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AFRIQUE

Cameroun /Produits forestiers non ligneux : la valorisation en bonne voie


Alwihda Info | Par - 28 Octobre 2019 modifié le 28 Octobre 2019 - 09:55

Avec l’appui de la coopération allemande (GIZ), le ministère des Forêts et de la Faune procède à la mise en valeur d’un secteur pourvoyeur d’emplois et de revenus. Dans la région de l’Est, une forte activité s’est faite autour de ces produits qui apparaissent comme l’avenir de nos forêts.


L’avenir de nos forêts...
L’avenir de nos forêts...
Du 29 au 30 octobre 2019 à Yaoundé, les graines, fruits, écorces, sèves, exsudats, feuilles et racines des forêts et savanes, couramment utilisés comme aliments, produits cosmétiques et médicamenteux, seront aux centre des échanges entre experts, au cours d’un atelier. En prélude à ces assises, des journalistes se sont rendus sur le terrain pour voir d’où partiront les différents acteurs et où veulent-ils arriver sous la conduite du ministère des Forêts et de la Faune (MIINFOF) et de son partenaire allemand. Ce sera au cours d’un atelier sur la valorisation des Produits forestiers non ligneux (PFNL).
Avant cela, c’est Bokendja, un village perdu quelque part sur la route qui relie la ville de Bertoua à Mbang, patelin qui émerge péniblement de la forêt dans le département de la Kadey, qui va offrir la première image relative au sujet. Sur un cours d’eau, Jeannette Petok la trentaine, remue vigoureusement les noix de njanssang (ricinodendron heudelotii) au fond d’une bassine remplie d’un liquide noirâtre. La jeune femme explique aux journalistes que ce qu’elle fait n’est qu’une étape dans le long processus d’extraction de la minuscule amande de njanssang. Elle a dû d’abord s’enfoncer profondément dans une forêt épaisse pour ramasser les fruits dont elle a ensuite laissé pourrir la partie externe. Débarrasser la noix de la pourriture dans une rivière précède la cuisson de celle-ci sur un feu intense pendant de longues heures pour la fragiliser. Un léger coup sec sur ladite noix permettra ensuite à Jeannette Petok d’apercevoir l’amande qui y est contenue.
Bond technologique
A l’aide d’un outil de circonstance, la jeune femme va pouvoir extirper cette dernière de sa coque. Séchées durant deux semaines sur une claie suspendue au-dessus du foyer où elle cuisine, les amandes de njanssang seront vendues à une commerçante de passage dans le village. Jeannette Petok va palper enfin le fruit de son dur labeur. C’est à ce prix sans doute que trois de ses quatre enfants en âge scolaire qui l’ont accompagnée ce lundi matin dans cette rivière vont alors retrouver le chemin de l’école. Quelques jours plus tard à près de 1000 km de Mbang, à Gashiga, dans la région du nord, à l’intérieur d’une concession toute entière en terre battue, maisons et clôture confondues, un groupe de femmes va nous expliquer le difficile processus de fabrication du beurre de karité (vitellaria paradoxa). On peut ainsi dire que la volonté, la force, l’énergie et la patience sont requises dans la transformation des PFNL. On se demande donc logiquement ce qui justifie tous ces sacrifices. « La demande est sans cesse croissante » assure une source.
De nouvelles déclinaisons de ces produits sont apparues sur le marché et rencontrent un succès incommensurable auprès d’une clientèle aisée avide de produits bio. « Le litre d’huile de njansang utilisée aussi bien dans la cuisine que dans les massages thérapeutiques s’arrache autour de 15.000fcfa », assure Pierre Moukoudi, consultant GIZ que nous croisons à Minta. Il y est venu former les femmes aux meilleures techniques de collecte, de transformation, de conservation et de commercialisation des PFNL. Une formation complète en entreprenariat semblable est aussi dispensée à un groupe de femmes à la chefferie d’Ouro Bobbo, non loin de Gashiga par Ibrahima Fatoumata. C’est à Garoua que la GIZ va démontrer le bond technologique qu’elle veut faire faire aux associations de femmes auxquelles elle apporte déjà des appuis aux plans structurel, administratif. Le partenaire allemand y déploie une unité complète de production de beurre de karité constituée d’une concasseuse, d’un nettoyeur à grains, d’un tambour chauffant, d’une presse à huile, d’une étiqueteuse et d’un groupe électrogène.
En une heure environ, ces machines vont transformer les fruits de karité en beurre, devant des femmes conquises. Que ce soit à Mbang, Minta ou Gashiga, partout où la GIZ et le MINFOF aident les femmes à développer les chaines de valeur, les pépinières de plants à replanter sont aussi mises à la disposition des bénéficiaires tandis que les sociétés forestières sont encouragées à leur faciliter l’accès aux PFNL, qui s’affirment désormais comme l’avenir de nos forêts.
(Avec Eugène Philippe Bela, ministère des Forêts et de la Faune)