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ANALYSE

Centrafrique-Tchad : une promiscuité érigée en une déstabilisation constante…Décryptage et analyse


Alwihda Info | Par - 14 Avril 2013 modifié le 15 Avril 2013 - 11:46



 Par  par Rodrigue Joseph Prudence


Plusieurs faits démontrent qu’il y’a de l’électricité dans l’air depuis fort longtemps dans la relation Centrafricano-Tchadienne. L’histoire lointaine de la République Centrafricaine révèle que les deux pays ont connue une relation saine depuis les indépendances jusque vers les années 90. A partir de cette année, les relations entre les deux pays ont commencé à se brouiller peu à peu. Sans nul doute, il y’a bel et bien une cause qui mérite d’être passée au crible de la raison. De nombreux analystes politiques estiment qu’il existe une cause économique et sécuritaire qui brouille incessamment la relation Centrafricano-Tchadienne. De prime à bord la crise militaro-politique au Tchad dans les années 90 avait sonné le glas de cette promiscuité ambiante. En ce temps-ci, le défunt président de la République Centrafricaine en la personne d’Ange Félix PATASSE avait accordé un droit d’asile à l’issue de la crise militaro-politique au défunt opposant tchadien Moise KETTE avec toute sa cohorte. Un acte humanitaire qui s’inscrivait d’ailleurs dans la logique de la relation internationale.

 

Seulement ce droit d’asile était diversement apprécié au niveau de la classe politique centrafricaine et le Président Deby s’y était montré antipathique. Aussi, il faut ajouter à cette approche sécuritaire et humaniste, un aspect économique qui a toujours défrayé la chronique dans les relations qui unissent la Centrafrique au Tchad. En réalité, le Tchad n’a jamais cautionné l’idée sur la germination du pétrole centrafricain pour la simple raison que son exploitation diminuerait la capacité de production de son pays. En plus, compte tenu de la désertification avancée du Tchad, le Président Deby a toujours voulu que la Centrafrique participe activement au projet sur le drainage du fleuve Oubangui vers le Lac-Tchad. L’habileté politique du défunt ancien président Ange Félix PATASSE lui a permis de renvoyer ces questions sensibles aux calendes grecques. C’est ainsi que la promiscuité entre le deux pays commença à pousser davantage des racines. N’ayant aucune information probante sur l’armée centrafricaine qui était jadis un corps louable et prompt à défendre toute l’intégrité du territoire, le voisin géant aux pieds d’argile à préférer prendre son mal en patience et préparer sa revanche dans la durabilité.

La cerise sur le gâteau viendrait des trois mutineries successives qui se sont produites en Centrafrique. Au regard de la gravité des événements, une force multinationale de surveillance des accords de Bangui devait se mettre en place en vue de départager les mutins et les soldats loyalistes. En dépit de la réticence des officiers centrafricains pour que les forces armées de la sous région notamment les Tchadiens n’intègrent pas la mission de surveillance des accords de Bangui (MISAB), le défunt président Ange Félix PATASSE avait donné son approbation pour la constitution de la force multinationale avec à la clé la présence des soldats tchadiens. Une aubaine qui avait permis aux soldats tchadiens de scruter dans les moindres détails le système de défense et de sécurité de l’armée centrafricaine en vue de connaître ses forces et faiblesses. Très rapidement, le voisin géant aux pieds d’argile proposa à son homologue centrafricain la formation militaire d’une manière régulière de ses officiers. Une proposition accueillie avec autant de perspicacité et de sobriété par le défunt président Ange Félix PATASSE qui envoya successivement ses valeureux officiers pour des diverses formations au Tchad.

 

Diantre ! Le Tchad profitera suffisamment de ces différentes formations des officiers centrafricains pour s’offrir par la même occasion une base de données sur leurs capacités physiques et psychiques. A l’évidence, une armée est anéantie au préalable sur le champ de bataille lorsque son adversaire dispose des informations requises sur sa position, ses éléments et ses plans d’attaques. Au demeurant, lorsque le Tchad avait pratiquement collecté toutes les informations nécessaires sur les forces et faiblesses de l’armée centrafricaine, il décida de mettre en application son plan machiavélique sur la déstabilisation du pays en procédant au remplacement numérique de l’ancien président décédé Ange Félix PATASSE par le président déchu François BOZIZE. Dès lors le Président Deby intensifia sa mainmise sur la République Centrafricaine. D’abord, il imposa ses forces spéciales dans la sécurité personnelle de l’ancien locataire du palais de la renaissance. Aussi, le Président Deby implante ses éléments personnels dans l’état major des forces armées centrafricaines en vue d’avoir un regard synoptique sur la cartographie stratégique du pays. Ensuite, il intervient à tout va dans les différentes crises intercommunautaires de la Centrafrique tout en estimant que les Centrafricains d’obédiences musulmanes sont très marginalisés dans la gestion de la chose publique. Au delà de ce constat, le Président Deby commença à jeter les bases hégémoniques pour une islamisation rampante de la Centrafrique. D’ailleurs plusieurs faits permettent dès à présent d’attester la véracité de l’ambition démesurée du voisin géant aux pieds d’argile en République Centrafricaine. En vue de justifier son ingérence intempestive dans les différentes crises centrafricaines, il créa une rébellion imaginaire qui sera chapeautée par un certain Baba LADDE. A vrai dire, tout le monde connait le reste de l’épisode car le Président Deby enverra ses soldats pour un simulacre d’offensives militaires qui sera soldé par un retour au bercail de Baba LADDE. Silence radio !

 

Une situation bizarroïde qui commence à interpeller la conscience nationale au plus haut point. Quasiment tout le monde commence à s’inquiéter sur la manière à laquelle le Tchad instrumentalise la Centrafrique. Tellement que les soldats tchadiens stationnés à Bangui suscitaient une altercation quotidienne au sein de la population, l’ancien locataire du palais de la renaissance avait mis fin à leurs présences au pays. Une décision de retrait qui avait d’ailleurs été très mal interprétée par le voisin aux pieds d’argile. En outre, le Président Deby constate la ténacité implacable de son ancien homologue centrafricain à exploiter le pétrole du pays. De surcroît, il n’arrive pas à obtenir l’accord solennel de la Centrafrique sur le drainage du fleuve Oubangui vers le lac Tchad. Ce fut la goutte qui déborda le vase chez le voisin aux pieds d’argile au point de le stimuler par la suite à mettre un terme au régime défunt. Ce faisant, le Président Deby actionne les rebellions centrafricaines qui étaient dans la léthargie. Des informations concordantes révèlent que Nourredine, Dhaffane, l’actuel homme fort de Bangui et bien d’autres caciques de la rébellion ont séjourné durant un laps de temps à Ndjamena dans l’optique de peaufiner l’attaque de Bangui.

 

Il n’est de secret pour personne que le Tchad a été l’auteur intellectuel et stratégique de la déchéance du régime de BOZIZE. On n’a pas besoin d’avoir des images satellites pour déduire que les multiples déplacements des soldats tchadiens depuis l’axe Sido, Kaga bandoro, Sibut, Bambari durant les événements fâcheux étaient purement et simplement dans l’optique de frayer un boulevard aux rebelles de la coalition Seleka. Nul n’est censé ignorer que la province de Damara a été sacrée ligne rouge par le Président Deby mais grande a été la surprise de tout le monde lorsque les rebelles l’ont traversée sans une moindre résistance de la part des forces multinationales basées à Bangui. Il est grand temps que les Centrafricains songent réellement à se désolidariser de ce voisin aux pieds d’argile qui risque de les mener droit dans un mur.

 

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE




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