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Enquête

N’Djamena : Le Silence des Feux, l'Éclat du Désordre


Alwihda Info | Par Barra Lutter - 2 Février 2026


Au-delà des simples ampoules grillées, la panne généralisée de la signalisation lumineuse à N’Djamena est le symptôme d'une rupture du contrat social entre la municipalité et les usagers de la route.





  À N’Djamena, les feux tricolores, bien qu'existants, sont presque inutiles. Présents au milieu des carrefours, ils ressemblent davantage à des éléments de décoration qu'à des dispositifs fonctionnels. Éteints, ces feux observent le chaos et l’improvisation qui règnent sur les routes de la capitale tchadienne.

 

L'absence de feux fonctionnels n'est pas qu'un simple dysfonctionnement : elle symbolise une gouvernance déficiente. Un feu tricolore hors service n’est pas seulement un équipement en panne, mais un signe évident d'une autorité absente et d'un État qui faillit à ses responsabilités fondamentales.

 

En l'absence de signalisation active, la priorité de passage se négocie à coups de klaxons et de manœuvres risquées. Chaque carrefour devient une épreuve, chaque traversée, un pari dangereux. Les véritables victimes de cette anarchie sont les piétons, les motocyclistes et les conducteurs soucieux de la sécurité.

 

Les autorités communales responsables de la gestion des feux semblent fermer les yeux sur cette situation. Elles savent et voient le problème, mais n’agissent pas. Comment expliquer que ces dispositifs, coûtant cher à l'installation, soient laissés sans entretien ni suivi ?

 

Pourquoi installer des feux tricolores qui se dégradent lentement ? À quoi bon parler de modernisation urbaine si les outils élémentaires de sécurité routière sont négligés ? À N’Djamena, la modernité se limite souvent aux apparences : on inaugure, on photographie, puis on abandonne.

 

De nombreux feux ont été hors service pendant des années, d'autres vandalisés ou disparus sans que qui que ce soit ne prenne la responsabilité de cette dégradation. Ce laisser-aller institutionnel banalise le désordre et normalise le danger, affectant la sécurité des citoyens.

 

La circulation routière est primordiale ; elle touche à la sécurité des citoyens, à la discipline collective et au respect de l'espace public. Ignorer l'état des feux tricolores, c'est laisser l'anarchie prévaloir sur l'ordre.

 

Il est temps que les autorités cessent de se contenter de décorer la ville pour commencer à la gouverner véritablement. Réparer, entretenir et sécuriser les feux tricolores n’est pas une faveur faite aux citoyens, mais un devoir républicain. Tant que ces feux resteront éteints, c'est la crédibilité de l'action publique elle-même qui continuera à clignoter au rouge.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)