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REACTION

DJIBOUTI‬ - Abdourahman Barkat God répond à ‪Guelleh‬ : « Je ne m’apprête pas à rejoindre la Belgique, à moins d'être expulsé »


Alwihda Info | Par Huno Djibouti - 10 Février 2015

« Debout, je suis là »


Interrogé par Jeune Afrique (JA n° 2822 du 8 au 14 février) sur la légalisation de tous les partis de l’opposition, y compris le parti Model (les islamistes), Ismaïl Omar Guelleh répond : "Nous avons été fermes avec leurs trois cheikhs, nous les avons mis en prison, où ils ont purgé leur peine. Depuis, l’un est parti au Canada, le second s’apprête à rejoindre la Belgique et le troisième n’a plus de mosquée où prêcher". Suite à la parution de l'interview de Guelleh dans la « Jeune Afrique », ce magazine qui rançonne les dictateurs africains pour faire leur promotion, la réponse d'Abdourahman Barkat God, l'un des trois dignitaires religieux, arrêté le 25 février 2014 et condamné arbitrairement sous les motifs fallacieux d'incitation à l'insurrection et troubles à l'ordre public, à 18 mois de prison ferme et 5 ans de privation de droits civiques, ne s'est pas faite attendre. "En partie, la valeur d’une personne se mesure par la place qu’elle occupe au sein de la société à laquelle elle s’identifie. Lorsqu’elle dépasse son ego pour s’effacer et ne rien gagner comme contre partie dans ce qu’elle réalise, à ce moment-là, elle devient accomplie. Elle retrouve le sens de son existence puisqu’elle a pu aller au-delà de ses propres limites. En fait, elle est parvenue à déployer toute son énergie pour participer au bien-être de l’autre. Depuis des longues années, je fais partie de ceux qui vivent non pas pour se servir ou s’asservir mais pour servir. J’ai contribué à ma façon et selon mes capacités, déjà réduites, dans divers domaines tous destinés à promouvoir l’homme. J’ai côtoyé les nécessiteux et les sans abris. J’ai discuté avec les jeunes et essayé de comprendre leurs soucis premiers. J’ai tenté de me glisser dans les peaux des victimes de l’injustice. Et entre nous s’est instaurée une complicité jusqu’à présent intacte. Nos esprits communiquent. Nous restons inséparables. Mais le terrain le plus notable sur lequel j’ai tissé une relation inviolable avec les Djiboutiens, et surtout avec les jeunes, est celui de l’Islam. Comme d’autres, j’ai diffusé un message d’amour et de paix, valeurs de base de notre religion. J’ai toujours pratiqué l’appel à un Islam de juste milieu auquel adhère la majorité de mes concitoyens. Ils ont écouté mes propos. Tous, à part mes détracteurs, s’accordent à la rectitude de mes discours. Des adversaires, il en faut. Cela permet de se corriger et se perfectionner. Des avis contraires, il en faut aussi. Cela incite à raffiner ses connaissances. Mais j’ai fait une parenthèse à ce service national pendant un séjour de six ans en Belgique, à Bruxelles. Là-bas aussi, en dehors de mes études universitaires, j’ai été utile à la diaspora fraîchement installée. J’ai participé à la création d’une association sans but lucratif destinée à organiser les funérailles qui demandent des moyens financiers majeurs. Heureusement, malgré les difficultés auxquelles nous nous sommes heurtées, on est parvenu à édifier une structure qui fait aujourd’hui la fierté de tous les Djiboutiens stationnés en Belgique. Depuis 2003, je suis à Djibouti et aux côtés de ceux qui ont besoin le plus d’un peu de chaleur humaine. J’ai œuvré, comme certains d’entre vous, à apporter le minimum de soulagement aux souffrances qui sont les leurs ne serait-ce que par l’écoute et les paroles douces. Ensemble, nous nous sommes engagés dans la voie d’une alternance pour améliorer les conditions de vie du peuple Djiboutien. Debout, je suis là. Avec eux, je résiste. Mon terrain d’action préféré, c’est Djibouti. « Je ne m’apprête pas à rejoindre la Belgique ». A moins que je ne sois expulsé. Et pour ce scénario, je suis prêt. Je serai toujours aux côtés de ceux qui combattent contre la dictature. Qu’Allah fasse de PK 12 là où ma dépouille sera plus tard inhumée. Amin Amin"