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Tchad : Le procureur met en garde "ceux qui pensent défier la loi"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 28 Décembre 2018 modifié le 28 Décembre 2018 - 15:50



Le procureur de la République, Youssouf Tom a fait un point de presse ce vendredi 28 décembre au Palais de justice, en présence du directeur général de la Police nationale, Tahir Erda Tahiro et du directeur des droits de l'Homme au ministère de la Justice, Abdelnasser Garboa.

"Des images vidéos montrent des individus en train de torturer un citoyen du Tchad, cela a conduit à sa mort. Il est vrai, ce sont des faits qui se sont produits depuis le 12 décembre mais ni la justice, ni la police n'ont été informées", a expliqué le procureur de la République.

Selon les informations recueillies par la justice, le 12 décembre, la victime aurait été soupçonnée de vol au domicile des auteurs de l'acte de torture. Les auteurs des faits ont arrêté la victime pour l'introduire dans leur domicile et la torturer. Ils l'auraient gardé chez eux pendant six jours. Lorsque son état sanitaire s'est dégradé, ils l'ont prise pour la déposer dans les locaux du groupement mobile d'intervention de la police (GMIP). Toutefois, le commandant du GMIP a refusé de prendre en charge la victime car son état de santé s'est dégradé. Il leur a intimé l'ordre d'aller la soigner.

Les auteurs des tortures ont réintroduit la victime dans leur domicile où elle aurait passée six jours. "Quand son état ne tenait plus, ils l'ont prise pour l'a ramener au GMIP où ils ont même fait une décharge. Le commandant du GMIP a refusé de recevoir la victime dont l'état de santé s'était dégradé. Je dirais mourant. Il leur a intimé l'ordre d'aller le déposer à l'hôpital. Ils auraient pris la victime et l'ont déposée dans un rond-point de la ville pour l'abandonner, en lui mettant un billet de 1000 Francs dans la poche et un comprimé", selon les explications du Procureur.

La police de proximité a recueilli la victime le 23 décembre et l'a déposée à l'Hôpital de référence où elle est décédée. "A cette date, j'ai été informé. Nous avons instruit les forces de sécurité afin de retrouver absolument les acteurs de cet acte. Ça été fait, la même nuit, l'homme chez qui l'acte s'est produit a été arrêté dans le cadre de l'enquête, par les éléments du peloton spécial de la gendarmerie. La procédure a été enclenchée. On a instruit à ce qu'absolument on retrouve les autres personnes qui ont contribué à torturer la victime. A la date du 27 décembre, le procès-verbal a été clôturé. La première personne arrêtée à été déférée à la justice", a révélé Youssouf Tom.

© Alwihda Info
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L'action publique a été déclenchée contre l'un des auteurs qui a été incarcéré à la maison d'arrêt. D'après le procureur, "ces gens ont eu le culot de filmer leur victime et de narguer l’autorité de l’Etat pour poster la vidéo sur les réseaux sociaux. Cela a été pour nous un indice car les auteurs de cet acte sur la vidéo ont été reconnus." Des mandats d'amener ont été délivrés et remis aux forces de l'ordre, hier, jeudi 27 décembre, contre trois autres présumés complices des faits. Ils ont été arrêtés ce matin. 

"Ces 4 personnes doivent répondre de leurs actes devant la loi puisque les faits de tortures sont prohibés par nos textes. Le Tchad étant un Etat de droit, il n’y a pas de raison qu’au 19ème siècle, des individus, des citoyens et surtout des fonctionnaires de l’Etat puissent perpétrer de tels actes à l’endroit de leurs semblables. On ne peut plus tolérer cela, que ça cesse. Que tous les citoyens tchadiens sachent que nous sommes dans un Etat de droit et qu’on ne peut pas admettre de telles bassesses, de telles barbaries. La barbarie appartient au passé", a mis en garde le procureur de la République, Youssouf Tom.

© Alwihda Info
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Selon lui, "tous ceux qui tomberont sous le coup de la loi vont subir sa rigueur. Il ne faut pas qu’on se prenne pour le nombril du monde pour penser que nous pouvons avoir le droit de vie sur les autres, de leur donner la mort, ou de disposer de leur vie comme on veut. Tous les citoyens tchadiens sont égaux devant la loi. Nul n’a le droit d’administrer un traitement inhumain et dégradant à son prochain. Les autorités judiciaires sont là, la police judiciaire est là, la justice est là, même si c’est un présumé voleur, vous devez le remettre à la police pour que justice soit faite. Si vous pensez que vous êtes forts chez vous, que vous pouvez être des justiciers chez vous, vous aller tomber sous le coup de la loi et vous allez subir la rigueur de la loi. L’ignorance de la loi n’est pas une excuse. Il faut que ca cesse. Ce message s’adresse à tous les citoyens tchadiens qui pensent qu’ils peuvent encore défier l’autorité de la loi".