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ANALYSE

Entre épuration ou génocide...Éclairage sur le drame qui ravage l'ouest de la Centrafrique


- 12 Février 2014 modifié le 12 Février 2014 - 12:09


Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Si la Communauté internationale avait mis une chaîne pénale en place dès l’avènement de la coalition séleka en Décembre 2012, le pays n'aurait certainement pas connu tous ces bourbiers qui menacent de l'engloutir de nos jours.Si les exactions ciblées, les tueries, les massacres, les viols, les pillages, les violences,les carnages,la désacralisation des objets religieux, la ghettoïsation forcée d'une partie de la population par les enturbannés avaient réellement connu  l'ombre d'un lampion juridique de toute la sommité mondiale, il serait possible que  les Anti Balakas n'auraient jamais existé. En réalité,l' Anti Balaka est l'archétype même d'une jacquerie qui a développé ses techniques d'approches en fonction de l'inertie totale de la Communauté internationale et celle de la justice centrafricaine qui fonctionnait encore au faciès.
 
Qu'on se le dise, la brume contemporaine est la résultante de cette inertie savamment orchestrée. Aussi, il faut admettre que les forces étrangères stationnées à Bangui ont largement contribué  à  la rigidité des Anti Balakas sur le terrain.D'ailleurs,les images ,qui circulent sur la toile mettant en scène une complicité saugrenue entre les Anti Balakas et les forces étrangères, démontrent à suffisance la résistance et la mobilité de cette jacquerie. A priori, certains éléments incontrôlés des Anti Balakas ont surfé sur l’ambiguïté des forces étrangères sur le terrain pour se lancer dans une action vindicative.Aujourd'hui, l'ouest de la Centrafrique subit actuellement les affres de cette jacquerie.D'ores et déjà,la ville de  Berberati dénombre 53 morts et celle de Carnot 31 morts.A Carnot,les  autres musulmans ont été épargnés grâce au Curé de l’église Saint Martyrs de l'Ouganda  qui leurs a accordé une hospitalité sous la haute surveillance de 30 soldats de la Misca.
 
Néanmoins, les villages proches de Carnot tels que: Zaorossougou, Ndinguiri, Ngaboua, Djomo, Guen, Gadzi, Mokonzi-wali etc ont été ravagés et décimés par les Anti Balakas. Le bilan du carnage s'avère trop lourd car dans les villages de Guen et de Ndinguiri , on dénote respectivement plus  de 89 et 36 morts.Selon une source concordante, les  Anti Balakas auraient  tué plus de 2000 morts dans l'Ouest de la Centrafrique depuis le Lundi 3 février 2014.Au demeurant, les forces étrangères ne peuvent pas d'emblée mettre les Anti Balakas sur la ligne rouge comme étant les " ennemis de la paix" tant que la justice n'a jamais été rendue.Cette technique absurde qui consiste à créer un petit " ben laden" en le nominant par la suite comme  un "wanted" n' a plus droit de cité de nos jours.Les Centrafricains d'obédiences chrétiennes ou musulmanes ,qui sont victimes de ces différentes exactions, doivent connaître une justice équitable car ils ont tous droit au chapitre.
 
En sommes, il faut reconnaître que l'environnement sociétal impose une communauté de vie entre les Centrafricains de différentes obédiences.Cultivons un "vivre ensemble"  sous la trilogie: justice-réparation-réconciliation.
 
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste
mayterodrigue@yahoo.fr
Le Mans, France



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