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ANALYSE

Le Tchad est accusé de planifier secrètement « les Etats-Unis d’Afrique Centrale » par les armes


Alwihda Info | Par - 31 Décembre 2014

L’inquiétude de nos voisins sur l’armement du Tchad ne date pas d’aujourd’hui. Mais en cette fin d’année 2014, la présence de l’armée tchadienne suréquipée dans presque toutes les frontière, l’attitude du président tchadien IDRISS Deby Itno, son envi fou de jouer à toutes les cartes diplomatiques et militaires en Afrique, effraient certains observateurs de la sous région. Décryptage.


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Le Tchad, par le souci de répondre promptement aux multiples menaces des rebellions et les incursions des bandes armées dans son territoire causées par les multiples crises politico-militaires chez ses voisins, a réussit, au fil des années,  à construire une armée dynamique et suréquipée grâce au revenus pétroliers qui sont sensés booster l’économie. Une armée d’assaut et d’offensif même si sa discipline et sa capacité éthique à maintenir la paix, semblent critiquées, aux passages, sur presque toutes ses interventions dans le continent. L’importation des matériels militaires de tout part et la multiplication des camps d’entrainement des jeunes enrôlés, de toutes les régions du pays, font penser que le Tchad, selon certains analystes, a un projet secret de déstabiliser la sous région d’Afrique Centrale et d’imposer, ce qu’il convient d’appeler « les Etats-Unis d’Afrique » par sa puissance de feu.
La grande inquiétude vient des intellectuels et les journalistes camerounais qui n’arrêtent pas de décrire l’armement du Tchad comme une menace potentielle que leur pays ne voit pas venir. Sur un plateau d’une chaine de télévision africaine, la semaine passée, deux écrivains et une journaliste camerounais ont affirmé avec une énergie remarquable et défendent leurs positions, selon lesquelles, le Gouvernement du Tchad et son président  IDRISS Deby, ont un projet secret, celui d’envahir toute la sous région d’Afrique Centrale et en faire un pays continent. Pour eux, les incursions de la secte Boko Haram au nord Cameroun n’est qu’un début des manœuvres de la déstabilisation planifiées par leur voisin, le Tchad. «Plus le Cameroun sera affaibli par les multiples attaques de la secte, plus le besoin de demander l’aide de l’armée tchadienne se fera sentir et Deby en profitera pour mettre ses plans en marche… » a soutenu un intellectuel du même pays. Ces affirmations qui n’ont que pour seules valeurs des hypothèses aujourd’hui, relancent la suspicion sur les agissements diplomatiques et militaires du Tchad.
De l’autre coté, pour sécuriser ses frontières du Sud avec la RCA, le gouvernement du Tchad a déployé un contingent équipé des blindés et des matériels terrifiants qui laissent perplexes nos amis centrafricains. Selon une source militaire proche de la coalition armée de l’Ex SELEKA, le Gouvernement de Bangui est inquiet de la présence du détachement militaire du Tchad à la frontière. Pour les autorités centrafricaines, toujours selon la même source, l’occupation du nord RCA par les SELEKA n’est que les prémisses du manœuvre du Tchad pour contrôler cette partie du pays. Avec les sangs surchauffés des soldats tchadiens à la limite de ces deux pays sont mal interprétés par nos voisins. Rien que la patrouille de l’armée tchadienne à la frontière fait peur aux centraux, déjà victime des carnages de cette même armée à Bangui.
 

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La frontière triangulaire du Lac Tchad entre le Tchad, le Niger et le Nigeria, compte tenu de la menace de la secte nigériane, est délaissée à la merci de l’armée tchadienne. Celle-ci avec les moyens puissants qu’elle dispose, impose même ses lois, quelques fois, dans les territoires étrangers. Et sa présence, semble-t-il, est applaudie par les populations de ces localités frontalières terrifiées par Boko Haram. Il y’a de quoi s’inquiéter des manœuvres du Tchad. Tout comme à l’EST du pays, au Darfour, la force mixte, (juste de nom mais composée majoritairement des contingents tchadiens) est omniprésente et efficace contre les bandits et trafiquants de drogues qui sillonnent le long de la frontière. Elle s’est très vite adaptée et courtise désormais les habitants soudanais de cette zone. Une belle interrogation s’impose. Quelle est la motivation du Tchad dans toutes ces interventions, qui en réalité, coute chères au trésor public ? S’accaparer des territoires étrangers ?
Ajouté à ces manœuvres de trafic d’influence militaire dans la sous région, le pays est actif diplomatiquement et semble se libérer de ses maitres occidents. Siéger au conseil de sécurité de l’ONU, des discours musclés anti occidents dans toutes les rencontres internationales de son président Deby ce dernier temps, des accords militaires bilatéraux et multilatéraux avec certains pays stratégiques, des émissaires des pays émergents au palais rose ce dernier temps, renforcent véritablement les inquiétudes des méfiants. Espérons que ce projet fou n’est qu’une hypothèse des voisins terrifiés.

Mahamat Ramadane
Journaliste-reporter Alwihda Info. Tél : +(235) 63 38 40 18 En savoir plus sur cet auteur


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