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AFRIQUE

L’administration marocaine poursuit sa transformation numérique


Alwihda Info | Par Namissa Rakoto - 30 Août 2018 modifié le 30 Août 2018 - 14:07

Le Royaume du Maroc accélère son entrée dans le tout-numérique. L’administration du pays fait, à ce titre, l’objet d’un aggiornamento profond.


Crédits : DR
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Et si la lutte contre le terrorisme et la contrefaçon passait aussi par la digitalisation ? Pour le Maroc, il ne fait aucun doute, et ce jusqu’au Bureau Central d'Investigations Judiciaires (ou BCIJ) qui lutte notamment contre la radicalisation des Marocains résidant à l'étranger. Pour son directeur, Abdelhak Khiame, « la base de données de toutes les agences responsables de la sécurité en Europe, comme Europol (l'Office européen de police), doit être partagée avec les pays de l'Afrique du Nord comme le Maroc ». Une déclaration émise dans un contexte où le Parlement européen a d'ailleurs recommandé à l'Union européenne en juillet dernier, de signer un accord avec le Maroc pour l'échange de données personnelles, concernant notamment les jeunes Marocains binationaux qui pourraient être confrontés à l'extrémisme violent et ainsi, passer à l'acte. Des échanges de données sont déjà opérationnels entre les services de renseignements espagnols et marocains et sont également appelés à se généraliser dans toute l'Europe. Une avancée rendue possible par la volonté du Maroc de numériser son administration.

Une douane numérique

Ce cap a déjà été franchi par l'ADII, l'Administration des Douanes et des Impôts Indirects, qui ne cesse de se réformer depuis 2010 avec une accélération de cadence. Un nouveau plan de restructuration est prévu pour la période 2017-2021, le tout, sous l'impulsion de son nouveau directeur général, Nabyl Lackdhar, à qui l'ADII doit le système en ligne Badr, qui permet de dédouaner toutes les marchandises du Maroc pour l'importation et l'exportation.

En 2010, a par ailleurs été élaboré le système de marquage fiscal SAMID (ou Système Automatisé de Marquage Intégré en Douane) en collaboration avec l’entreprise suisse SICPA. C'est l'outil de prédilection de l'ADII pour différencier les produits originaux de ceux issus de la contrefaçon ou de la contrebande. Il est utilisé en temps réel et à distance pour calculer l’assiette imposable au titre de la Taxe Intérieure de Consommation (TIC), sur les boissons et les produits de tabacs manufacturés. Une technologie qui a permis aux douanes d’augmenter substantiellement le niveau de perception des droits d’accise. En 2017, l’ensemble des droits et taxes perçus par le Royaume a ainsi fait un bond de 5,1 %. Depuis 2016, est aussi entrée en fonctions la Cellule Nationale de Ciblage, qui coordonne les contrôles douaniers sur l'ensemble du territoire.

Mais la douane n'est pas le seul secteur que le Maroc cherche à faire entrer dans l'ère du numérique. Avec le Plan Maroc Numeric 2013 puis le Plan Maroc Digital 2020, le Maroc entend se positionner comme 1er hub africain numérique et réduire la fracture numérique à hauteur de 50% pour les Marocains.

Un pays entier tourné vers le digital ?

Pour parvenir à ses fins, le Royaume a notamment décidé de réintégrer l'Union Africaine des Télécommunications (UAT) spécialisée dans le domaine des TIC. En août dernier, le pays a ainsi participé à l'une des conférences de l'UAT au cours de laquelle il s’est vu confirmer sa demande de retour. L’UAT est une délégation de l'Agence Nationale des Réglementations des Télécommunications (ANRT), créée à Rabat en février 1998. En permettant la promotion des investissements dans les infrastructures de TIC, le Maroc pourra généraliser l’accès au numérique à tous ses citoyens. Ainsi, le pays pourra négocier un accès et des tarifs avantageux pour faciliter l’accès aux télé-services proposés par le Gouvernement. Tous les acteurs de la société, de l'Etat aux citoyens, en passant par les entreprises et l'administration, vont pouvoir consolider les acquis déjà obtenus en matière de digitalisation et permettre au Maroc de s'insérer dans une économie mondialisée avec plus de facilité.