POINT DE VUE

Tchad : circulation d'armes et cas de violences, un échec du désarmement ?


Alwihda Info | Par Martin Higdé Ndouba - 3 Janvier 2022


Malgré de multiples opérations de désarmement au Tchad, les armes se retrouvent entre les mains d'hommes sans foi ni loi. À N'Djamena, les cas d’assassinats sont récurrents.


Malgré l’opération de désarmement et l’interdiction de port d’armes à feu ou blanche, les cas de meurtres restent monnaie courante au Tchad. Même si le ministre de la Défense, général Daoud Yaya Brahim, s'est félicité des 1309 armes récupérées lors d'opérations de fouilles, ce n’est qu’un trompe l’œil.

D’ailleurs, cette opération ne dure qu’un mois seulement et les propriétaires reprendront ensuite leurs armes. Comment peut-on assurer la sécurité d’une population dès lors que les forces de l’ordre ont peur de faire leur travail, où les uns sont intouchables et les autres sont contrôlés ? Si ce n’est qu’une manière de chapeauter le ‘’diable’’.

Loin d’être sur la liste des pays en tête des crimes organisés, la capitale tchadienne est gangrenée par la violence. Pour un oui ou non, ils font usage d’armes à feu ou blanche, parfois c’est des règlements de compte qui sèment une désolation au sein des familles et créant un esprit de vengeance.

Parfois, ces scènes de violence se passent devant les forces de l’ordre, sans que ceux-là n’apportent un secours aux victimes. Le plus étonnant, ce sont les attaques à main armés dans les domiciles de certaines personnalités. L’on se croirait dans un film d’horreur où le chef de bande fait sa loi. Pourtant, le refus de porter secours à une personne en danger est une contravention sanctionnée par le Code pénal et la déontologie du métier.

L’accès facile aux armes

Certains groupes ethniques sont armés et considérés comme proches du pouvoir en place. Le port d’arme pour eux est devenu une mode. C’est ce laisser-aller qui est aujourd’hui source de plusieurs cas de meurtres. Car ces semeurs de troubles n’ont rien à craindre, ni la justice ni la prison. C’est seulement au Tchad que la prison est définie comme « Bet Ana Roudjal », c’est qui signifie la maison des hommes.

Le plus marrant, certains cas de crimes sont encouragés par toute une ethnie. On parle de la réparation par les chefs de races pour calmer le cœur de la famille endeuillée avec l’application de la diya appelée "le prix du sang".

Il est facile de dire qu'au Tchad, certaines ethnies ont le monopole de la violence car c’est le seul langage qu’ils comprennent et usent. Face à cette situation, les autorités doivent agir sans parti pris. La justice doit faire son travail sans intervention de la hiérarchie et les semeurs de troubles purgeront leur peine sans aucune indulgence. Sans cela, on ne peut continuer à enterrer ses frères et sœurs au jour le jour, et les larmes ne finiront jamais de couler.

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