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AFRIQUE

Soutien de l'UE au Sahel : un renforcement de la sécurité intérieure mais des progrès lents


Alwihda Info | Par APO - 15 Juin 2018 modifié le 15 Juin 2018 - 00:44

Les missions de l'UE au Sahel ont contribué à renforcer les forces de sécurité intérieure au Niger et au Mali, mais les progrès ont été lents en raison de conditions difficiles et du manque d'efficience opérationnelle, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne.


LUXEMBOURG, Luxembourg -- Les missions de l'UE au Sahel ont contribué à renforcer les forces de sécurité intérieure au Niger et au Mali, mais les progrès ont été lents en raison de conditions difficiles et du manque d'efficience opérationnelle, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne.

Dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune, l'UE mène des missions civiles au Niger et au Mali consistant en des activités de formation et de conseil ainsi qu'en la fourniture de matériel afin de renforcer les capacités des forces nationales responsables de la sécurité intérieure. Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) planifie et gère les opérations; la Commission en exécute les budgets. Les montants des fonds alloués au Niger pour la période 2012‑2017 et au Mali pour la période 2014‑2017 se sont respectivement élevés à 69 millions d'euros et à 66 millions d'euros.

«L'insécurité dans la région du Sahel en Afrique de l'Ouest est préjudiciable au développement des pays qui en font partie et aux intérêts de l'Union européenne», a déclaré Mme Bettina Jakobsen, Membre de la Cour des comptes européenne responsable du rapport. «Les missions de l'UE au Niger et au Mali ont joué un rôle important, mais les progrès en matière de renforcement des capacités des forces chargées de la sécurité intérieure ont été lents et limités.» Les auditeurs ont constaté que le personnel affecté aux missions n'avait reçu ni orientations appropriées sur le plan pratique ni, dans le cas de l'EUCAP Sahel Niger, formation préalable au déploiement sur le terrain. Le SEAE et la Commission n'ont pas apporté un soutien suffisant et ont recouru, dans certains cas, à des procédures non adaptées aux conditions sur le terrain.

Les auditeurs ont décelé des insuffisances concernant l'efficience opérationnelle des missions de l'UE. Ces insuffisances étaient dues à une combinaison de facteurs, à savoir le mandat de deux ans délivré aux missions et l'annualité des budgets, lesquels ne favorisent pas la planification à moyen ou à long terme, ainsi que le nombre élevé de postes vacants. Selon les auditeurs, même si les missions ne sont pas destinées à devenir des organes permanents, il n'existe aucune stratégie de sortie claire.

Les missions se sont préoccupées de la question de la durabilité, mais sans grand succès. Cela a résulté non seulement du manque d'appropriation de la part des pays concernés, mais aussi du fait que les missions n'ont pas consacré les ressources nécessaires pour assurer la durabilité et le suivi des formations dispensées et du matériel fourni.

Les auditeurs estiment que les missions ont pâti du caractère peu satisfaisant des indicateurs de performance et que ces dernières n'ont pas assuré un suivi et une évaluation adéquats de la réalisation des tâches. Les analyses d'impact réalisées par le SEAE n'étaient pas liées au suivi et à l'évaluation.

Les auditeurs formulent un certain nombre de recommandations à l'intention du SEAE et de la Commission européenne, à savoir:

•             prendre des mesures visant à améliorer l'efficience opérationnelle des missions;
•             augmenter le taux d'occupation des postes affectés aux missions;
•              établir des mandats et des budgets qui correspondent aux opérations et prévoir une stratégie de sortie;
•             mettre davantage l'accent sur la durabilité;
•             améliorer les indicateurs, le suivi et l'évaluation.