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AFRIQUE

Projet CAB-Congo : l'exécution harmonieuse des chantiers impactés négativement par la Covid-19 en 2020


Alwihda Info | Par Chiris Exaucé Marsala - 8 Janvier 2021

La coordination nationale du Projet Central African Backbone (CAB) composante Congo a mis tout en œuvre pour mettre en musique sa feuille de route 2020. La rétrospective de l’année fait ressortir que, suite à la Covid-19, les jalons ont été, difficilement, posés pour aller vers la concrétisation de la volonté des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEMAC de réduire la fracture numérique et d’interconnecter les pays de la Communauté ; mission assignée à ce projet.


Les Télécommunications, un secteur porteur pour le Congo.
Les Télécommunications, un secteur porteur pour le Congo.
L’an 2020 aura été une année difficile dans l’histoire de l’humanité. La crise sanitaire mondiale due à la pandémie à coronavirus n’a pas épargné le projet central African Backbone (CAB), tant le fonctionnement intégral que la mise en œuvre des chantiers ont été impactés négativement.

Plusieurs chantiers, inscrits en axes de travail de 2020 ont connu des perturbations énormes, ralentissant ipso facto le rythme des travaux prévus au titre de cette année, tels : l‘achèvement des travaux de construction du réseau d’interconnexion en fibre optique Congo-Cameroun, le lancement des travaux du réseau d’interconnexion en fibre optique Congo-RCA, la poursuite des études devant favoriser la construction du Data center national et bien d’autres chantiers en lice. Malgré ce contexte pénible de cette pandémie, quelques activités ont, bon an mal an, connu une exécution.

Il sied de noter, d’emblée, que 2020 au projet CAB a été marquée par la nomination de Michel Ngakala, autrefois conseiller Backbone audit projet, en qualité de nouveau coordonnateur national. Remplaçant à ce poste Yvon Didier Miehakanda dont le contrat était arrivé à expiration, Michel Ngakala a été installé dans ses fonctions par le Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique, Léon-Juste Ibombo, le 31 mars 2020.

Changement de manager mais poursuite des mêmes challenges, avec pour finalité digitaliser au maximum le Congo. Pour y parvenir il fallait puiser dans la solidarité des ressources nécessaires pour faire face à la menace grandissante de la pandémie à covid-19. Des élans du cœur ont été manifestés, à l’instar de la société China Communications services international (CCSI). En effet, la CCSI, à travers son directeur général au Congo, Leo Zhao Lihong, avait remis, afin de lutter contre la Covid-19, au ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique, les 16 et 17 avril 2020, les masques de protection et gants médicaux. Ce don a, parmi tant d’autres gestes, facilité le travail du personnel restreint du ministère en charge des télécommunications pendant le confinement.

La feuille de route 2020 : poursuite de l’interconnexion des Etats et construction du Datacenter

Le 5 mai 2020, s’est tenue la réunion du comité de pilotage du projet CAB, sous le patronage du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique Léon-Juste Ibombo, laquelle a adopté le budget exercice 2020 dudit projet, évaluée à la somme de 15 milliards de Francs CFA, ainsi que les documents favorisant le fonctionnement du projet, conformément aux procédures définies par la Banque Africaine de développement (BAD), notamment le rapport d’activité 2019, le plan de travail du budget annuel du CAB et le plan de passation des marchés.

L’autre fait marquant de l’année 2020 au projet CAB aura été la mission de suivi et d’évaluation des travaux de construction du réseau sous régional en fibre optique qui reliera le Congo avec le Cameroun, conduite par le coordonnateur national du projet, Michel Ngakala L’objectif de cette mission, effectuée dans le département de la Sangha, du 26 juin au 02 juillet 2020, était d’évaluer l’état d’avancement de la phase pilote et le niveau d’exécution des travaux de construction des shelters de ce réseau. Cette délégation du projet CAB avait, en outre, visité la zone neutre située au village Ntam, précisément à la frontière entre le Congo et le Cameroun.

Exécution des travaux d’interconnexion Congo-Cameroun-RCA dans le respect des riverains et de l’environnement

En vue de régler tous les différends qui surgissaient déjà entre le maître d’ouvrage et les populations riveraines, un Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) a été élaboré par la BAD. Ce plan consiste à indemniser les populations riveraines en cas de dommage causé par l’emprise de la route pendant la construction du réseau. C’est dans cette optique que le Coordonnateur national du projet CAB avait procédé à la mise en place d’un comité de gestion des plaintes des ouvriers et des populations riveraines. C’était le 29 juin 2020, au cours d’une réunion à Ouesso.

Le Coordonnateur national du Projet CAB avait, en outre, entretenu les populations riveraines du village « Paris », le 29 juin, pour régler une plainte relative à un incident survenu pendant l’exécution des travaux. Les ouvriers de l’entreprise CCSI avaient détruit les orangers et les manguiers sauvages d’un groupement de femmes autochtones.

Ce différend entre la société CCSI et les riverains fut résolu à l’amiable, par le paiement d’une somme forfaitaire, conformément au Plan de Gestion Environnemental et Social (PGES). Une cérémonie sobre a été organisée à cet effet en présence du Secrétaire général de ce village et des populations locales. Par la même occasion, les membres du projet CAB avaient fait quelques dons aux enfants et aux responsables dudit village.

Respect des normes environnementales conformément aux prescriptions de la BAD

De pareils travaux causent souvent des impacts environnementaux tels que l’excavation et le franchissement des zones habitées, la destruction des champs et des forêts, etc. Aussi peuvent-ils entraîner les érosions du sol, la pollution du sol et de l’eau, la perte de la végétation, du bruit, de la poussière et la production des déchets solides et liquides.

Dans cette perspective, la BAD avait prévu, dans son PGES, le volet environnement du Projet CAB, en vue d’atténuer les impacts dus aux changements climatiques et à la dégradation de l’environnement. Ainsi, pendant la visite des travaux de la phase pilote du tronçon de deux kilomètres de ce réseau, une observation a été faite à la société CCSI concernant les pointes des érosions qui commençaient à se créer à cause du compactage du sol mal fait.

La cérémonie du lancement des travaux de construction du réseau d’interconnexion en fibre optique reliant la République du Congo et la République du Cameroun, a eu lieu le samedi 8 août 2020, à Ntam, localité frontalière, dans le département de la Sangha, grâce à l’appui financier de la Banque Africaine de Développement (BAD).

L’évènement s’est déroulé sous le patronage du Ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, Léon-Juste Ibombo, qui avait à ses côtés le représentant du gouvernement camerounais, Mohamadou Saoudi, Secrétaire général près le ministère des Postes et des télécommunications du Cameroun, représentant la ministre camerounaise des Télécommunications et le représentant de la BAD au Congo.

L’acte symbolique marquant le lancement de ces travaux de construction du réseau d’interconnexion en fibre optique Congo-Cameroun a été la pose de la pierre par le ministre congolais en charge des télécommunications et par le secrétaire général près le ministère des Postes et des télécommunications du Cameroun.

Cet acte symbolique traduit la matérialisation de l’ambition des chefs d’Etat de la CEMAC exprimée en 2007 à Ndjamena au Tchad, lors de leur sommet ordinaire. Au cours de ce sommet, les chefs d’État et de gouvernement de la communauté avaient émis le vœu de briser la fracture numérique en interconnectant les pays de la sous–région, par le biais de la fibre optique et en offrant l’emploi aux jeunes. Au total, la construction de ce réseau a généré près de 2000 emplois, essentiellement pour la main-d’œuvre locale, matérialisant, ainsi, l’ambition du chef de l’État congolais contenue dans son programme « La Marche vers le développement ».

La construction de ce réseau implique la pose de 347 km de fibre optique de 72 brins, la pose de 705 km de Tube PEHD, la pose de 347 km de grillage avertisseur, la pose de plus de 350 chambres L3TV, la fourniture, l’installation et la configuration des équipements actifs de transmission de type OSN 9800, la fourniture, l’installation et la configuration d’un système de télésurveillance avec cameras IP, pour la surveillance centralisée des sites techniques, la fourniture, l’installation et la configuration des équipements d’énergie, la mise en place d’un système d’alimentation électrique hybride pour l’ensemble des six sites ». Il est aussi prévu, dans le cadre de ce chantier, la mise en place d’un système de gestion et de monitoring de l’ensemble du réseau.

Le coût global des travaux de construction de ce réseau s’élève à 6.676.791.141 francs CFA, répartis comme suit : Génie civil 4.845.761.240 de francs CFA et l’équipement 1.831.029.901) FCFA. Ces travaux se réalisent avec le concours de la Banque Africaine de Développement (BAD).

Il faut dire que le projet d’interconnexion avec le Cameroun, exécuté par le ministère des Postes des télécommunications et de l’économie Numérique via le projet CAB, est le deuxième mis sur pied en République du Congo après celui ayant débouché sur l’interconnexion du pays avec le Gabon, en décembre 2017. Les travaux du réseau Congo-Cameroun en cours d’exécution prendront d’ici fin juin 2021.
Prorogation du Projet CAB-Congo

Autre fait ayant marqué l’année 2020 au sein du projet CAB, la réunion de suivi et d’évaluation qui a permis de faire le bilan d’étape du projet, organisée par visioconférence par la Banque Africaine de Développement, potentiel bailleur dudit projet, sous la houlette du ministre en charge des télécommunications et de l’économie numérique, Léon Juste Ibombo.

Initialement prévue en juin 2021, la fin du projet CAB a été prorogée en fin 2022, en raison du contexte difficile marqué par la pandémie à coronavirus Covid-19. Ce prolongement de délai se justifie par le fait que le projet CAB avait connu un grand ralentissement de ses activités à cause des restrictions causées par la Covid-19. Ce qui a conduit les experts de la BAD à décider du prolongement du projet et la poursuite de ses activités en cours de réalisation, notamment les travaux d’interconnexion en fibre optique Congo-Cameroun, le lancement des travaux de l’interconnexion Congo-RCA, la construction du Data center, le soutien aux institutions nationales et l’élaboration du Plan national stratégique Congo digital 2025.

Élément phare et le backup du projet CAB, la construction du centre des données numériques national appelé encore DATA CENTER a connu un ralentissement dans les études, à cause de la pandémie à coronavirus. Déplorant le retard constaté au niveau de ces études de faisabilité, le ministre Léon-Juste Ibombo a rassuré l’opinion nationale et internationale quant à la reprise de ces études.

Lancement des études stratégiques du plan nationale du numérique

Le 4 décembre 2020, le Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’économie numérique, Léon-juste Ibombo, au cours d’un atelier, avait procédé au lancement des études du Plan national stratégique digital 2025.

Ce projet de la stratégie nationale numérique est né de la volonté du chef de l’Etat congolais, Denis Sassou-N'Guesso, de placer la transformation numérique comme vecteur d’un développement humain inclusif et permanent. Objectif de cette stratégie nationale du numérique : améliorer l’avenir de la population et booster le développement du secteur de communication de haute qualité, propice aux affaires.

Aussi, la République du Congo veut-elle tout mettre en œuvre pour accélérer la digitalisation de ses administrations. Ce rêve du chef de l’Etat ne pourra se réaliser que si le pays parvient à développer son économie numérique. Ce progrès passe par des études relatives au Plan de Gestion stratégique « Congo Digital 2025 », qui sera conçu par le cabinet SOFRECOM et ses partenaires IDATE et SATEK.

Cette stratégie repose sur 3 piliers, à savoir :

· Le E-citoyen : services et contenus numériques pour le grand public ;

· Le E-gouvernement : services et contenus numériques pour le gouvernement et les administrations publiques ;

· Le E-business : services et contenus pour les entreprises.

Les livrables attendus de cette étude sont :

· Dresser un bilan objectif et factuel de la maturité de l’écosystème de la digitalisation du gouvernement au Congo ;

· Élaborer le plan directeur de mise en œuvre des orientations stratégiques, avec les modèles économiques associés ;

· Réaliser les études de faisabilité des fondements de l’administration digitale ;

· Définir le plan des mesures d’accompagnement visant à renforcer les capacités de l’écosystème de l’administration congolaise à accueillir les projets/initiatives de digitalisation.

Il faut déduire

Tout compte fait, en plus du contexte particulier marqué par la pandémie à coronavirus, l’année 2020 a été tant bien que mal dominée par des fluctuations au sein du projet CAB. Les travaux de construction du réseau Congo-RCA ainsi que la construction du data center courant 2020 seraient peut- être très avancés, mais hélas, tel n’a pas été le cas. Malgré ces flottements, l’an 2021 sera marqué par le lancement des travaux de ces ouvrages. Par ailleurs, la BAD a bien évalué et rallongé le projet CAB, dont les activités devraient s’arrêter normalement en juin 2020 ; preuve suffisante que le ministère en charge des télécommunications via le projet CAB a été un bon élève de 2017 à 2020 !