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Le terroriste Mokhtar Belmokhtar a-t-il un oeil sur le Tchad ?


Alwihda Info | Par - 22 Avril 2014


Sa mort, l'armée tchadienne l'a déduite à partir d'une photo prise par l'un de ses soldats avec son téléphone portable, oubliant sur le coup que la plupart des "djihadistes" ont la réputation d'être barbus. Peut être que le Tchad espérait récupérer les cinq millions de dollars promis par les USA. L'erreur est humaine.


Mokhtar Belmokhtar. © - / AFP
TCHAD (Alwihda Info) - "Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des jihadistes dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d'Ametetai (...) plusieurs terroristes ont été tués dont le chef Mokhtar Belmokhtar" ; C'est par cette déclaration de l'Etat major tchadien des Armées que la mort de celui qu'on surnomme "le borgne" (du fait qu'il lui reste qu'un oeil) était dévoilée au monde entier.

Sa mort, l'armée tchadienne l'a déduite à partir d'une photo prise par l'un de ses soldats avec son téléphone portable, oubliant sur le coup que la plupart des "djihadistes" ont la réputation d'être barbus. Peut être que le Tchad espérait récupérer les cinq millions de dollars promis par les USA. L'erreur est humaine.

« Du territoire libyen, il entend contrôler tout le Sahel »
 
Mokhtar Belmokhtar n'est pas mort et sa présence en Libye vient d'être confirmée par des sources sécuritaires. 

« Depuis quelques temps, nous avons la preuve que Mokhtar Belmokhtar, de nationalité algérienne, l’un des plus dangereux islamistes algériens qui opérait dans le nord du Mali, s’est retiré en Libye pour éviter d’être arrêté ou tué. Du territoire libyen, il entend contrôler tout le Sahel », affirme une source sécuritaire malienne. L’information a été confirmée par une source sécuritaire nigérienne et par une autre source proche de la mission de l’Onu au Mali (Minusma).

Cette nouvelle ne semble pas surprendre les autorités tchadiennes qui ont pris toutes les précautions pour pulvériser une infiltration par la Libye, avec l'aide précieuse de la France et grâce à l'achat récemment de plusieurs avions de chasse qui viennent compléter la flotte aérienne de l'armée tchadienne.

Belmokhtar aurait-il un projet de déstabilisation contre le Tchad ?

Le chef djihadiste algérien pourrait tenter de déstabiliser le Tchad en passant par la frontière tchado-libyenne et en s'infiltrant par le désert.

Moctar Belmokhtar est aussi surnommé "Monsieur Marlboro" pour ses trafics de cigarettes. Son ombre plane-t-elle sur le Tchad sachant que le 16 février dernier, la douane mobile tchadienne a interceptée deux véhicules chargés de tonnes de cigarettes. Les véhicules ont été interceptés entre Faya et Zouar, dans le nord du pays. Plusieurs cartons de cigarettes ont été saisis. Les trafiquants ont reconnus que les marchandises proviennent de la Libye, un pays en désarroi. Simple coïncidence.

Si tchadiens et français se sont disputés sur la paternité de la mort de Belmokhtar, ces derniers doivent désormais collaborer ensemble, l'un pour défendre son territoire et l'autre pour empêcher que l'Afrique centrale s'écroule sous la menace terroriste.
 
Début février, le président tchadien Idriss Deby a accepté l'extension de la base militaire française. Le nouveau redéploiement de la présence militaire française concerne le renforcement de l'effectif au Tchad avec trois cents nouveaux soldats avec une extension au nord du pays. Il s'agit de renforcer la présence militaire à Faya et de créer une nouvelle base à Zouar. Avoir un œil vigilant sur ce qui se passe au Sud libyen pour prévenir toute tentative de déstabilisation de la ceinture africaine frontalière, tel est l'objectif de la nouvelle stratégie française. La France est impliquée directement dans trois conflits importants: la Libye, le Mali et la Centrafrique. Si dans les deux premiers, l'intervention s'est bien passée, en Centrafrique, les soldats français sont montres de doigt dans les atrocités de la milice chrétienne antibalaka contre la communauté minoritaire musulmane. 

"Les services de renseignements tchadiens et français le savaient bien avant les médias que Belmokhtar se trouve en Libye. Dans tous les cas, tout a été anticipé pour contrer un projet de déstabilisation du Tchad, avec ou sans lui (Belmokhtar)", souligne un responsable tchadien du ministère de la Défense.

 La tête est mise à prix par Washington
L'ex-allié d'Al Qaïda est aussi recherché par les Etats-Unis et sa tête est mise à prix pour pour cinq millions de dollars. Washington le considère comme « l’un des plus dangereux terroriste du Sahel ». Récemment, Washington annonçait l'envoi d'une équipe de 15 soldats du corps de l’élite de l’armée américaine au Tchad. officiellement, ils doivent être déployés dans le parc national de Zakouma, afin de former les forces locales à la lutte contre le braconnage. D'autres sources pensent que des forces spéciales américaines seront discrètement déployés au pays de Toumaï. L'hypothèse d'une traque se dessine, à l'exemple de celle de Joseph Kony, leader de la LRA.


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 Le plan de l'armée française

Ce n'est pas pour rien qu'Idriss Déby se réjouit du maintient de Jean-Yves Le Drian au ministère de la Défense dans le nouveau gouvernement français. En effet, celui-ci, qui tutoie désormais Déby est devenu un interlocuteur important. Il ne rate pas l'occasion de rencontrer Déby lors de ses séjours privés en France ou en se déplaçant à N'Djamena. Le temps presse et il faut coordonner pour la stratégie sachant que le Tchad abritera le siège d'un nouveau dispositif élaboré par la France et qui va « répondre au défi de la zone grise du sud libyen, où de nombreux combattants djihadistes se sont retranchés après l’opération Serval au Mali.»

Environ 3000 soldats français seront basés en permanence à Gao, Niamey et N'Djamena principalement. La France va s'appuyer sur trois bases principales dans les zones : Gao, Niamey et N'Djamena. Le port d'Abidjan servira d'appui logistique. la France a informée les USA a travers une visite du ministre français de la Défense, début janvier à Washington.

Plusieurs menaces et zones à risques

En plus du risque libyen, le Tchad n'est pas à l'abri de la menace et des répercussions de Boko Haram, de la partition de la Centrafrique, du cas des ex-Séléka qui s'éparpillent, de l'insécurité galopante ; En essayant de résoudre un problème frontalier, une autre brèche s'ouvre ; "le Tchad joue à tape marmotte", lâche un responsable.

Le Tchad, défaillant en matière de communication, se taille une mauvaise réputation et doit agir face aux "campagnes médiatiques" qu'il ne cesse de dénoncer ; En Egypte, de nombreux personnes sont arrêtés ces denières semaines, tentant de faire passer des armes, la plupart sont présentés comme des tchadiens ou soudanais sur les chaines de télévisions. Au Cameroun, un haut gradé de la police accuse l'armée tchadienne de collaborer avec le groupe terroriste Boko Haram. En Centrafrique, la population n'est pas prête de pardonner au Tchad d'avoir ouvert la fameuse "ligne rouge", engendrant le coup d'Etat de l'ex-Séléka et le début d'interminables exactions contre les civils. En Libye, on jure que ce sont des tchadiens qui ont tenté de défendre le régime de kadhafi. Un peu plus loin, en Irak, le Premier ministre Al Maliki accuse le Tchad d'avoir ouvert les portes du mal et dénonce des mercenaires d'origine tchadiennes qui tentent de déstabiliser son pays.

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