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Tchad : "nous sommes le seul pays où ce service n'est pas structuré", Ahmat Bedeï


Alwihda Info | Par - 6 Décembre 2022


Le conseiller national Ahmat Bedeï Toullomi a exprimé le 5 décembre le sentiment de "terreur" de la population face aux pratiques de certains agents de renseignement. Il a interpellé le ministre de la Sécurité publique, le général Idriss Dokony Adiker, au cours d'une plénière au Palais de la démocratie.


Le conseiller national Ahmat Bedeï Toullomi. © Malick Mahamat/Alwihda Info
Le conseiller national Ahmat Bedeï Toullomi. © Malick Mahamat/Alwihda Info
Ahmat Bedeï Toullomi juge nécessaire un cadrage des agents de renseignement pour plus de professionnalisme :
"Le travail de l'ANS, de la direction générale de renseignement militaire, des renseignements généraux, on est un peu confus. Nous sommes terrorisés tous les jours par ces agents. Nous sommes le seul pays où les agents de renseignement sont à visage découvert, où un individu qui se présente à vous pour vous dire : je suis de l'ANS, je suis chef d'antenne".

Le conseiller national déplore l'utilisation de l'appareil sécuritaire à d'autres fins :
"Toute la population de N'Djamena connaît exactement les véhicules des agents de renseignement et leurs immatriculations. (...) Comment se fait-il que même pour des histoires banales, les gens utilisent l'appareil sécuritaire pour espionner les uns et les autres ? Pour des règlements de compte politiques, on espionne les gens à travers l'ANS. Je connais une histoire, je dis la vérité : une personne qui demande en mariage une femme. Le père de la fille, avant de donner son accord, a utilisé l'ANS pour espionner exactement ce que fait ce Monsieur. Ça se passe ici dans ce pays".

Ahmat Bedeï Toullomi met également en garde contre l'utilisation des services de renseignement pour des règlements de compte :
"Pour des règlements de compte politiques, des conversations intimes entre des Hommes sortent sur les réseaux sociaux. Ça sort d'où ? Ça sort de vos agents, ceux qui sont chargés de l'écoute.

Vous voyez une personne dans la rue, elle vous regarde et elle rit. Vous ne savez pas pourquoi elle rit alors qu'elle est au courant de votre vie intime. Nous sommes le seul pays où ce service n'est pas structuré. Ailleurs, pour une population de 15 millions d'habitants, les 3 millions doivent être des agents de renseignement.

Le pire c'est que vous recrutez des analphabètes qui n'ont aucune capacité d'analyse. Ces analphabètes, pour des petits problèmes, mettent en difficultés le citoyen. Prenez vos responsabilités afin de moderniser ce métier qui est d'ailleurs noble".

Le conseiller Ahmat Bedeï Toullomi préconise au ministre de rappeler à l'ordre tous les agents, notamment en ce qui concerne les fouilles dans la rue.
Malick Mahamat
Coordonnateur de rédaction - Téléphones : +(235) 66267667 - 99267667 En savoir plus sur cet auteur



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