Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
TCHAD

Tchad : le fouet à l’école, un moyen de discipline qui crée de la psychose chez les enfants


Alwihda Info | Par Gloria Rone - 3 Février 2026



Au Tchad, l'utilisation du fouet et d'autres châtiments corporels reste courante dans les établissements scolaires pour punir les retards, le bavardage ou le manque de travail, malgré les efforts pour promouvoir des méthodes éducatives positives. Cette pratique trouvée normale par les enseignants, enlève le goût aux enfants de reprendre le chemin de l’école. Entre peur et panique, ces derniers n’ont pas d’autre choix que de subir.

Pour les enseignants, la méthode de fouet est utilisée afin de discipliner les élèves, mais cette pratique peut causer des blessures et des traumatismes, bloquant l'apprentissage par un stress important. « Nous n’utilisons pas le fouet dans le but de faire du mal aux élèves, mais c’est pour les recadrer et les discipliner. Cependant, certains enseignants exagèrent dans cette pratique en laissant des traces, parfois indélébiles aux enfants et ce n’est pas normal. Dans ce cas précis, ce n’est plus de l’enseignement, mais de la torture, explique Mbaiornom Elysée, un enseignant du primaire.

Malgré une apparente interdiction dans les établissements publics selon des rapports de 2014, la pratique n'est pas explicitement proscrite dans tous les textes, ce qui maintient son usage. Certains éducateurs justifient cette méthode au nom de la discipline, bien que des actions de sensibilisation soient menées pour passer à des méthodes positives. Le débat persiste entre la nécessité de maintenir une "discipline" traditionnelle et la protection des droits et de l'intégrité physique de l'enfant.

Pour Djeguedem Arnaud, un père de famille de 3 enfants, cette pratique doit être revue pour donner l’envie aux enfants d’étudier : « Dès la levée du jour, mon fils ne cesse de pleurer, il refuse de manger, de s’habiller en me suppliant de rester à la maison sous prétexte que son enseignant le fouette à tout moment. Déjà à la tombée de la nuit, il négocie avec un air malheureux, pour ne pas retourner à l’école. Parfois j’ai même pitié de lui », relate-t-il.

Nelemta Josephine, une mère de 5 élèves qui gère difficilement deux cas dans sa famille, soutient que cette pratique risque d’entraîner des conséquences néfastes sur les enfants : « A la suite de l’insistance de mes enfants j’ai dû me déplacer pour rencontrer les responsables de leur établissement. Au début, je pensais que les enfants faisaient juste des caprices pour ne pas aller à l’école, mais un jour mon fils m’a montré les traces de fouet au dos et j’étais sidéré. Il a fallu que je trouve le directeur pour que son maitre soit interpellé. En cas de plainte de la part de leur progéniture, les parents doivent prendre cela au sérieux car leur avenir en dépend ».

Nelemta Josephine ajoute que : « L’école doit être un endroit de sécurité pour les enfants et non de crainte constante » . Face à cette pratique qui met en mal le bien être des élèves, n’est-il pas nécessaire d'impliquer les parents et de surveiller le comportement des enfants, tout en promouvant des alternatives aux châtiments corporels ? Quelles alternatives aux châtiments corporels dans les établissements scolaires ? Pour créer un climat de confiance dans les établissements scolaires et permettre aux enfants d’étudier dans la quiétude, il faut instaurer des pratiques éducatives, positives et préventives, visant à responsabiliser l'élève plutôt qu'à le punir physiquement.

Ces pratiques incluent la discipline positive, la communication non violente. Les enseignants doivent chercher à réparer les erreurs au lieu de sanctionner. Par exemple, si un élève n’arrive pas à assimiler ses cours qu’il nettoie, s’il casse qu’il répare, au lieu de le torturer avec des fouets. Ils peuvent également impliquer l'élève dans l'analyse de son comportement et rappeler ses responsabilités devant une situation désastreuse.

Le corps enseignant peut utiliser le dialogue pour recadrer ou sanctionner et valoriser les bons comportements au lieu de se focaliser sur les erreurs. Les enseignants sont appelés à jouer sur l’émotion des élèves en se rapprochant d’eux, si bien que certains élèves sont récalcitrants. Ces derniers doivent vraiment faire l’objet de suivi par les parents et les enseignants.

Pour finir, on peut opter pour la sensibilisation des parents, enseignants et personnels aux méthodes non violentes. Ces dernières permettront à créer un climat scolaire sécurisant, respectueux des droits de l'enfant et propice à l'apprentissage, en remplaçant la peur par le développement des compétences émotionnelles et sociales.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)