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ANALYSE

Centrafrique : Une paix hypothéquée pour un désarmement approximatif !


Alwihda Info | Par Jean-Gualbert TOGBA - 10 Décembre 2013

Désarmer les éléments de la Séléka devant une foule en liesse et les laisser face à leurs victimes d’hier, c’est les livrer à la population qui est prête à en découdre avec eux. D’où, la nécessité du cantonnement systématique.


Crédit photo : Sources
Crédit photo : Sources
Le lundi 9 décembre 2013, jour du coup d’envoi du désarmement, la population centrafricaine s’arme d’impatience pendant que les troupes françaises de l’opération Sangaris désarment les éléments de la Séléka avec patience, avec un irréprochable sang froid professionnel. Mais voila, la population en ébullition qui aspire retrouver très vite la quiétude commence à désenchanter et se résigne, se voient déjà comme les prochaines victimes des soudards laissés en liberté après chaque désarmement.

On ne fait pas un désarmement pour le désarmement, pour quel objectif et quelle finalité ?

La logique veut que le désarmement conduit à la sécurité qui elle-même est le moteur de la paix. Une paix durable impose que des précautions et des mesures de sécurité soient prises avec une garantie que le réapprovisionnement en arme ne vienne pas remettre à plat tout l’effort réalisé.

L’inquiétude de la population centrafricaine est justifiée.

« Les autorités » centrafricaine de la transition contestée, avaient annoncé que des sites de cantonnement étaient déjà prévus. Le bon sens aurait voulu qu’au fur et à mesure que les éléments de la Séléka sont désarmés, ils doivent être conduits sur les sites prévus. Ce qui se passe relève d’un manque de volonté, quand on sait que les éléments de la Séléka sont des fous dangereux qui ont stocké des armes de guerre au sein de la population civile et qui n’hésitent pas à jouer au cow-boy pour un regard de travers, pour un oui ou pour un non ! Or, il se passe que, une fois la fouille faite et les armes récupérées, les soudards sont laissés en toute liberté, ils repartent sitôt sur les lieux pour proférer des menaces à l’encontre des habitants du quartier.

Où est la logique ? Si ce n’est que leur récupérer les armes, ils s’en moquent ! Car leurs garnisons sont bien fournies pour se soucier des armes perdues. Et de l’autre coté, désarmer les éléments de la Séléka devant une foule en liesse et les laisser face à leurs victimes d’hier, c’est les livrer à la population qui est prête à en découdre avec eux. D’où, la nécessité du cantonnement systématique.

La population est gagnée par un sentiment de travail inachevé du désarmement dont les retombées réveilleront les vieux démons de la boucherie humaine. Beaucoup sont ceux qui n’osent plus pister ou se servir d’indicateurs pour débusquer les habitations des Séléka dans leur quartier. La population craint les représailles des éléments de la Séléka qui vont se réapprovisionner dans leurs cachettes aussi indénombrables dans les quartiers.

Avec cette politique, la sécurité et la paix en Centrafrique n’est pas pour demain.

A cela s’ajoute une grosse erreur de ne pas intégrer la FACA, les forces Armées Centrafricaines dans le processus de la sécurisation de la Centrafrique. Il est à rappeler que l’armée centrafricaine compte en son sein des officiers et des sous officiers de mérite, formés dans des grandes écoles académiques militaires européennes et qui ont de l’expérience. Mais depuis l’avènement Séléka où Ndjotodia et les collabos ont vendu un cliché stéréotypé de la FACA comme des pro-Bozizé, les militaires centrafricains ont perdu un lourd tribut dans les exactions à cause de la trahison et de la malhonnêteté des ceux qui se sont accaparés le pouvoir par les armes. Les forces de l’ordre centrafricaines ont été livrées en pâture à la Séléka comme des poulets qu’on offre aux loups affamés. Ce déferlement de la haine gratuite sur les forces de l’ordre et de la défense, la police, la gendarmerie, et tout les corps en tenue avait pour objectif de les éradiquer pour laisser place à une armée islamique, avec un ordre d’exécution sommaire des militaires, sans fondement. L’idiote tentative de la dissolution échouée de la FACA en dit long sur cette politique du chef rebelle de la Séléka qui lui-même n’éprouve aucune sympathique dans ses propos de mépris contre la FACA, une armée républicaine.

Il est impératif de :
  •  Intégrer et armer rapidement les éléments de la FACA qui doivent reprendre le service et être intégrée dans les dispositifs du désarmement et de la sécurisation du pays, en tant qu’une armée républicaine. La police et la gendarmerie ne doivent pas non plus faire l’objet d’une exclusion dans les dispositifs du désarmement pour s’assurer de l’identité des éléments Séléka contrôlés en vue de leur cantonnement.
  • Arrêter tous les éléments non centrafricains de la Séléka qui sont des électrons libres et les cantonner en même temps que le déroulement du désarmement.
  • Rappeler à l’ordre le chef rebelle en lui parlant qu’il s’agit de cantonnement et non de casernement. (la caserne est réservée à une armée, donc qui un lieu qui renferme des arme de guerre. Le cantonnement est le confinement dans un lieu temporaire d’une troupe qui n’est pas nécessairement une armée, sans d’arme en principe)
  • Désarmer les Séléka qui sont des les casernes et les cantonner.
  • Séparer les soudanais, tchadiens des centrafricains et ceci avant tout rapatriement,
  • Mener une investigation pour déterminer les criminels en vu de leur comparution
  • Retirer le militaires tchadiens du dispositif de sécurité sur le territoire centrafricain, ils sont une source d’approvisionnent en arme pour la Séléka.
Le chef rebelle Michel Ndjotodia doit être arrêté et déféré devant la Court Pénale Internationale, pour rompre avec le cycle infernal de l’impunité que la Centrafrique s’octroie le prix Nobel, Ca sera un début de justice rendue aux victimes et a toute la Nation entière et un acte qui adoucissera les cœurs et l’esprit pour amorcer la paix.

Jean-Gualbert TOGBA