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AFRIQUE

Cameroun/Musique : Léa Jiin Messomo prépare ses « Querelles »


Alwihda Info | Par - 6 Juillet 2020

L’artiste musicienne travaille en ce moment sur son troisième album intitulé « Querelles », dans lequel elle fait le procès de la paternité irresponsable, tout en dénonçant au passage le drame des familles monoparentales.


Malgré la menace de la pandémie du coronavirus à l’échelle nationale et internationale qui confine en ce moment précis les activités culturelles et pour une période indéterminée et durant que durera la crise sanitaire, il y a des artistes, musiciens qui, profitent des technologies nouvelles pour entretenir leurs fans à travers des concerts qu’ils organisent sur les réseaux sociaux. D’autres par contre, profitent de cette période d’hibernation pour préparer des albums dans le but de remettre du show dans le cœur des mélomanes dès la reprise des activités culturelles dans un futur qu’ils espèrent être proche. C’est le cas par exemple de l’artiste musicienne camerounaise Léa Jiin Messomo, qui profite de ces « silences culturels » pour préparer l’album « Querelles », son troisième chef d’œuvre après « Bang Bang » en 2009 et « Itilga » en 2014.
Un album procès
Le nouvel album de Léa Jiin Messomo, qui est en ce moment en gestation, est un cocktail envoûtant de sonorités musicales qui naviguent langoureusement entre les rives de la « world music » et les côtes ensoleillées des rythmes bantoues. Son titre « Querelles » laisse entrevoir un album procès sur la paternité irresponsable. L’artiste y dénonce également avec subtilité, le drame des familles monoparentales. Outre ce côté empreint de dénonciation d’une tare de la société, l’on note tout de même que le troisième chef d’œuvre de cet artiste originaire du département de la Lekié (région du Centre) est un album de la maturité et de la consécration.
Née d’un père choriste qui lui apprend tôt les ficelles de l’harmonie, Sabine Léa Messomo Onana (de son vrai nom), est une artiste musicienne engagée. Sa musique ancrée dans les racines métissées de ses origines ethniques eton et manguissa, est parsemée de séquences autobiographiques qui relatent les tristes souvenirs nomades de l’artiste pour que subsiste le beau et que triomphe l’audace. À noter que le talent de Léa Jiin est aujourd’hui une recréation dynastique dont elle assume fièrement l’héritage. À cela, il faut souhaiter un excellent parcours à l’artiste tant sur la scène nationale qu’à l’international, à l’instar de ses ainées et sœurs du même département que sont Sally Nyolo, Queen Eteme et Sanzy Viany, pour ne citer que celles-là.
Tenues vestimentaires originales
L’artiste musicienne Léa Jiin Messomo entend compter parmi les « Amazones » de la culture camerounaise en général et de la musique en particulier. À dire que la fille de la Lekié a pour leitmotiv, le mot dignité (Jii’in en langue eton), d’où son nom d’artiste Léa Jiin Messomo. « Je pense que la dignité est essentielle, même si elle se confond parfois à de l’orgueil pour ceux qui ont du mal à me comprendre », déclare l’artiste.
Sur scène, elle arbore des tenues originales assorties de colliers, bracelets et autres accessoires du terroir qui font d’elle une véritable gardienne de la tradition. « Mon look est un message à toutes les femmes qui peuvent encore comprendre qu’il n’y a pas plus belles que nous », soutient-elle. Outre son originalité vestimentaire sur scène, l’on peut noter que la musique de Léa Jiin Messomo a la particularité de ressourcer les mélomanes et de ressasser leurs origines, à en croire le critique littéraire Joseph Owona Ntsama et qui pense « qu’elle nous sort de la nostalgie », dans une société incessamment mordue par le goût du succès et du clinquant.