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DJIBOUTI‬ : La saga judiciaire sur le massacre de ‪Buldhuqo‬ du 21 décembre 2015 continue...


Alwihda Info | Par Farah Abdillahi Miguil - Président de l'ODDH - 18 Juillet 2016 modifié le 18 Juillet 2016 - 15:15

Et pourtant, la population djiboutienne ainsi que les organisations des défenses des droits humains attendent toujours la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ce massacre.


DJIBOUTI‬ : La saga judiciaire sur le massacre de ‪Buldhuqo‬ du 21 décembre 2015 continue...
Le 16 avril 2016 le juge d'instruction en charge de l'enquête ordonne un non lieu pour les 7 personnes poursuivies et arrêtées au lendemain du massacre de Buldhuqo : Ø Hamoud Abdi Soultan, ex-Ministre des biens Waqfs et des affaires Musulmanes, Ø Abdourahman Mohamed Guelleh dit TX, maire élu de Djibouti-ville destitué d’une manière illégale pour son engagement au coté de l’opposition, Secrétaire Général de l’USN et président du RADDE, Ø Mohamed Abdi Farah, Conseiller du Ministre de l’Intérieur, révoqué depuis les événements de Buldhuqo, Ø Chirdon Khaireh Chirdon, haut fonctionnaire du Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, directeur des sports, révoqué depuis les événements de Buldhuqo, Ø Abdo Daher Miguil, professeur à l’université de Djibouti, Ø Abdourahman Houssein Arraleh, cadre du Ministère de la Santé, Ø Allaleh Osman Absieh, travailleur indépendant. Pour rappel ces personnes citées ci-dessus font partie de celles qui ont été arrêtées au lendemain du massacre de Bulduqo et ensuite présentées au parquet de Djibouti avant d’être placées en mandat de dépôt à la prison centrale de Gabode. Le 30 avril 2016 le Ministère Public fait appel auprès de la Chambre d'Accusation de la Cour d'Appel du non lieu du juge d'instruction. Le 12 mai 2016 la Chambre d'Accusation invalide l'ordonnance de non lieu du juge d'instruction et prononce un arrêt qui rouvre le dossier en replaçant sous contrôle judiciaire les prévenus. Ces derniers déposent aussitôt un recours de pourvoi à la Cour Suprême. Le 12 juillet la Cour Suprême dans son réquisitoire « déclare les dits pourvois recevables ; casse et annule l’arrêt attaqué pour défaut de réponse aux réquisitions du Ministère Public portant à la violation de l’article 182 du code de procédure pénale et renvoie la cause et les parties devant la chambre d’accusation autrement composée ; … » Nous savons que l’indépendance de la justice à Djibouti reste à écrire dans notre pays. L’objectif inavoué de cette entreprise avait pour but de faire porter la responsabilité de la tuerie du 21 décembre 2015 à ces derniers. Et pourtant, la population djiboutienne ainsi que les organisations des défenses des droits humains attendent toujours la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ce massacre. L’ODDH dénonce les violations répétées des droits fondamentaux et la mise entre parenthèses du respect des droits humains et de la démocratie. L’ODDH recommande au pouvoir de se conformer aux normes internationales ratifiées par Djibouti, aux dispositions constitutionnelles relatives à la protection des citoyens, au respect des libertés fondamentales, à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi qu’à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. L’ODDH appelle à la Communauté Internationale à coordonner dorénavant leurs efforts et leurs prises de position sur la situation du pays pour que Djibouti retrouve le chemin de la paix, de la justice, de la responsabilité et de l’Etat de droit. Agir pour la démocratie, la dignité et la justice