Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
TCHAD

Tchad: les rebelles s'enfoncent vers l'ouest avec la prise d'Am-Dam


Alwihda Info | Par - ҖЭBIЯ - - 15 Juin 2008 modifié le 15 Juin 2008 - 19:32


"Nous avons investi la ville à la mi-journée. Les troupes gouvernementales n'ont pas offert une grande résistance", a affirmé à l'AFP Ali Guadaï, porte-parole de l'Alliance nationale, joint par téléphone depuis Libreville.


Tchad: les rebelles s'enfoncent vers l'ouest avec la prise d'Am-Dam

Par l'AFP


N'DJAMENA (AFP) — Les rebelles tchadiens ont continué dimanche leur progression vers N'Djamena, prenant Am-Dam plus à l'ouest, dont l'importance est relativisée par les autorités qui estiment que les attaquants avides de "publicité" mènent des opérations dans des "localités dégarnies".

"Nous avons investi la ville à la mi-journée. Les troupes gouvernementales n'ont pas offert une grande résistance", a affirmé à l'AFP Ali Guadaï, porte-parole de l'Alliance nationale, joint par téléphone depuis Libreville.

"Notre objectif n'est pas de prendre des villes mais d'ôter les obstacles sur la route de N'Djamena. Nous n'allons pas rester. Notre objectif est N'Djamena", a-t-il poursuivi, affirmant qu'il ne pouvait fournir de bilan sur les combats.

Am-Dam est à 110 km au nord-ouest de Goz Beida, que les rebelles ont occupé quelques heures samedi, sur la route principale menant de Goz Beida vers l'ouest et vers N'Djamena à 600 Km.

"Les rebelles sont effectivement à Am-Dam mais c'est une localité où il n'y pas de garnison ni déploiement de troupes", a affirmé une source militaire tchadienne.

"Les rebelles évitent l'affrontement et font des sauts dans des localités dégarnies pour se faire une publicité médiatique", a commenté un officiel tchadien de haut-rang.

Un peu plus tôt, le chef de l'Alliance Nationale regroupant les diverses factions rebelles, le général Nouri, qui avait mené l'offensive sur la capitale en février, avait affirmé par téléphone à l'AFP que les rebelles étaient dispersés en plusieurs groupes et étaient en mouvement, rappelant que "l'objectif final était N'Djamena".

Des sources militaires tchadiennes affirmaient dimanche matin que des groupes rebelles avaient pris la direction de l'est et de la frontière soudanaise, ajoutant qu'il n'y avait pas de combats dimanche matin. La rébellion avait aussi confirmé l'absence de combats au cours de la matinée.

Les 2 et 3 février, la rébellion tchadienne avait mené un raid et atteint N'Djamena à la surprise générale, encerclant notamment le palais présidentiel et étant tout près de renverser le régime du président Idriss Deby Itno.

La rébellion a brièvement occupé samedi la ville de Goz Beida, située à 75 km de la frontière soudanaise et entourée de camps de réfugiés.

"L'objectif des rebelles était de faire du désordre et de la publicité. Cette guerre n'est pas une guerre de position mais une guerre de mouvement", avait estimé samedi Mahamat Hissène, le ministre de la Communication tchadien.

Les personnels humanitaires de la ville, dont une partie ont passé la nuit dans le camp de l'Eufor, la force européenne déployée dans l'est du Tchad pour protéger les populations civiles et réfugiés du Darfour, envisagent de reprendre leurs activités dans cette zone où vivent pas moins de 80.000 déplacés tchadiens et 36.000 réfugiés du Darfour.

"Aujourd'hui, on a l'impression que la ville est redevenue suffisamment calme pour que l'on puisse retourner y travailler", a déclaré Serge Malé représentant du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad, joint au téléphone à N'Djamena depuis Libreville.

"Beaucoup de pillages" ont eu lieu en particulier chez des organisations non gouvernementales (ONG) allemande et italienne, selon les autorités, qui parlent de véhicules volés et d'un garage brûlé.

M. Malé a aussi indiqué que "deux entrepôts contenant essentiellement des nattes, des bâches en plastique, des moustiquaires, mais pas de nourriture" avaient été pillés, ajoutant cependant qu'il était difficile de savoir s'il s'agissait de "rebelles ou d'autres personnes" ayant profité de l'anarchie.


Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 63205229 ; 66304389 ; 63415139 (Bureau N'Djamena)