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TCHAD

18 ans après : retour sur les trois jours qui ont ébranlé la capitale tchadienne


Alwihda Info | Par Alwihda - 2 Février 2026


Le 2 février 2008 reste gravé dans la mémoire collective tchadienne comme l’un des jours les plus sombres et les plus intenses de l’histoire récente du pays. Ce matin-là, une coalition rebelle composée principalement de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), du Rassemblement des forces pour le changement (RFC) et d’autres factions armées, lance une offensive fulgurante contre N’Djaména, la capitale.


Idriss Déby Itno, lors d’une conférence de presse au palais présidentiel de N’Djaména, le 6 février 2008. © Jerome Delay/AP/SIPA
Idriss Déby Itno, lors d’une conférence de presse au palais présidentiel de N’Djaména, le 6 février 2008. © Jerome Delay/AP/SIPA
Partis de bases situées à l’est du pays, près de la frontière soudanaise, les rebelles parcourent plusieurs centaines de kilomètres en convoi et pénètrent dans la ville dès les premières heures de la matinée. Très rapidement, les combats s’engagent dans les quartiers centraux. Les insurgés atteignent les abords du palais présidentiel, prennent le contrôle de plusieurs points stratégiques et s’emparent même de l’aéroport international. Les tirs d’armes lourdes, les explosions et les combats de rue résonnent dans toute la capitale.

Pendant trois jours (du 2 au 4 février), N’Djaména devient le théâtre d’une bataille urbaine d’une rare violence. L’armée nationale tchadienne, soutenue par la garde présidentielle et équipée de chars T-55 et de blindés, résiste avec acharnement. La France, via l’opération Épervier, intervient de manière décisive : des Mirage F1 effectuent des frappes aériennes sur les colonnes rebelles et leurs lignes logistiques, permettant de renverser la tendance.

Le bilan humain est lourd : selon les estimations les plus souvent citées, environ 977 personnes ont été tuées et plus de 1 750 blessées au cours de ces trois jours. Des milliers de civils fuient vers le Cameroun voisin. Les pillages sont massifs, les infrastructures endommagées, et la ville plonge dans le chaos.

Parmi les conséquences les plus marquantes figure la disparition forcée de l’opposant politique Ibni Oumar Mahamat Saleh, secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD), arrêté le 3 février par des éléments de la garde présidentielle et jamais revu depuis. Son cas reste, encore aujourd’hui, l’un des symboles les plus douloureux de cette crise.

Malgré la tentative de coup d’État, le régime d’Idriss Déby Itno parvient à se maintenir au pouvoir. Les rebelles, affaiblis et dispersés, se replient vers l’est.

Dix-huit ans plus tard, le 2 février 2008 demeure une date de référence au Tchad, notamment une date de souvenir pour les victimes.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)