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AFRIQUE

Cameroun/Approvisionnement en eau de Yaoundé : Menace sur le Projet Sanaga


Alwihda Info | Par - 12 Août 2020

Alors que le chantier devant aboutir à la fourniture d’eau potable à Yaoundé et ses environs devrait être livré cette année, Eximbank China, principal bailleur de fond du Projet, menace de suspendre ses financements en raison du non-respect par la partie camerounaise, des clauses contractuelles relatives aux paiements des indemnisations.


Cet ambitieux projet doit produire 300 000 m3 au profit de la capitale camerounaise et de ses environs.
Cet ambitieux projet doit produire 300 000 m3 au profit de la capitale camerounaise et de ses environs.
Le satisfecit exprimé par le Premier ministre camerounais il y a un an sur l’évolution des travaux aura été de courte durée. Accompagné d’une forte délégation ministérielle, pour une visite des chantiers de ce grand projet qui à terme, doit produire 300 000 m3 au profit de Yaoundé et de ses environs au plus tard en fin d’année 2020, il avait visité le 7 août 2019, les différents sites du chantier du Projet d’Approvisionnement en Eau Potable de la ville de Yaoundé et Ses environs (PAEPYS), communément appelé Projet Sanaga. A ce jour, sur les différents sites du chantier, rien ne semble indiquer que les délais de livraison seront respectés.
Pourtant, au terme de cette visite de terrain, le Premier ministre avait instruit le directeur du Projet, Dieudonné Omballa et ses équipes, de mettre les bouchées doubles afin que le rêve devienne réalité en fin 2020. Joseph Dion Ngute avait même promis qu’il reviendrait pour suivre l’évolution des travaux, afin de s’assurer que les délais de livraison vont être respectés. « Le président de la République a décidé que cette situation ne doit plus perdurer. C’est pourquoi il a mobilisé les moyens nécessaires pour la mise en œuvre de ce projet qui coûte plus de 500 milliards de FCFA », avait-il alors rappelé. Il s’agit d’un cofinancement par la Chine (85%), à travers Eximbank China et le Cameroun (15%). Sur le terrain, à la station de reprise de pompage d’eau traitée, prévue pour une capacité de refoulement de 295 000 m3/jour, sise à Nkometou III, les choses sont au ralenti. Il en est de même de la station de captage et de pompage d’eau brute d’une capacité de 315 000 m3/jour sur la rive gauche du fleuve Sanaga à Nachtigal, et de l’usine de traitement d’eau à Emana-Batchenga, à côté de la base vie.
Plusieurs blocages
Le Projet devait donc normalement être livré en décembre 2019. Comme dans la plupart des projets initiés au Cameroun, la partie camerounaise devait payer les indemnisations afin de libérer les emprises pour la pose des conduites d’eau. Mais à ce jour, ces indemnisations ne sont pas totalement payées. Bien plus, selon une source bien introduite, le bon d’engagement de 10 milliards datant de 2017 pour ces paiements aurait été annulé par le ministre des Finances, ceci malgré les hautes instructions du président de la République, à travers le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence, de procéder au règlement en toute urgence. Pendant ce temps, Eximbank China qui doit financer 85 % des 500 milliards du projet menace de suspendre le financement.
C’est le lieu de dire que dans la majorité des projets en cours au Cameroun, des blocages persistent sur la quote-part du pays devant servir pour les indemnisations des populations riveraines. Dans le Projet Sanaga, les principaux acteurs sont tout naturellement le ministère des Finances, le ministère de l’Eau et de l’Energie et les Services du Premier ministre. Ces blocages sont généralement à l’origine de l’arrêt des chantiers, une situation qui est de nature à mettre en mal le respect des délais de livraison, et de plomber la bonne coopération qu’entretient le Cameroun avec ses partenaires étrangers.
L’on se croirait même dans une logique de sabotage d’un projet d’envergure qui tient pourtant à cœur le président de la République. Il est regrettable de constater que des projets sont perturbés à cause des intérêts égoïstes de certains hauts responsables. Pour ce qui est du Projet Sanaga, la partie camerounaise doit tout faire pour respecter les exigences du contrat avec les Chinois. Dans le cas contraire, il serait difficile pour le pays, compte tenu de la situation économique actuelle, de trouver plus de 300 milliards pour mener à bien l’exécution de l’ambitieux et vital que constitue le PAEPYS.