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Tchad : l’association ISTIFAK Anakaza alerte sur les dérives de la jeunesse du BET


Alwihda Info | Par Gontran Temandang - 10 Février 2026


​Les femmes de l’association ISTIFAK Anakaza ont échangé, ce 10 février 2026, autour des comportements jugés préoccupants de la jeunesse issue de la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET). L’objectif de cette rencontre était de sensibiliser les jeunes qui risquent leur vie dans l’exploitation aurifère ou ceux qui se lancent dans l’aventure migratoire sans véritable projet.


Dans une région marquée par des défis socio-économiques persistants, l’association, dirigée par Achta Gounda, a entamé une nouvelle phase de mobilisation en faveur de la jeunesse. Après quatre années d’existence, l’organisation souhaite renforcer ses effectifs afin de freiner l’exode des mineurs vers des activités périlleuses comme l’orpaillage.

Selon la présidente, malgré les efforts déjà consentis, notamment dans la lutte contre certaines dérives sur les réseaux sociaux et la gestion des amendes locales, de nombreux défis restent à relever, en particulier s’attaquer aux causes profondes des problèmes que connaît la région.

L’association ambitionne ainsi de renforcer ses actions dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sensibilisation. Pour la prochaine année scolaire, elle prévoit notamment le recrutement d’une dizaine d’enseignants vacataires, l’intégration de personnel soignant (infirmiers) pour répondre aux besoins médicaux de proximité, ainsi qu’une collaboration étroite avec les écoles coraniques dans une approche communautaire globale.

Le point le plus critique soulevé par les membres concerne la jeunesse. De nombreux mineurs abandonnent l’école pour tenter leur chance dans les zones aurifères, notamment vers le Soudan ou le Tibesti, à Kouri Bougoudi.

« Ils partent et ne reviennent avec rien. Personne n’a jamais construit une maison avec cet or. Au contraire, ils boivent de l’eau polluée par le mercure et reviennent malades, quand ils ne perdent pas la vie là-bas », a déploré Achta Gounda.

L’association souhaite mieux comprendre les mécanismes de ces départs massifs afin de pouvoir les prévenir. « C’est une perte humaine tragique pour notre région », souligne-t-elle.

ISTIFAK Anakaza entend désormais jouer un rôle de passerelle entre les populations démunies et les structures de développement, convaincue que l’engagement citoyen, lorsqu’il est structuré, demeure l’un des meilleurs remparts contre la précarité.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)