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ANALYSE

Tchad : marché de Dembé où la loi des agents municipaux est "la meilleure"


Alwihda Info | Par Martin Higdé Ndouba - 20 Avril 2022

C'est le constat alarmant de ce spectacle qui ne fini pas de désespérer vendeurs et vendeuses.


Reconnaissables par leurs uniformes bleus, avec les lunettes toujours plaquées sur les yeux rouges et à la main un bâton pour quelques uns, les agents municipaux du marché de Dembé exigeraient selon plusieurs sources "aux vendeurs et aux vendeuses de débourser entre 50 et 250 FCFA de droit de place sans un ticket en retour".

Les vendeurs et vendeuses n'en reviennent toujours pas de la scène qu'ils ont vécu samedi 19 mars dernier. Un groupe mixte d'agents de sécurité a encerclé une partie du marché prétextant qu'elle est un repère des brigands. En réalité, expliquent des témoins, "c'était de la poudre aux yeux". Une descente qui a coûté les hangars aux vendeurs et vendeuses obligés depuis une semaine de pratiquer leurs activités en plein air.

Comme un "malheur ne vient jamais seul", ils sont encore obligés de s'acquitter des droits de places qu'ils n'occupent plus. Certaines vendeuses comme Halime affirment "payer pour conserver leurs places".

D'autres ne payent pas et sont prêts à se battre, explique Nina, vendeuse de pagnes. La semaine dernière, certains femmes sous l'effet de la canicule ont déversé leur colère sur les agents municipaux. Il a fallu l'intervention de la police à proximité du marche pour calme la tension.

Le rôle primordial des agents municipaux est de maintenir le bon ordre au marché, faciliter la circulation sur les allées du marché afin que les achats se passent dans la tranquillité, assurer la sécurité et la salubrité. Mais le constat est très amer car certains agents sont parfois en train de consulter le programme du PMU ou de causer.

La situation des commerçantes non sédentaires doit interpeller les maires des communes. Il faut une organisation au sein du marché car si le désordre s'installe, cela va encourager les pratiques d'escroquerie.

La suspension d'un agent municipal qui fait pleurer une femme n'est qu'une trompe l'oeil. La solution est d'avoir des agents bien formés afin qu'ils jouent efficacement leur rôle dans les marchés.



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