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ANALYSE

Medias : le magazine français, « l’Express » complètement déphasé de la situation du Congo


Alwihda Info | Par Fidèle ZONGUELA, analyste politique - 22 Décembre 2014 modifié le 22 Décembre 2014 - 15:08

Dans un filet publié sur son site, le 18 décembre 2014, «l’Express», a choisi de relayer le mensonge facile de quelques politiques français sur le Congo, en alléguant comme par plaisir qu’en République du Congo, d’une part, « des infrastructures et des services publics [sont] en mauvais état » et en relevant, d’autre part, « de fortes inégalités dans la répartition des revenus pétroliers».



«Qui n’a pas enquêté n’a pas droit à la parole », un dicton qui sied dans le jargon de la presse mais, que l’Express a feint d’ignorer. Supposé être sérieux, l’Express s’est malencontreusement choisi une place parmi les quelques occidentaux qui même sans y avoir été, savent décrire par cœur et avec une aisance déconcertante, tout le mal qu’ils connaissent de l’Afrique. Ce genre de jugement par préférence suscite quand même des interrogations, quand il vient de la presse.

On chercherait trop longtemps et trop loin la réponse si l’Express n’était pas français. Car, il est évident que la France de François Hollande n’a pas encore engrangé du succès à partir d’un événement malheureux survenu à Brazzaville. Il reste que la recherche effrénée du succès en Afrique ne suffirait pas pour justifier que le Congo et son chef soient présentés comme boucs-émissaires des malheurs intérieurs en France.

Loin de faire le bilan – de l’utilisation des «revenus pétroliers » pour lesquels les occidentaux ont toujours fait tuer les Africains et donc les Congolais –, il est, cependant, important de signaler à quelques ignorants de l’Afrique qui s’alignent derrière les politiques pour la déstabiliser que ce continent accuse du retard, surtout les pays colonisés par la France.

Pour ce qui est du Congo, deux moments essentiels méritent d’être rappelés, à savoir la période post indépendance et les lendemains de la parenthèse de sang vécu en 1997.

Quand les médias français, relaient les critiques imbibées de mauvaise de foi de leurs dirigeants contre le Congo, ils ne se souviennent nullement de l’état dans lequel leur pays l’a laissé, même s’il y avait un embryon de l’administration qui travaillait dans des taudis. Car, la France a colonisé le Congo avec un arrière plan : ne rien y bâtir de durable, parce qu’elle ne devait pas y demeurer. Et cela transparait à travers la comparaison d’avec la manière dont l’Algérie qui a été considérée comme une région française, a été bâtie.

Il est évident que les infrastructures léguées au Congo par le colon ne peuvent être, aujourd’hui, qu’en mauvais état, même si l’Express refuse de le dire.

Le stade digne de ce nom construit à Brazzaville dans les années 60, l’a été avec la coopération chinoise, alors que le pays colonisateur n’a laissé qu’un terrain d’éducation physique et sportive (EPS) pour les élèves, pompeusement débaptisé « stade Eboué ». L’usine de textile dont disposait le Congo dans la même période est le fruit de sa coopération avec la Chine. Capitale de la France libre, la ville de Brazzaville, ne comptait pas dix rues bitumées au moment où le colonisateur quittait le pays.

Pourtant, les Congolais se sont employés à donner à leur pays l’image d‘un Etat en construction. Ce sont ses fils, entête desquels Denis Sassou N’Guesso qui ont offert au pays ses premières infrastructures dignes de ce nom. De même que les efforts des Congolais ont permis, pour la première fois, pendant la décennie 80, la construction d’une route qui a relié Brazzaville, la capitale, à la partie nord du pays.

Ce n’est pas l’Express qui va ignorer l’importance de l’infrastructure routière dans le développement d’un pays en développement comme le Congo.

Ce tableau non complet des efforts des Congolais pour la construction de leur pays après les colons a été hélas assombri en 1997, avec une guerre qui fit du Congo un vaste champ de ruines. Ce que cet organe de presse français n’a pas, c’est que le rôle que le groupe français Elf a joué lors de ce conflit a été très négatif, voire criminel. Au début de la décennie 2000, le Congo n’est pas encore sorti de cet engrenage.

Mais, progressivement, le gouvernement a mis les bouchées doubles, pour rendre le pays plus attractif aux yeux des investisseurs et des partenaires. N’en déplaise aux médias français, au sortir des ces événements malheureux, le Congo a financé sa reconstruction, son développement sans appui extérieur.

Ce que l’Express et ceux qui comme lui ignorent c’est que quand un chef d’Etat français arrive au pouvoir, il n’a pas de souci sur la construction des routes, d’hôpitaux ou de même des bureaux des administratifs.

Or, parce que le colon français n’avait rien laissé ou presque, le Congolais qui arrive à la tête de l’état doit à la fois régler ces problèmes tout en pensant à la situation sociale de ses compatriotes.

En affirmant de façon péremptoire que les revenus pétroliers sont mal répartis en République du Congo, l’Express ignore que le budget du Congo repose à plus de 70 pour cent sur ces revenus. En d’autres termes, la répartition des revenus pétroliers ne se fait pas comme une distribution des sacs de riz ou de sel, à chaque citoyen, mais à partir des actions qui profitent à tous les Congolais, telles que les infrastructures qui sont bâties sur l’ensemble du pays.

Le Congo est parmi les premiers pays en Afrique central à avoir décidé de la gratuité des antirétroviraux pour les personnes atteintes du Sida. Les soins de santé des enfants de 0 à 17 ans souffrant de paludisme sont gratuits, sur l’ensemble du territoire congolais, où les femmes accouchant de césarienne bénéficient d’un kit gratuit dans les hôpitaux.

Depuis le début de l’année 2014, le relèvement de la valeur du point d’indice du traitement salarial des agents de l’Etat est effectif. Cette valeur est passée de 200 à 225 avec la promesse d’atteindre 250 en 2015 et 300 en 2017. Cela signifie augmentation progressive du salaire. C’est ainsi que se fait la répartition des revenus pétroliers au Congo.

Evidemment, personne ne dira, même pas au sein du gouvernement, que le Congo est déjà un pays développé. Par contre, il n’est pas honnête de ne pas prêter attention à ce qui se fait, à l’image de l’aéroport Maya Maya à Brazzaville, la future université de Kintélé dont les travaux avancent à pas de géant, et à ces 18 000 kilomètres de routes bitumées, telles que la route Pointe-Noire-Dolisie-Brazzaville, dont l’inauguration est prévue en 2015, sans oublier la route d’intégration sous régionale qui relie le Congo au Gabon à partir du département de la Cuvette-Ouest, mise en service, le 15 décembre dernier, etc.

Denis Sassou N’Guesso disait dans une interview accordée à Paris Match, cet autre journal français, le 19 décembre 2013 qu’«…il existe encore des tensions sur fonds de pauvreté (en Afrique), mais il y a cette lueur d’espoir car tous les indices montrent que, sur le plan économique et social, l’Afrique se redresse…»

A l’évidence, tout le monde au Congo, comme en France, d’ailleurs, n’aura jamais un même niveau de vie, parce que tous les fonctionnaires, pour ne prendre que cet exemple, n’auront jamais le même salaire.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce filet de l’Express a, en tout cas, l’ère d’une dépêche cachée, qu’il a clandestinement publiée, parce qu’il ne réunit pas tous les critères. Il participe plutôt à l’intox dont l’objectif est de susciter au Congo, une insurrection qui pourrait, par la suite, être maîtrisée avec l’aide d’une intervention française. C’est le modus operandi désormais bien connu de la France. Ainsi le tableau sera complet pour le succès de l’autre qui rêve, pour ce but-là, la propagation du cas burkinabé en Afrique, qu’il appelle de tous ces vœux.








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