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POLITIQUE

Tchad : l'ambitieux projet de société du parti MERCI pour juguler les crises


Alwihda Info | Par Malick Mahamat Tidjani - 24 Février 2020


Tchad : l'ambitieux projet de société du parti MERCI pour juguler les crises. © Malick Mahamat/Alwihda Info
Tchad : l'ambitieux projet de société du parti MERCI pour juguler les crises. © Malick Mahamat/Alwihda Info
Le président du Mouvement pour l’égalité et le rassemblement des citoyens (MERCI), Amollah Toua Robert Globey, a estimé samedi que "la grande majorité des Etats de notre continent sont dans une régression économique sans précèdent".

Il s'est exprimé lors d'un point de presse visant à présenter la vision et le projet de société du MERCI, au siège du parti au quartier Atrone, dans le 7ème arrondissement de N'Djamena.

"La​ richesse insolente côtoie la misère crasse renvoyant à une dichotomie manichéenne de nos sociétés dites modernes. L’aisance extravagante d’une petite portion de l’humanité et la vulnérabilité du plus grand nombre traduisent à suffisance de l’impuissance des régimes politiques actuels en Afrique à garantir la justice sociale. Les inégalités sociales sont devenues criardes", a estimé le nouveau président du parti MERCI. 

Selon lui, ces inégalités "sont en passe de s’amplifier davantage si les modèles de gouvernance à l’œuvre ne sont pas des réponses. Elles sont l’une des causes des revendications et des contestations sociales parfois violentes à travers le monde. Cette situation interpelle de manière lancinante et urgente les dirigeants du monde. La survie d’un Etat, dans ce contexte international, dépend de la qualité de ses stratégies et des moyens de leur mise en œuvre. L’efficacité d’une stratégie s’évalue en fonction de son adéquation à la situation, la nécessité de faire préalablement un état des lieux."

Le Tchad face à une crise multidimensionnelle

Amollah Toua Robert Globey a souligné que "le Tchad traverse une crise multidimensionnelle qu’il faille comprendre, en mesurer l’impact et gérer efficacement pour le bonheur du peuple."

"Les systèmes sanitaire et éducatif tchadiens connaissent des déficits quantitatifs et qualitatifs à la fois infrastructurels, matériels et humains. Leurs résultants ne sont guère satisfaisants. Cette hypothèque du capital humain aura un impact durable sur notre avenir. Notre jeunesse est désespérée. Elle a perdu l’avenir. Désœuvrée, chômeuse et oisive, la jeunesse tchadienne sombre aujourd’hui dans l’alcoolisme, le sexe. La montée vertigineuse de l’incivisme, de l’intolérance, de la violence et du vol chez nos jeunes compatriotes est une contestation de l’ordre social. Elle est une menace à la quiétude des citoyens. Les conflits intercommunautaires et les tensions fréquentes entre agriculteurs et éleveurs remettent en cause l’idéal du vivre-ensemble et de la Nation tchadienne", a-t-il expliqué.

De l'avis du président national du MERCI, "la crise de la gouvernance, le rôle du cadre national du dialogue politique (CNDP) est questionnable, car le climat politique n’est pas encore apaisé. La faible représentativité de la gente féminine dans les hautes sphères de décision et au parlement est l’expression regrettable. La corruption, la concussion, le favoritisme, le clientélisme et le tribalisme sont en passe de s’ériger en normes de fonctionnement."

Une crise économique qui affecte toutes les couches sociales

Le Tchad vit une crise économique sévère qui affecte toutes les couches sociales. La forte dépendance des revenus pétroliers, la faible production agropastorale et la gestion dilapidatrice des recettes publiques constituent le véritable talon d’Achille de notre économie. Notre agriculture demande un soutien public conséquent. L’industrie embryonnaire est handicapée par la concurrence déloyale des importateurs et la faible quantité de l’offre énergétique, a énuméré Amollah Toua Robert Globey.

A cela s'ajoute la crise de l’environnement ou encore de gouvernance qui secouent le Tchad et ont un impact négatif considérable sur les conditions de vie des populations, a mis en garde Amollah Toua Robert Globey.

Juguler ces crises et bâtir un Tchad meilleur

Le projet de société de MERCI a pour but de "juguler ces crises et de bâtir un Tchad meilleur par la mise en œuvre des réformes sérieuses et efficaces", selon son président qui mise sur des réformes conformes à son idéologie, notamment sur le plan social, économique de la gouvernance et de l’environnement.

Par exemple, sur le plan social, la promotion de l’emploi aux jeunes reposera sur la professionnalisation des enseignements, le recrutement massif à la fonction publique, l’appui financier aux jeunes agriculteurs et éleveurs, et la création d’un fonds d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes citadins. Dans chaque université, un incubateur d’entreprises sera mis en place pour inciter les étudiants à l’entrepreneuriat.

Sur le plan de la gouvernance, le parti préconise des efforts à consentir pour assainir l’administration publique. "Les actes de clientélisme, de favoritisme, de népotisme ou de tribalisme seront reprîmes avec la dernière énergie. Un accent particulier sera mis sur la moralisation de la vie publique et l’éducation à la citoyenneté pour favoriser le vivre-ensemble, la préservation de l’intérêt public et la paix sociale", selon le parti.

Sur le plan économique, "l’offre énergétique sera accrue pour favoriser le développement industriel. Le climat des affaires sera assaini pour attirer les investisseurs étrangers. Des dispositions fiscales exceptionnelles seront appliquées aux entreprises nouvellement créées pour permettre de grandir", a détaillé Amollah Toua Robert Globey qui met en avant un projet de société ambitieux.