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AFRIQUE

Cameroun/Covid-19 : Des trafiquants de primates arrêtés en pleine pandémie


Alwihda Info | Par - 7 Mai 2020

Trois personnes ont été mises aux arrêts au cours de deux opérations distinctes à Yaoundé et à Lolodorf pour trafic de mandrills.


Cameroun/Covid-19 : Des trafiquants de primates arrêtés en pleine pandémie
Les opérations ont été menées par des agents de la faune dans les deux villes. La première opération a eu lieu à Nkoabang, une banlieue de Yaoundé, tandis que la seconde s’est déroulée à Lolodorf où des mandrills vivants ont été saisis. Au cours de la première opération, le trafiquant présumé a été arrêté par des agents de la faune de la délégation régionale des Forêts et de la Faune du Centre, en collaboration avec la brigade de gendarmerie de Nkoabang, alors qu'il tentait de vendre l’espèce protégée.
Selon des sources proches du dossier, un vétérinaire avait précédemment déclaré au suspect que l'animal grandissait rapidement et qu'il ne serait pas en mesure de s'en occuper. Le suspect a tenté de vendre illégalement le mandrill après que le vétérinaire lui a conseillé de se séparer de l'animal. Après une opposition farouche des membres de la famille du suspect, quant à l’appartenance de l'espèce, il a finalement admis en être le propriétaire et avoir voulu le vendre.
Quelques jours plus tard, deux autres trafiquants ont été arrêtés à Lolodorf (Sud Cameroun) avec un autre mandrill. L'opération coup de poing était dirigée par le poste de contrôle forestier et des chasses et la brigade de gendarmerie de Lolodorf. Les deux présumés trafiquants ont été arrêtés peu de temps après leur arrivée à moto avec le jeune mandrill à Lolodorf venant de Bipindi. Le mandrill a été blessé lors d'un accident de moto que les trafiquants ont eu en cours de route, a-t-on appris après leur arrestation. Une corde était attachée autour de sa taille et l’état de l'animal indiquait qu'il avait peut-être été maltraité pendant sa captivité. Les deux suspects étaient habiles et très prudents pour ne pas se faire prendre car ils se déplaçaient la nuit pour passer inaperçus, a déclaré une source proche du dossier. Les mêmes sources disent que parce qu'ils ont pris la précaution de se déplacer de nuit avec le mandrill, ils savaient que l'activité était illégale. Les deux opérations ont bénéficié de l'assistance technique de LAGA, une organisation non gouvernementale.
Le mandrill est une espèce totalement protégée selon la loi de 1994 sur la faune qui interdit le braconnage et le trafic de l'animal. Toute personne trouvée en possession de parties d'une espèce sauvage protégée, est considérée comme ayant tué l'animal et est passible d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 3 ans et / ou d'une amende pouvant aller jusqu'à 10 millions de francs CFA.
Le ministère des Forêts et de la Faune a intensifié la lutte contre le trafic illégal d'espèces protégées au cours de cette période de pandémie COVID-19, ceci à juste titre, si l'on considère les études récentes du Groupe de spécialistes de la santé de la faune de l'UICN qui montrent que le nouveau coronavirus est un danger pour les primates et les humains. Josef Settele, biologiste au Helmholtz Center for Environmental Research (UFZ), affirme que «le commerce non réglementé d'animaux sauvages a probablement été le catalyseur de la pandémie de COVID-19, qui a commencé sur un marché d'animaux vivants. Les scientifiques ne savent toujours pas exactement quelle espèce a transmis le virus aux humains, mais il est certain que la façon dont nous traitons les animaux joue un rôle dans le début et la propagation des maladies contagieuses. »