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POINT DE VUE

Centrafrique : Le coût de l'opération Sangaris imputé sur la dette extérieure du pays ?


Alwihda Info | Par - 17 Juillet 2014 modifié le 17 Juillet 2014 - 16:01


Le Collectif des mouvements citoyens  centrafricain de la diaspora du Sénégal  a suivi avec beaucoup d’intérêt la conclusion de la réunion de concertation des leaders de la plate-forme des Confessions religieuses avec la classe politique centrafricaine qui s’est tenue à Bangui du lundi 7 au mercredi 9 juillet 2014.
 
Nous saluons cette prise de position bien que tardive mais historique à sa juste valeur ; Néanmoins, nous resterons lucides et critique dans cette prise de décision, car  plusieurs faits dans  le passé nous interpellent dans la gestion  des crises que la RCA notre cher et beaucoup pays traverse.
 
Pourquoi cette entente  n’avait pas dit non   au sommet de Libreville I, II  et Ndjamena I et II ? 
Pourquoi cette entente n’a pas anticipé dans la prévention de cette crise qu’on voyait les prémices ?
Pourquoi tous les potentiels candidats aux élections sont tout le temps en France ?  
Pourquoi cette entente  ne dénonçait pas les manipulations et l’instrumentalisation de  la communauté internationale dans cette crise?
Souvenons-nous des dessous de la démission de M. Michel Djotodia à Ndjamena et l’élection de Mme Catherine Samba Panza.
 
Le refus ou du moins la tergiversation de la classe politique et de la plate-forme des confessions religieuses d’aller à Brazzaville est une décision qui mérite qu’on s’y attarde. Dans un contexte où la situation sécuritaire est précaire ; où le spectre d’un chaos généralisé plane sur la nation. Où le calvaire des populations a atteint  des degrés jusque-là insoupçonnés. Il est aberrant qu’on s’attarde sur des considérations de lieu pour retarder la prise des mesures importantes pour une sortie irréversible de la crise. Certes ils n’ont pas été associés à l’organisation de cette réunion. Cependant il ne demeure plus un secret pour personne que nos leaders ont fourni à suffisance leurs incapacités à s’entendre et à mettre en œuvre les différentes feuilles de route qu’ils se sont dotés. Comment voulez-vous qu’on vous respecte si vous n’êtes pas capables de respecter vos engagements. Le respect se mérite et le moment est très mal choisi pour afficher des égos. Les intérêts personnels et les projets cachés des uns et des autres doivent être laissé de côté pour permettre au pays d’enclencher le processus de sortie avec sérénité. Le peuple centrafricain vous observe et saura le cas échéant vous  juger selon les actes que vous posez aujourd’hui. L’encre bleue ne mentira pas cette fois-ci.
 
Loin d’être paranoïaque, ce réveil tardif cache bien de chose et n’a  pas d’intérêt national contrairement à ce qu’on veut nous faire croire. Dans un contexte où la situation sécuritaire est précaire ; où le spectre d’un chaos généralisé plane sur la nation, où le calvaire centrafricain va de mal en pis. Il est contraire au bon sens qu’on s’attarde sur des considérations de lieu pour retarder la prise des mesures importantes pour une sortie  de  crise.
 
Le refus de se rentre  au forum de Brazzaville peut être  motivé pour les uns par le manque de soutien  dans la sous-région, et  pour d’autre une  opportunité pour  se relancer. 
 
Ainsi, nous saisissons cet instant pour traiter quelques questions de fond :
 
1. De l’organisation des élections générales en RCA
 
La sécurisation du territoire national est un préalable indispensable à la tenue des élections crédible. Dès lors, il est important d’enclencher le recensement administratif à vocation d’état civil (RAVEC). Ce recensement doit tenir compte de nos compatriotes déplacés. Les préparatifs doivent débuter dans de bref délai par la réhabilitation de l’appareil juridique de notre pays, la réhabilitation des différents tribunaux et renforcé la formation de nos magistrats tant en activités qu’en retraite pour tenir compte de la complexité d’une telle opération. 
 
Naturellement, il va s’en dire que de la réalisation du RAVEC à la confection du fichier électoral en passant par la confection d’un fichier électorale fiable, les élections ne sauraient avoir lieu en février 2015. Techniquement, cela relèverait plutôt de la démagogie. Il serait plus prudent de prolonger la période de transition de 9 à 12 mois. 
 
2. De la Sécurisation de la population.
 
Il est indéniable que des efforts ont été consentis dans le sens de la sécurisation du territoire national. Cependant ils sont insuffisants au regard de la situation actuelle. Aussi, un bilan des forces étrangères présent sur le territoire doit être fait. Notre armée n’étant pas opérationnelle, une nouvelle stratégie devrait être définie. Cette stratégie devra permettre une plus grande implication des autorités de la transition dans la définition des plans opérationnelles des troupes sur le terrain, mais aussi dans la définition des grandes orientations militaires. Concrètement il s’agira de définir un périmètre où le commandement de forces étrangères passera systématiquement sous le contrôle des autorités de la transition. L’effectif des forces armées étrangères, en Centrafrique doit être géré plus équitablement. Rappelons que les articles ci-dessous de la Charte Constitutionnelle confèrent le pouvoir nécessaire à la présidente de la transition de garantir la Sécurité de la population mais aussi contrôler toutes les forces militaire sur le territoire Centrafricain :
 
Article  26 : « Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, de la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national et du respect des engagements internationaux. » 
Article 27: « Le Chef de l’État de la Transition est le Chef Suprême des Armées. 
Il préside les Conseils et Comités Supérieurs de la Défense Nationale ». 
Il assure le maintien de l'ordre et la sécurité publique.
 
Ceci étant, la solution durable à cette crise devra émaner des personnes à l’origine de cette crise. La démarche adopté jusque-là et qui consiste à  prendre les groupes ou les acteurs clés séparément est un leurre. Ils doivent faire face à leur responsabilité. Un accord solidaire qui engagerait tant les « anti-balakas » que les « Selekas » doit être conclu. Cet accord dont les deux parties seront solidairement responsables doit permettre d’abord de garantir un cessez le feu immédiat ensuite un engagement les deux parties à démanteler leurs organisations assorti d’une feuille de route et enfin une liste des différents membres de ses organisations devra être communiqué au gouvernement pour permettre la mise œuvre du programme de DDR. Il va s’en dire qu’une contrepartie devra être déterminé dans la limite de la décence.
 
Le réarmement des Forces Armées Centrafricaines, est une nécessité impérieuse. La formation et la restructuration doivent être  des préalables indispensables et obligatoires. Elle doit se faire par les compétences dont on dispose. L’appui technique ne devrait en aucun nous dédouaner des efforts que nous devons consentir pour construire une armée républicaine au service du peuple. Le problème de notre armée est structurel. Des solutions de colmatage s’avèrent dangereux dans le cas d’espèces.  
 
3. De l’ingérence et manipulation internationale. 
 
Ce n’est plus un secret de polichinelle que cette crise a été montée de toute pièces et que les instigateurs sont bien connu de tous, nous savons que les multinationales Française, Américaine et autres sont derrières cette crise en tirant les mèches pour empêcher l’exploitation du Pétrole Centrafricain par le China National Petroleum Corporation (CNPC). 
 
Pourquoi les parti politique ferment les yeux sur ces manipulations et préfèrent brondir  la guerre confessionnelle qui n’existe que de nom. L’exemple du carnage de Fatima et Bambari sont les réponses palpables, ou la « Sangaris » (France) était à moins de 25 minutes du lieu des drames à préférer prendre des heures pour intervenir laissant ainsi nos frères et sœurs centrafricains  s’entretuer dont le dessein est de créer plus de tension et faire perdurer la crise.                     Pourquoi l’ONU, Amnesty International commence à mettre en exergue seulement les violations des droits de l’homme d’après les carnages du 05 Décembre 2013 et ainsi laissé les auteurs connu de tous se promener en toute liberté, au pire des cas se réorganiser militairement sous les auspices de la France ? 
 
Pourquoi la « Misca »  et la « Sangaris » n’appliquent pas les résolutions 2121 et 2127 du Conseil de sécurité des Nations unies ?
 
En Conclusion, nous condamnons fermement ces manipulations de la communauté Internationale et le silence approbateur (Coupable de la communauté internationale) de certains leaders d’opinion et politique centrafricains qui voient une lueur de pouvoir derrière leurs actes de traitrise. Par ailleurs nous remercions les vaillants patriotes des certains partis politiques, société civile et mouvement centrafricain tant national que de la diaspora (Toute confession religieuse)  pour leurs vigilances et dénonciations de cette manipulation.  

 
Nous demandons à la présidente de la transition, l’opposition démocratique, la société civile de mobiliser leurs forces dans le sens de l’application dans de bref délai des résolutions 2121et 2127 du conseil de sécurité des Nations unies. Fautes de quoi la mobilisation de force ira dans le sens du départ  des troupes étrangères car ils ne sont pas là pour orner les décors centrafricains et profiter de notre hospitalité ou en un mot faire du tourisme.

NB : L'opération militaire en Centrafrique «ne devrait rien coûter à la France», a assuré le président de la République Française, lors de son entretien avec TV5, France 24 et RFI au mois de décembre 2013. Si les frais d’entretien de la « Sangaris » ne sont pas couverts par la France ? Alors par qui est-il couvert ? L’Union Européenne ?  Donc ne devrions-nous pas se poser des questions si ces frais d’entretien des « Sangaris »  ne seront pas imputés à notre dette extérieure que le contribuable centrafricain devrait payer à la longue. 
 
Fait à Dakar, le 17/07/2014
 
Ont signé :
Pour le Collectif : Le coordonateur adjoint  Gerard Nga Boukanga Gonoguele
Pour le MJCR : Le coordinateur, Cédric Pongbalé

Gloria Ronel
Coordinatrice de rédaction. En savoir plus sur cet auteur


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