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AFRIQUE

Procès Jean Marie Mokoko : l’accusé persiste dans le mutisme, après l’examen des scellés


Alwihda Info | Par Olive Jonala - 8 Mai 2018 modifié le 8 Mai 2018 - 22:55

Jean Marie Michel Mokoko est revenu à la barre ce mardi 8 mai 2018, deuxième jour de son procès. Devant la cour, l’accusé a le silence.


Jean Marie Mokoko devant la barre, à la deuxième journée du procès.
Jean Marie Mokoko devant la barre, à la deuxième journée du procès.
Le statu quo a demeuré à la deuxième journée du procès de jean Marie Mokoko .Ni la projection de la vidéo qui dévoile son plan du coup d’état visant la déstabilisation des institutions républicaine au Congo, ni la présentation des armes et munitions de guerre récupérées à son domicile ne l’ont sorti du silence.

Avant la projection de cette vidéo, le premier président de la cour d’appel de Brazzaville a précisé qu’au cours de la première audition devant le juge d’instruction, l’accusé avait avoué « reconnaître cette vidéo et affirmé que cette affaire avait été réglée en famille. »

Après cette projection, l’accusation a relevé certaines séquences dans lesquelles l’accusé authentifiait le document et reconnaissait que cette rencontre avait été organisée par Moudilou et ses acolytes. Selon l’accusation, Jean Marie Michel Mokoko avait déclaré, lors de l’instruction : «Ce n’était pas un discours préparé, mais improvisé. Oui, c’est bel et bien moi qui ai prononcé ce discours. Je reconnais que je me suis fait manipuler par Moudilou et ses acolytes… », fin de citation.

Le ministère public attend un expert militaire devant la barre pour donner la nature de chaque arme et munition saisies lors de la perquisition au domicile de l’accusé.

A l’ouverture du procès, le 07 avril 2018, la cour a donné lecture de l’arrêt de renvoi et de l’acte d’accusation. Ce dernier document a mentionné, entre autres, l’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, l’appel à l’insurrection pour déstabiliser les institutions congolaises, la détention illégale d’armes et munition de guerre, …

Réagissant à cette lecture, l’accusé qui disait ne pas vouloir parler a toutefois fait valoir ce qu’il a appelé son immunité juridictionnelle : « je suis détenteur d’un décret qui m’octroie l’immunité juridictionnelle… je ne suis poursuivable devant aucune juridiction de la République», a-t-il déclaré. Il a nié les faits qui lui sont reprochés, en tentant de contester point par point le rapport de l’accusation. Puis, il se ravise, visiblement sur la base des consignes de ses avocats, pour décider de ne plus répondre à une seule question de la cour.

Du côté de la cour, le président a fait observer que «les questions d’immunité auraient dû être traitées depuis le début de la procédure … » Le procureur de la République près cette cour a d’ailleurs rappelé au président que la cour criminelle n’a aucune compétence de traiter de la question de l’immunité… », parce qu’elle a déjà été résolue par la Cour suprême.

Face au refus du débat par l’accusé, le premier président de la cour d’appel de Brazzaville, a considéré que cette attitude comme un «outrage à la justice », en relevant que la cour ne peut pas être à la remorque de l’accusé. Il a également promis que son institution tirera toutes les conséquences.

A noter que, le procès suspendu avant la fin de l'après-midi, reprendra ce mercredi 09 mai 2018.