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AFRIQUE

Cameroun/Douala : Un trafiquant d’écailles de pangolin arrêté


Alwihda Info | Par - 26 Juin 2019 modifié le 26 Juin 2019 - 09:25

L’homme a été appréhendé au cours d’une opération coup de poing menée par des agents de la faune et de la police.


Les pangolins sont totalement protégés par la loi camerounaise.
Les pangolins sont totalement protégés par la loi camerounaise.
Le trafiquant faunique qui a tenté de vendre près de 100 kg d'écailles de pangolin a été arrêté peu après son arrivée dans le quartier Village de Douala. Il était en possession des sacs d'écailles de pangolin. Sur une motocyclette, il a suivi de près une voiture transportant les écailles de pangolin. L'opération, assistée techniquement par l’Ong LAGA, a été réalisée par la délégation départementale de la Forêt et de la Faune du département du Wouri, en collaboration avec la police.
Cet homme fait partie d'un réseau international de trafiquants d'écailles de pangolin que les agents de la faune pensaient avoir démantelé en août de l'année dernière. Il avait d’ailleurs fait l'objet d'une enquête pendant plus de deux mois et était lié au réseau à Douala où il a joué un rôle crucial pour faciliter le commerce illégal d'espèces sauvages en provenance de la République centrafricaine. Il aurait reçu des écailles de pangolin envoyées par des camions parcourant le corridor Douala-Bangui, puis aurait procédé à la vente des écailles dans la ville. Des enquêtes antérieures montrent qu'il avait des liens étroits avec le réseau international de trafiquants d'écailles de pangolin, arrêtés le 18 août 2018 en possession illégale de 700 kg d'écailles de pangolin. Le procès qui a suivi a été décrit par plusieurs experts des forces de l’ordre chargées de l’application des lois sur les espèces sauvages comme une déception. Car les trafiquants ont été relâchés peu de temps après leur arrestation et ne retourneront jamais au tribunal. En dépit de leur outrage au tribunal, ils ont été condamnés à de très faibles peines.
Réseaux internationaux
Selon des sources proches du dossier qui ont requis l'anonymat, l'un des trafiquants libérés était également lié aux tentatives actuelles de vente d’écailles à Douala. Le réseau qui opère principalement dans des pays d'Afrique centrale, notamment le Cameroun et la République centrafricaine, transporte les écailles de pangolin dans tous ces pays jusqu'au Nigéria. Une partie des écailles de pangolin saisies était initialement stockée à Kenzou, dans la région de l'Est, près de la frontière centrafricaine. Le modus operandi de ces réseaux internationaux de trafiquants est simple : il consiste à acheter les écailles à des trafiquants plus petits au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo (RDC) et à les exporter au Nigéria via le Cameroun. Les pangolins sont totalement protégés par la loi et toute personne trouvée en possession illégale de ses parties est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans s’il est déclaré coupable.
Le Cameroun a reclassé les trois espèces de pangolins dans la catégorie des espèces fauniques totalement protégées, conformément à la Conférence des Parties 2016 de la CITES qui répertoriait toutes les espèces de pangolins à l'annexe I. La sous-région est considérée comme un point chaud pour l'approvisionnement en écailles de pangolin principalement destinées à des pays asiatiques. Au fil des ans, plusieurs tonnes d'écailles de pangolin en provenance d’Afrique centrale ont été saisies dans des villes asiatiques. Il convient de noter qu'en janvier 2017, deux ressortissants chinois ont été arrêtés à Douala avec plus de cinq tonnes d'écailles de pangolin prêtes à être exportées illégalement.