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ANALYSE

Quelle est la valeur résiduelle politique des apparatchiks centrafricains


Alwihda Info | Par Jean-Gualbert Togba - 19 Mars 2014 modifié le 19 Mars 2014 - 22:14


Par Jean-Gualbert Togba

La Centrafrique, souffle douleur d’un lobby de gangsters institutionnels nationaux et internationaux au sein d’un front commun qui ne dit pas son nom dont le but recherché est la mise en pièce détachée de ce pays à leur profit. Une situation chaotique qui profite d’abord aux hommes politiques centrafricains qui trouvent dans ce désordre un moyen de subsistance politique. La Centrafrique est devenue le PQ où tout le monde vient se torche à volonté.
 
Dans ce pays d’eternel recommencement, à force de jouer la même partition de la médiocrité et de l’irresponsabilité, la cécité des hommes politiques centrafricains révélée par la récente crise dont ils sont les principaux investigateurs a fini par entrainer la faillite de l’Etat centrafricain, chose normale d’autant plus que la tête étant pourrie, entraine de facto tout le reste du corps. Mais seulement doit on continuer a passé en perte et profit tous ces crime constatés et avérés ? Cet état de fait demande un traitement d’une exemplarité exceptionnelle afin de stopper l’hémorragie et le proxénétisme politique qui devient la règle et le mode de gouvernance.
 
Une classe politique qui s’efface quand il s’agit de défendre l’intérêt national, ignorée par les autorités françaises lors de leurs balais incessants sur le sol centrafricain, dans leur propre maison sans que cette attitude n’ait suscitée aucune réaction des suppos. C’est la révélation de la faillite de tout un système. Une classe politique à bout de souffle en fin de période et obsolète. Une usure constatée et consommée à ce jour et qui ne fait l’ombre d’aucun doute au vu des résultats visibles et des observations des faits. Incapable d’occuper l’espace publique, de se faire entendre parce qu’ils n’ont rien à dire ni rien à dénoncer, incapable de susciter un débat d’intérêt national, incapable d’animer la vie politique centrafricaine, incapable de faire des propositions convaincantes. Une classe politique qui rechigne à admettre la réalité dans sa pertinence mais continue de vouloir exister au delà de toute carence. Résultat de course, la France ne la juge pas crédible et décide de mettre un vent. Quelle honte !
 
L’enlisement de la France dans une curieuse attitude dans cette crise centrafricaine devant la montée en puissance de l’insécurité où les milices et les fractions de milices sont presque reconnues comme une troisième force officielle mandatée, côtoyant les forces de la Sangaris et des MISCA dans une convivialité surprenante.
 
A cette allure, se sont ces groupes milices qui finiront par désarmer les Sangaris et les MISCA, d’autant plus que l’assurance y est de la part des milices et l’affairisme gagne les forces contributrices au désarmement.
 
Le détournement de l’objectif de la mission de la MISCA se transformant en société de gardiennage des VIP, la protection des particuliers et des biens privés moyennant une très forte somme d’argent au détriment du désarmement des groupes armés, de la protection de la population et le rétablissement de l’ordre public national perturbé.
 
Pendant que Sangaris peine encore à se forger une mission sur le sol centrafricain à défaut du désarmement, dans une opération floue et incohérente. A cela s’ajoute un encouragement à la prostitution chez les jeunes filles par toutes les forces d’intervention en place qui ont délaissé leur mission au profit du sexe et jettent l’opprobre et l’immoralité sur une société centrafricaine à reconstruire, déversant son contingent de MST (Maladie Sexuellement Transmissible).
 
On comprendra aisément le bafoue ment, l’enlisement et la volonté de perdurer la crise centrafricaine par la collégialité de tous les acteurs en présence, pour des intérêts hétéroclites et divers au grand dam du peuple centrafricain régulé par la misère, il est le souffle douleur d’un système, des prédateurs tous azimuts.
 
En face de cette cacophonie où la France s’illustre en eternel patriarche pour circonscrire la Centrafrique comme sa chasse gardée et décourager d’autres convoitises, l’absence d’un ou des homme(s) politique centrafricain(s) influent(s) et charismatique(s) pour animer le débat politique et défendre l’intérêt national se fait sentir. A ce jeu, la France a encore de beaux jours devant elle en Centrafrique. Des hommes politiques qui assistent en spectateurs et occupent inutilement l’espace politique, laissent faire, allant jusqu'à porter main forte dans la déstabilisation des institutions en s’alliant avec des groupes armés pour prendre le pouvoir par la force des armes. Les hommes politiques centrafricains sont-ils encore garants de la démocratie et des institutions de la République ? Le contraste est saisissant.
 
D’une manière unilatérale, la France prend des décisions et impose sa volonté sans consultation vu le délabrement de la classe politique censée représenter le peuple, défendre les intérêts nationaux et l’intégrité territoriale. Une intrusion coloniale qui trouve sa raison d’être dans l’effacement de la classe politique défaillante à tous les niveaux et comme le monde a horreur du vide, cette situation profite à la France qui occupe l’espace politique centrafricain, décide du présent et du future de la Centrafrique comme il décidait de son passé sans que cela gène ni pose un problème de conscience et d’étique à la classe politique centrafricaine qui considère comme normal la conduite et l’attitude de la France en Centrafrique, comme un territoire français administré par des suppos politiciens nationaux. Ce qui ne va pas sans conséquences :
 
La France décide de qui doit conduire la transition et sous son autorité, avec ses objectifs à elle. Il ne s’agit pas d’un problème de personne mais une question de fonds. De l’emprise de la puissance coloniale qui continue d’exercer une pression anormale sur l’appareil étatique.
 
Elle fabrique une feuille de route sans concertation et à sa dimension sans tenir compte de la préoccupation de la population.
 
Elle décide de quel type de gouvernement à mettre en place. Les décideurs français ont voulu éviter les hommes politiques sans vergogne et ont décidé d’un gouvernement de technocrate en pleine crise dans un contexte de quasi guerre. Chose absurde.
 
La France décide que les FACA soient mises à l’ écart du processus de désarmement et ne soient pas armées quand on sait que les éléments constituant les FACA ne sont pas tous des abroutis et des pourris.
 
L’hégémonie française en Centrafrique n’a jamais été aussi si visible et grotesque. Toujours déshabiller les pays dits pauvres comme la Centrafrique pour améliorer son économie. Plus mal la Centrafrique se porte, mieux vaut pour la France, le manque pour l’un comble le déficit économique de l’autre. Une épine à enlever afin de soulager et de donner une marge de manœuvre politique au prochain locataire du palais de la Renaissance, une gouvernance téléguidée depuis l’hexagone même
 
si l’existence d’une telle politique française ne date pas d’aujourd’hui, celle-ci prend une ère assez particulière à cette heure de la rupture, du renouveau et de la reconquête de la souveraineté nationale.
 
La classe politique centrafricaine doit se forger une raison, un sursaut impétueux impulsif de nature à dynamiser l’environnement politique centrafricain qui présente tout compte fait, un bilan moins que nul en dessous de zéro. Une négativité qui explique la médiocrité des apparatchiks centrafricains en fin de cycle de vie politique dont la population n’a aucun bon souvenir des actes politiques positifs posés. Ce qui soulève la problématique de la mise au carreau de ces apparatchiks pour faillite. De cette façon, c’est forcer leur recyclage et d’une certaine manière, la décongestion afin d’aérer l’espace politique et faire de la place à des gens consciencieux, de véritables professionnels pour donner une dimension politique dans l’attitude à conduire les affaires publiques et sortir le pays du marasme.
 
Jean-Gualbert Togba