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AFRIQUE

Le Kenya retire les anciens billets de banque pour lutter contre la contrefaçon


Alwihda Info | Par Reuters - 9 Juin 2019 modifié le 9 Juin 2019 - 12:38


© Reuters
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Le Kenya va bientôt retirer l'ancienne version de son billet de banque de la valeur de 1,000 shillings ($9.88) pour lutter contre les flux financiers illicites et la contrefaçon, d'après le gouverneur de la banque centrale, Patrick Njoroge.

Le Président Uhuru Kenyatta a promis de mettre fin à la corruption lors de son élection en 2013, mais ses détracteurs disent qu'il a mis trop de temps avant de poursuivre en justice les hauts fonctionnaires et qu'il y a eu peu de convictions depuis qu'il a pris ses fonctions.

Patrick Njoroge a déclaré lors de l'inauguration des nouveaux billets de banque que les versions anciennes des autres dénominations resteraient en circulation avec les nouveaux billets, mais qu'après le 1er Octobre, les anciens billets de 1,000 shillings seraient invalides.

"Il y a deux raisons principales. D'abord pour lutter contre les flux financiers illicites que nous avons constaté. La deuxième c'est pour lutter contre la contrefaçon qui commence à émerger", a déclaré Njoroge.

Il s'exprimait lors de l'inauguration des nouveaux billets. Il n'a pas donner plus de détails sur les flux financiers illicites.

Cette mesure de la banque centrale entre en vigueur alors que les parlementaires kenyans demandent l'application d'amendements aux lois régissant le secteur bancaire qui assoupliraient les lois rigoureuses concernant les transactions de plus de 10,000 $ US dans ce pays de l'Afrique de l'est.

La banque centrale affirme que ces changements pourraient saboter la lutte contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et l'argent provenant de la criminalité.

"A mon avis, la nouvelle devise est une bonne idée parce que les seules personnes qui vont souffrir sont les escrocs qui volent (l'argent de l'Etat). Au moins maintenant l'argent qu'ils ont volé ne servira qu'à faire le feu pour faire cuire le githeri (plat locale à base de maïs et d'haricots)", estime Fred Orina, un laveur de voitures au bord d'une autoroute très fréquentée.

"Quand les nouveaux billets circulent, il y a toujours le risque que certaines personnes dans le système vont imprimer des faux billets pour eux-mêmes en même temps que les vrais", ajoute Stella Neema une vendeuse de légumes dans un des marchés de la capitale.

Des douzaines de fonctionnaires kenyans, d'hommes et de femmes d'affaires ont été convoqués devant la justice depuis mai 2018 pour répondre à des accusations liées au vol présumé de centaines de millions de shillings des caisses de l'Etat.

(Réalisation : Jackson Njehia, Robert Waweru)