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AFRIQUE

Soudan : les dernières heures avant la chute du président Omar El Béchir


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 29 Avril 2019 modifié le 29 Avril 2019 - 08:13


© Eric Gaillard Source: Reuters
© Eric Gaillard Source: Reuters
Le 9 avril 2019, les manifestations de rue s'intensifient pour demander la démission du président Omar El Béchir et de son Gouvernement, accusés notamment de corruption et de mauvaise gestion des ressources de l'Etat. Après plusieurs tentatives sans résultats pour disperser les manifestants, le président El Béchir a demandé le 9 avril à l'armée d'intervenir par la force pour disperser les manifestants. L'état-major des armées a déconseillé au président l'utilisation de la force. Il s'est tourné vers le commandant de la Force de soutien rapide, le Général Himetti pour exécuter la mission. Celui-ci, qualifié de grand rusé, a promis au président d'encercler la ville de Khartoum et d'occuper toutes les institutions avant d'utiliser la force contre les manifestants.

Pendant ce temps, l’homme d’affaire russe du nom de Boffigini Burosine, dirigeant d'une société internationale installée à Khartoum, proche d’un certain Boufigini connu sous le nom de cuisinier de Poutine, a monté un plan pour venir à bout des manifestations et ouvrir un dialogue avec les manifestants. Le plan consiste en premier lieu à propager des informations dans les mosquées et les hôpitaux selon lesquelles les manifestants sont contre l'Islam.

La société russe a proposé au Gouvernement d'ouvrir un dialogue avec les leaders des manifestants dans le but de les diviser. Elle a aussi entrepris une campagne mensongère selon laquelle Israël apporterait son soutien aux manifestants. Il était question après cette campagne de désinformation d'utiliser la force le soir du 11 avril 2019.

Mis au parfum de cette stratégie par le président, le Général Himetti a alerté le conseil de sécurité soudanais qui s'est réuni d'urgence dans la nuit du 10 avril. Après consultions, le conseil a décidé de démettre le président El Béchir afin d'éviter un bain de sang.

Une délégation de trois trois officiers supérieurs de l'armée a été envoyé au président pour lui faire comprendre la décision du conseil de sécurité soudanais. Avant d'aller le rencontrer, ils ont changé le contingent qui assure la sécurité du Palais présidentiel. Aussi, tous les moyens de communication du président ont été brouillés. 

Arrivés au domicile du président, El Béchir était entrain de prier. Ils l'ont attendu puis lui ont transmis le message, en lui assurant que rien ne lui arriverait et que c'est seulement une stratégie pour calmer la rue. La réponse du président : Que Dieu vous bénisse.