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AFRIQUE

La Zone libre échange continentale en Afrique au cœur des délibérations à Nairobi


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 13 Juin 2019 modifié le 13 Juin 2019 - 16:42


Illustration. © DR
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Nairobi, Kenya – « Il est difficile de se faire une vision définitive de la prospérité sans un rôle pour le commerce. Mais pour que le marché puisse se lancer efficacement, une infrastructure qui améliore la connectivité et l'accès est nécessaire », a déclaré le Dr William Ruto, Vice-Président de la République du Kenya.
 
M. Ruto s'adressait aux parlementaires, aux représentants du gouvernement Kenyan, aux institutions de l'Union africaine et aux représentants des principales parties prenantes du PDDAA lors de la cérémonie d'ouverture de la 15ème réunion de la plate-forme de partenariat du PDDAA qui a débuté le 11 juin 2019 à Nairobi, Kenya.
 
Il a également souligné l'importance du libre-échange pour accroître la disponibilité des terres cultivables. « Le libre-échange garantit que chaque producteur soit connecté au marché grâce à des systèmes efficaces et compense les déséquilibres de prix qui augmentent les marges bénéficiaires. Le libre-échange crée une demande pour des technologies efficaces, inspirant l'innovation. Dans le cadre de la ZLECAf, davantage de terres seront disponibles pour la culture avec une meilleure technologie, plus de nourriture et de meilleure qualité seront disponibles sur toutes les tables », a-t-il déclaré.
 
La conférence s'est tenue à l'hôtel Safari Park, à Nairobi, au Kenya, afin d'examiner les progrès et de partager les expériences de mise en œuvre du PDDAA depuis la dernière PP du PDDAA à Libreville au Gabon en avril 2018.
 
Organisée par la Commission de l'Union africaine et l'Agence de développement de l'Union africaine-NEPAD, l’intitulé du thème de cette année était : « Améliorer le commerce et l'accès aux marchés pour accélérer la transformation agricole », qui découle de la reconnaissance du rôle que peut (et devrait) jouer le commerce intra africain dans la croissance économique ; mais aussi des défis importants impliqués.
 
La PP du PDDAA reste une plate-forme agricole continentale pour le dialogue politique, le partage des enseignements à tirer et la responsabilisation entre les parties prenantes du PDDAA afin de faire progresser le programme du PDDAA. La réunion s'est appuyée sur les leçons tirés et les défis des éditions précédentes et a permis de rationaliser davantage l'ancrage de cette plate-forme de mobilisation et d'engagement multipartite tout en renforçant le partenariat entre les mandataires afin d’accélérer la mise en œuvre du PDDAA.
 
La réunion visait également à dresser un bilan des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de Malabo et à encourager le dialogue et les actions (collectivement ou individuellement par les organisations/pays) et à encourager l'apprentissage entre pairs pour accélérer les progrès.
 
« Nous devons tous travailler main dans la main pour nous mettre d'accord sur la feuille de route et les principales mesures politiques qui permettront au secteur agricole de tirer pleinement parti du marché unique africain de 1,3 milliard de personnes et d'un PIB cumulé supérieur à 3,4 trillions de dollars. Nous pouvons transformer l'agriculture d'ici 2025. Alors que nous continuons à célébrer le lancement récent de la Zone continentale de libre-échange pour l'Afrique (ZLECAf), nous devons non seulement débattre mais aussi prendre des mesures pour attirer des fonds des secteurs public et privé afin de renforcer le commerce intra-africain et catalyser la transformation agricole en Afrique », a déclaré S.E. Josepha Sacko, Commissaire de l'Union africaine (UA) pour l'économie rurale et l'agriculture durant la rencontre.
 
En 2015, les pays africains ont dépensé environ 63 milliards de dollars pour les importations alimentaires, en grande partie en provenance de l'extérieur du continent. Les travaux de modélisation de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) prévoient que le commerce intra-africain des produits agricoles passera de 20 à 30 % en 2040 avec la mise en place de l'accord de libre-échange ZLECAf, ce qui générera des recettes publiques, augmentera les revenus des agriculteurs et permettra d'accroître la capacité des agriculteurs et des pays à investir dans la modernisation du secteur par la transformation et la mécanisation.
 
L'AUDA-NEPAD, en tant que co-organisateur de la Plate-forme de partenariat et responsable de la mise en œuvre des projets du PDDAA aux échelles régionale et nationale, était représenté par une délégation conduite par le Dr Hamady Diop, Chef du programme AUDA-NEPAD : Gouvernance des ressources naturelles, sécurité alimentaire et nutrition, qui s'est exprimé au nom du Secrétaire exécutif de l'AUDA-NEPAD, Dr Ibrahim Mayaki.
 
Il a évoqué les obstacles à surmonter afin de stimuler le commerce intra-africain, notamment la nécessité pour les pays de faire preuve d'un meilleur leadership lorsqu'ils s'engagent avec des partenaires de développement, la mentalité de silo dans la mise en œuvre des programmes agricoles aux niveaux régional et national et le manque continu de vision similaire entre le secteur public et privé dans le programme de transformation agricole.
 
 "L'Afrique a dû faire face à une facture d'importation de produits alimentaires et agricoles de 35 milliards de dollars par an en moyenne et qui augmente plus vite que le commerce intra-africain. Parmi ces importations en forte croissance, il convient de souligner les produits transformés et les aliments à valeur ajoutée, ce qui souligne la nécessité d'accélérer le développement de l'industrie agro-alimentaire dans le cadre d'une approche de la transformation agricole fondée sur la chaîne de valeur et, par conséquent, de renforcer les liens entre les politiques et les stratégies de développement agricole, commercial et industriel ", a-t-il ajouté.
 
Les Communautés économiques africaines ont mis en commun leurs meilleures pratiques pour parvenir à une approche unie en matière de libre-échange et les partenaires de développement ont souligné leur engagement continu à travailler conjointement avec des entités africaines telles que la CUA et l'AUDA-NEPAD pour mettre en œuvre une « réelle » transformation dans l'espace agricole.