever les défis qui nous interpellent sur le terrain du développement et de l’émergence de notre arrondissement. Interview réalisée par Crépin Mekok