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REPORTAGE

Tchad : les "Docteurs Choukou" à l'ère de la lutte contre le Covid-19


Alwihda Info | Par Mahamat Abdramane Ali Kitire - 20 Avril 2020


Tchad : les "Docteurs Choukou" à l'ère de la lutte contre le Covid-19. © Mahamat Abdramane Ali Kitire/Alwihda Info
Tchad : les "Docteurs Choukou" à l'ère de la lutte contre le Covid-19. © Mahamat Abdramane Ali Kitire/Alwihda Info
Appelés communément "Docteurs Choukou", ces vendeurs ne sont pas des personnels de santé, ni des pharmaciens. Ils ne savent pas d'où viennent les produits qu'ils livrent, tandis que les mauvaises conditions de conservation accentuent un impact néfaste sur les utilisateurs.

Ces produits médicaux sont souvent achetés auprès des grossistes en face de l'hôpital de la mère et de l'enfant, au marché à mil, celui de Dembé et auprès de certains agents sanitaires publics chargés de la gestion des produits pharmaceutiques des hôpitaux.

Ces produits médicaux illégaux sont vendus dans les différents ronds-points de la capitale. Des jeunes élèves ou étudiants souvent sans emploi après les études, assis ou debout, derrière des tables pleines de médicaments, exposés en plein air, sous le soleil, à la merci de la poussière que soulève les va-et-vient des véhicules et des piétons pendant cette période de canicule due au Covid-19.

"Pendant cette période de Covid-19, la vente de nos produits médicaux est très difficile à cause du manque de clients qui craignent l'interdiction de vente des produits non alimentaires", explique un jeune "Docteur Choukou".

Tchad : les "Docteurs Choukou" à l'ère de la lutte contre le Covid-19. © Mahamat Abdramane Ali Kitire/Alwihda Info
Tchad : les "Docteurs Choukou" à l'ère de la lutte contre le Covid-19. © Mahamat Abdramane Ali Kitire/Alwihda Info
De l'avis du Docteur Choukou, Ernes Mbayom, actuellement les produits médicaux les plus achetés par les clients sont la chloroquine, la nivaquine pour le paludisme, et les cache-nez pour la prévention contre le Covid-19.

Mbayom précise qu'avant la période pandémique, la boîte de chloroquine et de nivaquine se vendait à 100fcfa. "Aujourd'hui, avec cette période, nous vendons la boîte de ces médicaments de 500 à 750 FCFA. C'est même inexistant chez certains vendeurs", dit-il.

"À l'époque, nous vendions le cache-nez à 50 FCFA. Dès l'apparition de la pandémie au Tchad, nous avons vendu à 100 FCFA. Aujourd'hui nous vendons à 250 FCFA, mais il est rare de trouver ces cache-nez médicalisés chez nos fournisseurs", selon les explications du vendeur.

Comme beaucoup d'autres vendeurs, Mbayom se dit conscient des risques qu'il prend à travers cette activité, et espère que la vie lui donnera la chance de s'affirmer dans d'autres métiers.