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AFRIQUE

Soudan : les confessions de l'ex-président El Béchir aux enquêteurs


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 12 Mai 2019 modifié le 12 Mai 2019 - 14:02

"Il ne fait aucun doute que pendant les 30 années de mon pouvoir, il y a eu des zones sombres. Il y a ceux qui ont profité et d'autres ont été lésés", a déclaré l'ancien président soudanais aux enquêteurs de la justice qui l'ont interrogé.


L'ancien chef de l'Etat soudanais, Hassan Omar El Béchir. © DR
L'ancien chef de l'Etat soudanais, Hassan Omar El Béchir. © DR
Le Président déchu Omar al-Béchir a reconnu les charges retenues contre lui par le ministère public en vertu des articles 5,6" de la Loi sur les changes et de l’article 35" de la Loi sur le blanchiment de capitaux, rapporte un journal soudanais. Deux jours après sa chute, une équipe dirigée par le procureur de la sûreté de l’État et les forces armées ont perquisitionné la résidence du Président Omar El-Béchir. Ils mis la main sur une grandes quantité de devises étrangères et de monnaie locale qui s’élevait à plus de six millions d’euros, 351 millions de dollars et cinq milliards de livres soudanaises.

El-Béchir a reconnu sa responsabilité même s'il estime que l'affaire de l'argent retrouvé impliquait d'autres personnes. Il a dit qu'il ne pouvait pas nier sa responsabilité dans la mauvaise gestion du pays parce qu'il était le chef de l'État. "Il ne fait aucun doute que pendant les 30 années de mon pouvoir, il y a eu des zones sombres. Il y a ceux qui ont profité et d'autres ont été lésés", a déclaré l'ancien président soudanais aux enquêteurs de la justice qui l'ont interrogé.

L'ancien dirigeant qui semble ne pas s'être remis de son état psychologique, a commenté son renversement et les conditions ayant conduit à cela. Il regrette de ne pas avoir eu beaucoup plus tôt une bonne lecture de la situation et d'avoir minimisé l'ampleur de la rue. Toutefois, il accuse son entourage et nommément son directeur des renseignement généraux, Salah Gosh. Il a avoué que son entourage lui fournissait des  informations totalement erronées de nature à le rassurer.

Le procureur et les enquêteurs travaillent désormais sur d'autres pistes pouvant impliquer d'autres hauts dignitaires de l'ancien régime.

Dans le même ordre d’idées, le journal a indiqué que le ministère public avait accepté d’enquêter sur El-Bashir au sujet de son prétendu coup d’État contre le gouvernement en 1989.

El-Béchir qui est autorisé à recevoir quotidiennement les journaux de la place semble bien informé. Il se dit surpris par la circulation de certaines informations à son encontre comme l'utilisation de la force pour disperser les manifestations, le blanchiment d'argent et les détails sur son renversement. Il dit avoir empêché l'utilisation de la force contre les manifestations et affiche sa surprise de voir que les mêmes qui ont utilisé la force contre les manifestants deviennent aujourd'hui les héros de la nation.

L'ex-président incarcéré reconnaît néanmoins les effets négatifs de la longévité du pouvoir et regrette de n'avoir pas pris la bonne décision d'une transition à la jeunesse. Dans une autre déclaration rapportée, El-Béchir a reconnu que le coup d'Etat a eu lieu avec son consentement pour éviter au pays un sort dramatique et que ses "amis militaires" ont violé l'accord.