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EDITORIAL

Le combat s’annonce dur pour Déby !


Alwihda Info | Par Freeman Djido - 10 Mars 2018 modifié le 10 Mars 2018 - 20:46


Le chef de l'Etat Idriss Déby. Alwihda Info
Le chef de l'Etat Idriss Déby. Alwihda Info
La plateforme syndicale d’un côté maintient la grève et les opposants d’un autre côté appellent à la ville morte. L’administration est paralysée, les maux du pays deviennent innombrables. Le président de la République ne serait-il pas asphyxié ? Pourra-t-il tenir longtemps encore ?

Le président Déby est-il dépassé par la gestion du pays ou ne prend-t-il pas au sérieux la situation macabre que traverse le pays ? Un mois et demi de débrayage mais le chef de l’Etat ne propose rien de sûr pour une sortie de crise sociale. C’est maintenant qu’il jette l’huile au feu. En bon soldat, Déby ne veut pas se plier malgré les pressions des syndicalistes et des politiques. Peut être veut-il montrer aux syndicalistes et à ces politiques qu’il peut tenir devant les situations, même les plus dures. Sinon, comment comprendre qu'en 42 jours de grève, le président reçoit les syndicats et leur demande simplement de reprendre le travail sans la moindre proposition tendant à sortir le pays de l’impasse ? Déby serait très certainement sûr de ses muscles mais les travailleurs eux, ne veulent plus céder. Dans ce ring, qui sera le vainqueur? Le président Idriss Déby Itno espère prendre le dessus car il a le soutien des occidentaux notamment la France et la communauté internationale encore. Ne serait-il pas entrain de scier la branche sur laquelle il est assis ?

Quand les éléphants se battent, ce sont les herbes qui en pâtissent. Les autorités demandent la reprise du travail, les travailleurs n’entendent pas de leur oreille. C’est maintenant qu’ils veulent changer la forme de grève qu’ils trouvent passive. L’orgueil du gouvernement ne fait que plonger le pays dans le chaos. Les élèves, les étudiants et les malades paient un lourd tribut. Que reste-t-il pour ces enfants dont on détruit sans pitié l’avenir ? Les uns pullulent dans les rues du matin au soir, se livrant à toutes les sortes de jeux, d’autres contraints par la situation deviennent des marchands ambulants avec tout le risque qu’ils courent. Or, la place d’un enfant est à l’école et non dans la rue. Et pourtant, le Tchad a signé et ratifié plusieurs conventions relatives aux droits des enfants parmi lesquels : le droit à l’éducation, le droit à la vie… Qu’attend la communauté internationale pour rappeler les autorités tchadiennes sur la violation de ces droits des enfants ? Ce silence n’est pas consentant ?

Si les travailleurs paralysent le Tchad par une grève sèche et illimitée, les opposants politiques veulent carrément sa mort. 6 regroupements des partis politiques et quelques partis politiques non regroupés ont appelé la population tchadienne à une ville morte le 12 mars prochain. Cette désobéissance civique vient augmenter de plus les soucis de Déby. Mais, tout porte à croire que plus rien n’inquiète Idriss Déby Itno, car il poursuit son chemin. Ce qui importe pour lui, ce sont ses multitudes voyages. Le manque de capacité des gouvernants à tenir tête aux défis va engendrer les problèmes domestiques auxquelles il serait difficile à Idriss Déby Itno de résister, car la faim donnera son ordre aux tchadiens au moment opportun.