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AFRIQUE

Les pays de la CEMAC en conformité avec le programme du FMI, selon Abbas Mahamat Tolli


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 26 Juillet 2018 modifié le 26 Juillet 2018 - 19:33


Le président du Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli, à l’occasion de la deuxième session ordinaire du CPM, a animé hier, mercredi 25 juillet, dans l’amphithéâtre de la BEAC, une conférence de presse relative au contexte économique et financier particulier de la zone CEMAC.

Dans sa déclaration liminaire, Abbas Mahamat Tolli a fait un bref rappel du contexte économique actuelle de la CEMAC, le point sur la mise en œuvre des mesures de redressements de la position extérieure des pays de la CEMAC et le point sur les décisions de politiques monétaires adoptées.

Le CPM de la BEAC a pris connaissance des perspectives macroéconomiques au niveau international sur des prévisions qui tablent sur une accélération de l’activité mondiale avec un taux de croissance économique qui devrait s’établir à 3,9% en 2018 et 2019, contre 3,8% en 2017. Ces prévisions permettent aussi d’enregistrer un redressement des cours des principaux produits exportés par les pays de la CEMAC et la poursuite de la normalisation des politiques monétaires des pays industrialisés, à l’exception du Japon.

Selon le président du CPM, les prévisions pour l’année 2018 se sont fondées au niveau sous-régional sur une remontée des cours de brut, une révision à la hausse de la production pétrolière, une baisse prononcée de l’investissement public et une reprise modérée des activités du secteur non pétrolier. Il a indiqué que le taux de croissance économique en termes réels se situerait à 2,5% en 2018, le taux d’inflation s’établirait à 1,6% en 2018, contre 0,9% un an plus tôt, en dessous de la norme communautaire de 3%, le solde budgétaire (dons compris) deviendrait excédentaire à 0,5% du PIB en 2018, contre un déficit de 3,3% en 2017 et le déficit extérieur courant (dons inclus) s’établirait à 4,3% du PIB en 2018, contre 4,0 % l’année précédente.

Le taux de couverture extérieure de la monnaie augmenterait à 60,7% en 2018, contre 57,5% en 2017, et les réserves en mois d’importation des biens et services se situeraient à 2,6 mois, contre 2,7 mois en 2017.

Abbas Mahamat Tolli a souligné qu’en tenant compte des perspectives macro-économiques de la sous-région et après examen des différents facteurs influençant la stabilité monétaire et financière dans la CEMAC, le CPM a décidé de maintenir inchangé entre autres, le taux d’intérêt des appels d’offre à 2,9%, le taux de pénalité aux banques à 7% et le taux de rémunération des réserves obligatoires à 0,05%.

Une éventuelle dévaluation de CFA est balayée d’un revers de la main par le CPM. « Je voudrais vous rassurer une fois de plus qu’il n’y a absolument aucun risque à l’effet que nous connaitrons une dévaluation. Tous ce que les pays font aujourd’hui dans le cadre de mesures qui avaient été prises en décembre 2016 à Yaoundé visent à éviter tout ajustement monétaire dans la conjoncture actuelle. C’est à cela que nous travaillons. Il n’y a aucun indicateur qui pourrait laisser croire qu’il y aurait une dévaluation dans la zone CEMAC », a martelé le président CPM.

Le président du Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli. Alwihda Info/D.W.
Le président du Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli. Alwihda Info/D.W.
S’agissant de la conformité des pays de la CEMAC au programme du Fonds Monétaire International (FMI), le président du CPM a affirmé que les pays de la zone CEMAC inscrivent leur action dans ce cadre pour permettre d’assurer une sortie ordonnée de la crise. « Nous avons cinq pays de la CEMAC qui sont en programme et le sixième va passer le 30 juillet en programme c’est-à-dire le dossier sera examiné par le conseil d’administration du FMI. Il y a quelques années, personne, à part la RCA n’était au programme. C’est déjà un effort. La RCA a validé trois revues ce qui veut dire qu’elle a confirmé sa conformité avec les indicateurs de performance ou les mesures préconisées dans le cadre de ce programme. La plupart de pays ont soit validé une première revue ou une deuxième est soit sur le point d’être examiné au cours des prochaines réunions de FMI », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le CPM de la BEAC a décidé, entre autres, de la suppression des taux aux Trésors Nationaux, en cohérence avec les nouvelles dispositions statutaires, d’une facilité marginale de prêt à un taux de 4,70%, en remplacement du taux des prises en pression et une facilité de dépôt à un taux de 0,0%, en remplacement du taux d’intérêt sur placement à 7 jours.