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ANALYSE

Réussite au Tchad : De la consommation ostentatoire à l'investissement patriotique


Alwihda Info | Par Temandang Gontran - 30 Janvier 2026


À N'Djamena, le triptyque « Villa-Voiture-Mariages » définit encore le statut social. Pourtant, pour une jeunesse diplômée de plus en plus nombreuse, ce modèle est perçu comme un égoïsme économique qui stérilise les capitaux au lieu de créer des usines ou des services.




  À N'Djamena, comme dans le reste du Tchad, le triptyque « Villa, Voiture, Famille » reste le symbole de la réussite. Cependant, face à l’augmentation du chômage des jeunes, cette vision axée sur l'autosuffisance est de plus en plus contestée. La véritable réussite pourrait-elle être mesurée non par ce que l'on possède, mais par ce que l'on crée pour autrui ?

 

Le Mirage du Confort Personnel

  Pour de nombreux Tchadiens, le parcours vers le succès est bien défini : obtenir un diplôme, décrocher un emploi (souvent dans le secteur public ou les organisations internationales), acquérir une maison spacieuse et un véhicule tout-terrain. Une fois ces étapes franchies, une certaine léthargie s’installe, transformant le "réussi" en simple consommateur.
 
Au lieu de réinvestir leurs revenus dans des secteurs capables de générer de l'emploi, une part de l’élite économique privilégie les loisirs éphémères et les charges sociales, comme les mariages multiples. Ce constat est amer pour la jeunesse, qui observe cette fuite de capitaux vers le paraître.

 

« L'Argent Circule, mais Il Ne Travaille Pas »

  Djorwé, un jeune diplômé en géographie, exprime son amertume face à ce manque d'ambition entrepreneuriale. Il explique que l'aisance financière ne s'accompagne pas souvent d'une volonté de créer de l’emploi : « Certaines personnes ont de l'argent, mais préfèrent mener une vie de luxe. S’ils investissaient, cela profiterait aussi aux autres. »

 
Cette situation révèle une réalité structurelle : l'absence d'une culture d'investissement productif. Dans un pays où le sous-développement est omniprésent, chaque franc dépensé dans des plaisirs temporaires est perçu par les jeunes diplômés comme une opportunité d'emploi perdue.


 

L'Entrepreneuriat : Un Devoir Patriotique

  Face à la montée des jeunes diplômés, le gouvernement tchadien, malgré ses efforts, ne peut absorber tout ce flux. C'est ici que le secteur privé devrait jouer un rôle clé, guidé par ceux qui disposent d'un capital.
 
Anicet partage cette vision d'une réussite plus sociale. Pour lui, le salaire ne doit pas être une fin, mais un levier : « Avec un bon emploi, nous devrions avoir l'ambition de créer. Mais ce n'est pas la pensée de tous. »

 
Pour que le Tchad innove et se transforme, un changement de paradigme est essentiel. La "pierre à l'édifice" évoquée par la jeunesse doit s'incarner économiquement.


 

Vers une Nouvelle Vision de la Réussite

  Réussir au Tchad demain ne se mesurera peut-être plus à la possession d’une villa ou d’une voiture de luxe, mais à la capacité de dire : « Grâce à mon investissement, dix jeunes Tchadiens ont un emploi et une dignité. » Ce défi appelle à troquer le luxe ostentatoire contre l’audace de bâtir un avenir meilleur.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)