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REPORTAGE

Tchad : Abéché, principale porte d'entrée du recouvrement des recettes de l'Etat


Alwihda Info | Par Abba Issa Fressou - 16 Juillet 2019 modifié le 16 Juillet 2019 - 22:07


Le Ouadi de Mourra à 45 km d'Abéché, au Ouaddaï. © Alwihda Info
Le Ouadi de Mourra à 45 km d'Abéché, au Ouaddaï. © Alwihda Info
Carnet de voyage. Abéché est l'une des provinces du Tchad qui fait entrer une centaine de millions de Francs CFA par semaine. Au Ouadi de Mourra, village de la sous-préfecture d'Amlayouna, situé à 45 km d'Abéché, les images parlent d'elles-mêmes.

Cependant, le Ouadi est devenu une barrière pour tout engin. Pour traverser le Ouadi, il faut absolument négocier avec les responsables en charge du passage qui se sont organisés en collectif.

Pour le franchir, il faut payer 5000 FCFA avant d'avancer. Vous recevez des indications des passeurs sur la conduite à tenir ainsi que la vitesse à respecter tout au long de la traversée. On vous demande d'adopter un certain maniement du véhicule, puis de rouler au milieu de ceux qui sont dans la marre pour ne pas tomber dans un trou.

Le Ouadi de Mourra à 45 km d'Abéché, au Ouaddaï. © Alwihda Info
Le Ouadi de Mourra à 45 km d'Abéché, au Ouaddaï. © Alwihda Info
Toutefois, si la voiture s'enfonce, on la tire pour la faire traverser sachant que vous allez devoir débourser 5000 FCFA de plus à ceux qui sont de l'autre côté de la rive.

Lorsque la voiture d'un chauffeur se bloque au milieu de la rive, les bras valides exigent une somme colossale de 100.000 à 200 000 FCFA pour fournir leur assistance, au risque que la voiture ne soit emportée par les eaux. La négociation ne dépasse pas 5 à 10 minutes.

Le Ouadi de Mourra à 45 km d'Abéché, au Ouaddaï. © Alwihda Info
Bon à savoir, ce Ouadi est devenu un manque à gagner pour l'État et une opportunité pour les jeunes de la localité de se faire l'argent. Ce n'est pas tout, les femmes ne sont pas du reste. Elles construisent des petits hangars tout autour avec de la restauration afin d'accueillir les voyageurs bloqués par le Ouadi.

Attention ! Quand il commence à pleuvoir, le Ouadi se remplit et les voitures sont garées pour une durée de 3 à 4 heures de temps pour les plus chanceux, voire 2 à 3 jours.

Il serait judicieux que l'État pense à la population de cette localité en construisant un pont.