À N'Djamena et dans plusieurs régions du Tchad, la précarité ne se contente pas d'affamer les corps ; elle empoisonne également les relations sociales. Alors que la colère gronde et que l'insécurité monte, le tissu social tchadien se fragilise sous le poids d'une misère devenue insupportable.
Le Poison de la Faim et de la Colère
Dans les quartiers de la capitale, la pauvreté n'est pas simplement une statistique ; elle se reflète sur les visages. Cette réalité quotidienne transforme frustration et désespoir en colère. Selon la Banque mondiale, l'incidence de la pauvreté au Tchad est évaluée à 42,3 %. Ce sentiment d'impuissance crée un climat de tension permanente, érodant le vivre-ensemble, qui était jadis un pilier de la société tchadienne.Le Cri du Cœur de la Jeunesse Diplômée
Le désespoir frappe particulièrement les jeunes diplômés, laissés sans débouchés. Ernest, un diplômé sans emploi, témoigne : « Certaines personnes ne peuvent pas subvenir à leurs besoins. Cela crée un profond déséquilibre social. Quand on n'a plus rien à perdre, on bascule. » Pour ce groupe, l'absence de perspectives transforme le diplôme en un simple morceau de papier, laissant l'oisiveté et le besoin combler le vide de la pire manière.De la Précarité au Banditisme
Les conséquences de cette précarité se manifestent la nuit dans les rues de N'Djamena, où les vols, agressions et braquages à main armée sont devenus monnaie courante. Ces comportements sont souvent des stratégies de survie désespérées face à une situation intenable. Ce cycle de violence n'est pas seulement une question de sécurité publique ; il témoigne d'une fracture sociale où la nécessité l'emporte sur la paix communautaire.Si rien n'est fait pour stabiliser le pouvoir d'achat et offrir des perspectives d'emploi, le fossé se creusera davantage. La lutte contre l'insécurité à N'Djamena doit impérativement passer par une bataille acharnée contre la pauvreté. Un homme affamé n'a plus d'oreilles pour entendre les appels à la paix et à la cohésion.
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Fracture Sociale au Tchad : Quand la faim dicte sa loi








