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Darfour : la CPI relance le "dossier El-Béchir" et remet en cause l’action de l’Unamid


Alwihda Info | Par Djamil @ - 5 Décembre 2008


Darfour : la CPI relance le "dossier El-Béchir" et remet en cause l’action de l’Unamid
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Campo, a appelé la communauté internationale de se préparer, "plus tôt que tard", à la décision des juges de son tribunal sur l’inculpation du président soudanais Omar Hassan el-Béchir. Contacté par téléphone par la rédaction d’International Magazine sur les dates éventuelles de cette mise en inculpation, le bureau du procureur n’a pas souhaité en dire plus, se contentant de confirmer que le dossier d’inculpation était en cours. En juillet 2008, M. Moreno-Ocampo avait déja demandé à l’équipe de trois juges de la Cour d’inculper le président el-Béchir entre autre pour génocide et crimes contre l’humanité au Darfour. Pour l’UA, il faut "laisser une chance à la paix" De son coté, l’Union africaine, organisation continentale africaine, estime que la menace de la CPI de poursuivre le chef de l’Etat soudanais compromett les efforts de paix actuellement déployés par elle et l’ONU dans la région de l’Est de l’Afrique en proie depuis des années à des crimes sans nom. "Au moment où la CPI décidait pour la première fois dans l’histoire de l’humanité de poursuivre un président en exercice, nous étions en train d’entreprendre une opération militaire et un dialogue. D’un côté, nous avons l’Unamid (la mission de paix mixte UA/ONU, ndlr), de l’autre côté nous avons la médiation qui doit amener les rebelles et le gouvernement à trouver une solution négociée. Nous apprenons alors que le procureur lance un mandat d’arrêt contre le président en exercice. Notre première crainte, aux Nations unies et à nous, c’est de voir nos troupes attaquées sur le terrain, dans une confusion entre ONU et justice internationale. L’ONU a d’ailleurs commencé à demander à ses troupes non essentielles et aux familles de nos éléments sur place de quitter le territoire. Les magistrats ne se sont pas encore prononcés sur cette requête, qui a suscité un tollé au Soudan", estimait Jean Ping, le président de la Commission de l’UA dans un entretien accordé au mensuel International Magazine du mois de novembre 2008. "Donnons une chance à la paix, sans créer de difficulté sur le terrain. On ne peut pas imaginer une seconde qu’un gouvernement en place va dire : « Venez me chercher, je vous attends, emmenez moi à la Haye ». Ça ne se passera pas comme ça. Nous demandons ces 12 mois de suspension pour donner une chance à la paix, et pour que nos demandes soient entendues des autorités soudanaises", affirme encore Jean Ping. "Combien de temps allons nous compter les victimes ?", s’interroge Luis Moreno-Campo Dans sa position actuelle, le procureur de la CPI estime qu’en l’état actuel des choses, l’action de l’UA et de l’ONU n’a pu améliorer positivement la situation, les nombreux crimes et viols se perpétuant actuellement contre les populations noires du Darfour. "Des crimes à grande échelle sont actuellement commis au Darfour et ceci parce que le président el-Béchir le permet... Que peut faire l’Unamid quand ceux qui contrôlent son déploiement sont ceux-là mêmes qui ordonnent ces crimes ? Combien de temps allons-nous rester à compter les victimes, les déplacements et les viols ?", s’est-il demandé. Pour le procureur de la CPI, les membres du Conseil de sécurité peuvent agir de concert, pour mettre mis fin à ces crimes et sauver des millions de vies. "Si des intérêts divergents font obstacle à une position commune et cohérente pour soutenir les décisions de la Cour, s’ils acceptent de fausses promesses, les viols vont se poursuivre ainsi que les destructions. Une occasion se présente. Un Conseil de sécurité uni peut faire la différence", a-t-il soutenu. Préparation des États à des sanctions communes Le procureur a insisté sur le fait qu’un soutien constant à l’application des décisions de la Cour était nécessaire pour toute activité bilatérale ou multilatérale. "Aucun soutien politique, aucune aide financière ne doivent être apportées à des individus sous le coup d’un mandat d’arrêt où à ceux qui les protégent. Pour ceux qui aident les personnes mises en examen, des interdictions de se déplacer individuelles et des gels des avoirs doivent être considérés comme appropriés", a-t-il suggéré. Le procureur a invité les Etats à rompre tout contact individuel non- essentiel avec les inculpés, et demandé que "toute personne inculpée voyageant sur le territoire d’un Etat membre de l’ONU doit être arrêté et livré à la Cour". Avant d’ajouter : "Il n’y a pas d’immunité de rang ou de position officielle pour les individus identifiés par les juges de la Cour pénale internationale comme responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de génocide." Linternationalmagazine.com



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