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La session ordinaire du Parlement: une pièce de théâtre


Alwihda Info | Par Alwihda - 2 Février 2026


Le discours du président de l'Assemblée nationale ce lundi 2 février 2026 est une réaction tardive qui reflète une pression sociale croissante face à l'érosion du pouvoir d'achat. Bien que le gouvernement ait adopté la Loi de finances 2026 avec des prévisions de recettes de 2 275 milliards FCFA, l'urgence se cristallise sur des mesures d'impact immédiat.






Les leviers d'action et les défis actuellement débattus sont entre autres les mesures fiscales et budgétaires 2026 pour tenter d'alléger le panier de la ménagère. Le budget 2026 et les récentes circulaires de la Direction générale des impôts mettent l'accent sur les exonérations fiscales. Aussi, l’on s’attend à ce que les discussions portent sur le renforcement des exonérations sur les produits de première nécessité pour contrer l'inflation. Parmi les actions à mener, il est également question d’accorder les priorité aux secteurs sociaux. Le gouvernement a annoncé que les dépenses de 2026 (2 531,5 milliards FCFA) seront orientées prioritairement vers la santé et l'éducation pour réduire les charges indirectes des familles. Les tchadiens attendent de voir ces annonces dans leur vie quotidienne.


Des défis de régulation des prix ont toujours été la faiblesse de tous les gouvernements depuis 35 ans de régime MPS. Malgré ces intentions, la réalité sur le terrain reste complexe. Les écarts de prix sont deux à trois fois plus élevés d’une ville à une autre. Une enquête récente souligne que l'inflation alimentaire continue de peser lourdement sur le quotidien, malgré les annonces de régulation.


Les coûts de production sont difficilement maîtrisés par les producteurs. Bien que certains prix de vente locaux soient en baisse par endroit, les coûts de production (semences, transport, main-d'œuvre) restent élevés à cause du prix du carburant et d’autres facteurs. La marge de manœuvre du gouvernement est très étroite dès lors que c’est lui qui surencherit sur le prix du carburant. Il lui est impossible d’imposer des baisses durables sans léser les producteurs locaux.

 
Même si les ⁠exigences du Parlement semble justifier, les tchadiens n’y voient qu’une simple déclaration de principe. Si les députés insistent sur le fait que la réussite macroéconomique (baisse prévue du déficit budgétaire) doit se traduire par une action visible dans les marchés, ils ne disposent d’aucun levier pour agir et traduire dans les faits ce qu’ils demandent. Comment peuvent-ils demander un contrôle plus strict des circuits de distribution pour éviter la spéculation quand on sait que le plupart des commerçants sont des aparatchiks du parti au pouvoir qui sont saignés à blanc par le parti au pouvoir et qui se rabattent sur les ménages pour renflouer leurs revenus? Comment le Parlement va-t-il superviser le déploiement effectif des fonds alloués aux initiatives économiques en faveur des populations vulnérables, notamment les femmes rurales avec une administration que la corruption gangrène comme un cancer ? 


La session ordinaire qui s'est ouverte ce 2 février 2026 au Palais de la Démocratie est regardé comme une pièce de théâtre et le discours du président de l’Assemblée nationale n’a rien de nouveau. Les nouvelles interpellations directes des membres du gouvernement sur ces urgences sociales ne sont que de la comédie tant que l’idéal social n’est pas basé sur la construction d’un état protecteur des tchadiens les plus vulnérables.


 



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)