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ANALYSE

Référendum constitutionnel : La violence et le boycott, seules stratégies de l’opposition pour dissuasion des congolais


Alwihda Info | Par Sam Lebel konrad - 6 Octobre 2015 modifié le 6 Octobre 2015 - 14:29

Le référendum sur le projet de nouvelle constitution est convoqué pour le 25 octobre 2015. Ainsi en a décidé le gouvernement congolais, au cours de son conseil des ministres du 5 octobre. L’opposition donnera-t-elle un chèque en blanc à ce projet de loi gouvernemental ? Elle qui est habituée à boycotter ira-t-elle plus loin que le boycott ? la question suscite déjà des interrogations dans l'opinion congolaise.


Référendum constitutionnel : La violence et le boycott, seules stratégies de l’opposition pour dissuasion des congolais
Dans moins 20 jours, les Congolais tourneront peut-être une page de leur histoire, avec la convocation du référendum constitutionnel, dont la campagne électorale débutera le 10 octobre prochain.

Alors que certains partis et associations politiques se préparent à battre campagne pour le oui ou pour le non, une question sur fond d’inquiétudes, traverse les têtes des Congolais.

En effet, depuis 2002, date de la relance du processus électoral au Congo, l’opposition congolaise qui se veut radicale a toujours résolu de dire non au rendez-vous des urnes, excepté l’Upads (Union panafricaine pour la démocratie sociale) qui jouait à la modération pendant, en prenant régulièrement part aux scrutins qui ont été organisés dans le pays. Quand les radicaux appelaient au boycott, l’Upads optait judicieusement de participer aux élections, sous peine de se voir disparaître de l’échiquier politique national.

Membre de l’Ard (Alliance pour la République et la démocratie), l’Upads a quitté cette alliance quand Mathias Dzon, qui la présidait a qualifié de « mal élus », les députés de l’Upads issus du scrutin législatif de 2012. Il a rejoint le même Mathias Dzon dans une autre alliance dite Front pour respect de l’ordre constitutionnel et le respect de l’ordre constitutionnel (Frocad) sans avoir effacer au préalable son différend avec « son leader ».

Sauf l’Upads, donc tous les partis de l’opposition radicale en tête desquels l’UPRN de Mathias Dzon sont plus prompts à boycotter qu’à participer aux élections. Prenant le peuple pour leur « propriété privée », ces partis radicaux et ceux qui avaient rejoint la majorité comme par effraction avant de dévoiler leur vraie nature (d’opposants), se sont toujours opposés comme à leur habitude à ce que la parole soit donnée au peuple souverain pour dire si oui ou non, il voudrait d’une nouvelle constitution. Tous ces partis formant un conglomérat sans leaders et sans base programmatique de gouvernance, seront-ils en mesure d’entendre raison comme le recommandent les ambassadeurs occidentaux à Brazzaville qui demandent à tous les acteurs politiques de s’impliquer pour une participation massive aux scrutins à venir ?

Déjà, en dépit des appels répétés de l’administration électorale, ils ont demandé à leurs sympathisants de refuser l’enrôlement sur les listes électorales, dont la révision s’est achevée la semaine dernière.

Les Congolais se demandent et s’inquiètent parce que depuis 2002 le boycott ne leur a jamais profité. Ils en sont conscients. Et après leur meeting du 27 septembre dernier, ces partis ont pensé que le peuple congolais se résumerait à leurs militants et quelques curieux présents au Boulevard Alfred Raoul ce jour là. Ainsi, ils pourront bien tenter de réaliser une autre de leur stratégie : la violence qui transparaît toujours dans leur discours : « nous allons nous sacrifier », disent-ils régulièrement, pour annoncer des actions de désobéissance civile non prévues dans le texte fondamental en vigueur dans le pays.

Obnubiléé par ce que les médias occidentaux désignent par la « révolution Burkinabè » qui a coûté le départ de Blaise Campaoré du pouvoir en octobre 2014, l’opposition congolaise, en panne d’argument contre le référendum constitutionnel serait tenter d’organiser des actions violentes pour espérer faire reculer le pouvoir.

Non seulement tous les orateurs lors du meeting du 27 l’ont unanimement déclaré, mais aussi sur les réseaux sociaux, la logique de la violence a déjà pris corps à travers des messages tendant à troubler même la quiétude de leurs propres sympathisants. La présence dans ces sympathisants des anciens leaders de milices et d’anciens combattants, démobilisés ou non, pourrait galvaniser à tort ces nihilistes pour s’attaquer aux forces de l’ordre, jusqu’à créer des incidents dont les conséquences sont toujours déplorables pour le pays

Pour eux ce serait un piège tendu au pouvoir qui sera forcé de ramener l’ordre là où il sera troublé, s’exposant ainsi aux critiques de la communauté internationale qui apparaît souvent dans ce contexte comme le parrain des fauteurs de trouble.

Une chose est sûre, les Congolais ont, devant ce genre de leaders et d’actions, l’attitude d’un chat échaudé qui craint de l’eau froide. Ils veilleront à ce que leur droit civique, celui de voter pour ou contre une nouvelle constitution de leur pays, ne soit pas privé par des politiques incapables de les convaincre avec les mots. Ils ne souscriront pas à cette démarche politique qui a de fortes chances de tirer le pays par le bas.

D’ailleurs le Congo n’est pas le Burkina Faso qui n’avait jamais vécu les affres de la guerre. L’on se souviendra qu’en 2014 la tentative de marche de l’opposition au boulevard Alfred Raoul n’avait donné aucun résultat probant et les manifestants, confondant tout sur leur passage, ont pris à tabac même les journalistes ayant couvert l’événement. Une démarche tout a fait contraire aux principes démocratiques dont ils dénoncent les violations dans tous les meetings populaires et sur les ondes des médias étrangers.



participantEn s’agira d’aller aux urnes pour se prononcer par voie référendaire sur l’adoption oui ou non du projet de loi portant loi constutionnel. Les dés étant déjà pipés, il reste à savoir si les partis de l’opposition resteront sur la même longueur d’onde qu’auparavant où toutes les initiatives proposées par le pouvoir n’ont eu qu’un dénominateur commun : le nihilisme absolu.

Alors, face au projet de loi constitutionnel du gouvernement quelle stratégie l’opposition mettra-t-elle en branle pour tenter de séduire ses militants et sympathisans ? La réponse à cette question semble simple comme bonjour, en faisant une lecture objective de l’échiquier politique congolais depuis les dialogues de Dolisie et Sibiti en passant par Brazzaville. Les deux options à faire valoir, sans doute, trouveront leur justification dans la violence et le boycott. Le contraire étonnerait le commun des congolais, à plus d’un titre.