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Tchad: pourquoi doit-on croire que toutes les luttes sont légitimes ?


Alwihda Info | Par - Җ€BIЯ - - 22 Mars 2008 modifié le 23 Mars 2008 - 01:38

Aussi longtemps qu’une tribu tchadienne considérera une autre de peureuse, d’esclave, des sous hommes, etc.…, la guerre ne finira pas au Tchad. Oui ! Tant que l’oppression, la discrimination et l’humiliation constitueront les principes de la gouvernance de n’importe quelle société, il est illusoire d’attendre la paix au rendez-vous, et cela prendra le temps qu’il faudra.


Tchad: pourquoi doit-on croire que toutes les luttes sont légitimes ?
La remarque « ce site ne publie pas des agressions personnelles », est une «belle bêtise » qui explique en grande partie la multiplication des sites internet Tchadiens, que j’encourage d’ailleurs au passage. Certes, le refus de publier l’article de tel ou tel, La censure colorée à la haine tribale, ou l’affinité imposée par les menaces de répression, conduisent naturellement les autres à créer leurs sites ou leurs blogs, afin d’exprimer librement leurs idées sur les Hommes et les faits qui les entourent ou qui les influences (Je reviendrai plus en détails sur le fonctionnement des sites Tchadiens dans un prochain article). Il n’ya jamais de vie privée au sens le plus noble du terme pour ceux qui aspirent jouer des rôles publiques. C’est pourquoi Abdelwahid, Djondang, Timan, Soubiane, Nour, kamougué, salibou, Deby et les autres doivent être critiqués ; ils doivent en retours l’accepter ou le démentir.

Aussi longtemps qu’une tribu tchadienne considérera une autre de peureuse, d’esclave, des sous hommes, etc.…, la guerre ne finira pas au Tchad. Oui ! Tant que l’oppression, la discrimination et l’humiliation constitueront les principes de la gouvernance de n’importe quelle société, il est illusoire d’attendre la paix au rendez-vous, et cela prendra le temps qu’il faudra.

Je ne me permets pas de répondre à qui que ca soit, car j’estime qu’a un certain niveau, il ne reste aux Hommes que cette liberté de se prononcer, de disserter, d’évacuer tous ce qui fourmillent en eux, tant la situation de notre pays l’exige, ou, dans une certaine mesure l’impose. J’ai lu avec une extrême concentration l’exposé très coriace de notre compatriote Lyadish Ahmed ou ses commentaires sur le « le cancer Tchadien » de Francois Soudan. Mais j’avoue très honnêtement ne pas comprendre l’objectif de la démarche. Je souhaite donc que les autres la comprennent dans le bon sens, comme je m’efforce de le faire en toute franchise. Pour autant, je ne me dérobe pas de la pertinence de sa réflexion lorsque j’exposerai ma modeste compréhension de la même situation.

Il est universellement admis qu’on ne naitra jamais grand, et cela est valable pour les mots et les idées. Jusqu'à preuve du contraire et dans une certaine mesure, les plus petits finissent par être grand. Je suis conscient qu’il ya vingt ans, il était inconcevable que lyadish critique une règle de droit, mais aujourd’hui, il est inadmissible de l’en estimer incapable. Le temps et ses efforts ont surement eu raison de la connaissance. Transférer cette réflexion à la vie des nations, la différence du processus doit être fondamentalement mineure.

Nous ne refusons pas aux autres le droit de critiquer les Hommes ou nous même ; nous ne dénions pas que nous avons des insuffisances comme ceux qui nous gouvernent ou ceux qui les critiquent. Pourquoi dois-je croire que le général Mahamat Nourri ou le Général Mahamat Nour ainsi que les autres sont des « opposants businessmans » ? Ceux qui le disent et qui sont nommément cité par Lyadish Ahmed ne sont-ils pas capable de même courage d’entreprendre que Nourri, Nour ou Timan ? Cette question, je me la pose et j’invite les autres à la faire sienne.

J’ose absolument croire que Abbo et les autres sont surement capables d’autres choses importantes que ne peuvent entreprendre « les opposants businessmans ».Si non, les personnalités concernées, qu’ils s’agissent de Timan, Nourri, Nour et les autres, ont servi dans le public et le privé, au Tchad et à l’étranger, et peuvent prouver l’appartenance du minimum qu’ils possèdent en attendant qu’on ne nous révèle le contraire. Je n’attendrai pas surement longtemps de voir Lyadish et Abbo à l’épreuve du management effectif de la chose publique et des hommes ; c’est mes vœux les plus chers. C’est encore vraie qu’on peut commander les hommes arme à la main et sur le terrain ; mais on peut aussi et surtout influencer les hommes le clavier sous les doigts comme certains commandants de commandements fictifs ou réels le font si bien. Si Lyadish croit qu’un constat est un constat, ou une vérité est une vérité, il a surement pris le temps qu’il faut d’en vérifié la véracité : ce qui est toujours méritoire et en son honneur. Pour autant, il sera naïf de ma part de croire que Abbo ou lyadish ne peuvent pas se battre les armes à la main. Ce n’est surement pas leur choix, du moins pour le moment.

Mais si Lyadish estime que la rébellion Tchadienne est manipulé par les Soudanais qui décident à leurs places, il n’a peut être pas tort de le penser sur papier, mais un tour sur le terrain édifiera surement son opinion même s’il ne la changera pas. Il doit être d’accord avec moi qu’entendre les gens dire, et vivre sa propre expérience, sont deux choses absolument différentes. Je me permets enfin sur ce registre de dire avec son indulgence et sa permission que l’histoire des mouvements rebelles, des révolutions, partout dans le monde est similaire à quelques nuances près. Il faut avoir des parrains qui nous aident et qui visent un intérêt autre que le notre; Mais nous pouvons dans l’expression de nos idées avoir la lucidité de refuser cette éventualité.

On doit subir avec réalismes d’une manière ou d’une autre les caprices et les velléités de nos parrains jusqu'à atteindre notre but. Cela ne nous empêchera pas au demeurant de décliner notre vraie face et notre projet aux Tchadiens une fois au pouvoir. Tel a été et doit être humblement encore, l’approche de tout Révolutionnaire soucieux d’avoir les moyens de sa lutte. En la matière, l’histoire du monde et celui du Tchad regorge d’exemple. Un tour de lecture de l’histoire des guérillas et des rebellions, ou, une simple causerie avec les chefs des anciennes guérillas passés au pouvoir et encore en vie nous édifierons.
Loin de refuser cette pertinente analyse de François Soudan sur le problème Tchadien, ou, le commentaire exquis de lyadish sur les condottieri, l’impression qui me reste après leurs lectures est celle de découvrir l’imploration d’une société d’idéaliste : même comme je suis convaincu que ce monde est construit par des rêveurs.

Je voudrai dire comme quelqu’un, que l’histoire de grandes nations n’a jamais été faite des banquets, de joies perpétuelles, ou « des hommes anges ». Une telle perception de la société et des hommes est foncièrement biaisée ; la situation est toute autre. Des hommes pas avec du sang bleus se sont battus, des hommes pas sans cerveaux sont morts, et d’autres avec des bras et pieds comme ceux qui meurent ont survécu pour que certaines nations s’organisent pour devenir pour nous des exemples, des terres d’asiles, des pays de cultures, des nations de connaissance et de tolérance, des patries des droits de l’homme et des libertés ; des puissances économiques et scientifiques etc.…

Loin de légitimer ce qui se passent chez nous, loin d’apprécier la misère qui caractérise nos vies, mais aussi loin d’envier les autres, quel est honnêtement et historiquement le prix que nous avons payé pour bénéficier d’une nation au sens le plus noble du terme ? Toutes les civilisations qui ont survécues, toutes les nations que nous envions pour nous y refugier, ces pays ont toujours sanctionné à un moment de leurs histoires la tyrannie de leurs dirigeants. C’est cette quête perpétuelle de bien être à travers des guerre fratricides qui ont permis aux nombreuses grandes nations d’opter pour un système de gouvernance qui préserve la paix et la justice entre les populations. Cette réalité, Francois la connait autant que lyadish.

Devrions-nous laisser Tombalbaye malgré ses bienfaits continuer dans la dérive qui caractérisait la fin de son règne et nous résigner ? Ainsi, on ne parlera pas de tous ceux qui l’on succédé. Ou devons nous, nous exiler pour laisser ce pays comme d’aucun l’ont fait sous son règne ? Oui ! et encore sous l’actuel régime, devons nous laisser Idriss Deby malgré ses bienfaits avec certains perpétuer sa mascarade de démocratie et de génocide de multiples familles tchadiennes par son clan? Devons nous tous nous refugier comme d’aucun l’ont fait pour laisser enfin la France imposer la paix et la démocratie à Idriss et ses courtisans ? Devrions-nous attendre une baguette magique pour tuer tous ces hommes qui s’improvisent leaders injustes et pouvoir imposer des « anges constructeurs et gouverneurs » de notre destin de Tchadien?

Pour revenir véritablement à ma démarche, à travers ce pamphlet, je lance une invitation au réalisme, celle la même qui considère que tout homme à des défauts et des qualités, des vices et des merveilles. Ce réalisme qui veut qu’une fois s’être trompé on se ressaisisse pour corriger ces erreurs ; une fois être assassin que l’on cherche à se repentir ; une fois avoir servi l’oppresseur que l’on comprenne un jour qu’on doit se battre au coté de l’opprimé. Je ne suis pas dans le secret de Dieu pour croire que les pécheurs vont toujours en enfer même s’ils se reconvertissent et se repentissent. Je suis cependant conscient que l’idéal c’est d’avoir des anges sur cette terre, je veux dire au Tchad. Mais malheureusement, je veux dire heureusement que la sincérité veut qu’on considère tout Homme comme un pécheur.

Je ne suis pas naïf pour croire que ceux qui se battent arme à la main le font tous par altruisme, par idéalisme ou par pure intérêt. Je veux croire que leurs altruismes, leurs idéalismes et leurs intérêts peuvent se résumer à vivre paisiblement dans leurs villages ; faire leurs champs et élever leurs enfants sans être opprimés. Je veux croire que leurs altruismes, leurs idéalismes et leurs intérêts peuvent se résumer à élever leurs animaux sans les faire voler par un homme armé par un clan au pouvoir. Je suis cependant certains que beaucoup le font pour pouvoir un jour rester en paix et sans oppression dans leurs terroirs comme les Paysans Tama de Guereda et Sara de Koumra, ou les Cultivateurs Ouaddaï d’Abéché et Toupouri de Fianga, l’éleveur Arabe d’Abougoudam ou d’arada, les Pécheurs Ngambaye de Moundou ou le riziculteur Massa de Bongor. Oui ! Beaucoup se battent armes à la main par idéalisme ou par intérêt pour espérer cette égalité de chance dans le recrutement à la fonction publique et privé pour les étudiants de toutes les tribus du Tchad qu’ils viennent de la France, du soudan ou du Cameroun.

Beaucoup se battent aussi pour avoir l’égalité de chance de devenir député, des Ministres, Président ou directeur sans clientélisme au clan au pouvoir, sans truquage des élections ou modification de la constitution. Je veux croire que cette lutte fera des morts et détruira des infrastructures. Sont-ils pour autant des saints ceux qui luttent ou veulent simplement croire à la lutte ? Ne sont-ils pas des idéalistes ? Ne sont-ils pas des réalistes ? Ne visent-ils pas un intérêt personnel et collectif?

Je ne suis pas naïf au jour d’aujourd’hui que nous changerons le cours des choses seulement en créant des parties politique qui sont impuissants devant la forces et les truquages de Deby. Je ne suis pas naïf après dix huit ans pour croire que seules les associations des droits de l’Homme ou une presse indépendante feront changer le cours des choses dans notre pays. Je ne suis pas si naïf pour croire que seule les articles et pamphlets des sites internet et les manifestations faites ca et la par la diaspora Tchadienne pourront changer le cours des événements au Tchad. Je ne suis pas naïf pour croire que la France ou la communauté internationale seules peuvent changer le cours des événements et assoir la démocratie et les droits de l’Homme au Tchad.

Je crois fermement cependant que l’action conjuguée de toutes ces forces précitées et celle de la rébellion pourront changer le cours des choses. Je ne suis pas naïf pour croire que ceux qui prendront le pouvoir demain quelque soit leurs provenances (rébellion, partis politiques, ou droits de l’homme) ont les solutions miracles pour les problèmes du pays. Mais je crois qu’il faut établir honnêtement et sincèrement les règles de jeux qui permettent à chaque groupe selon une périodicité limitée d’expérimenter ses solutions en toute transparence et en respectant les droits des autres a preconisé d’autres solutions pour le pays. Au cas contraire nous nous battrons aussi longtemps.

Cette démarche à notre avis ne necessite pas absolument des saints ou des intellectuels, pas uniquement des militaires ou des paysans, mais des Hommes ordinaires quelques soit leurs sexes, leurs formations et leurs corporations; des Hommes conscients qu’on peut se tromper et se corriger avec le temps, qu’on peut comprendre en apprenant, qu’ont peut reussir à forces d’échecs ; des Hommes qui savent que le mal se paye d’abord ici bas ; des Hommes comme Idriss Deby ou Jacqueline Moudeina ; des Hommes comme Mahamat Nour ou Saleh Kebzabo ; des Hommes comme Timan Erdimi ou Mariam Mahamat Nour ; des Hommes Comme Mahamat Nourri ou Dobian Assingar ; des Hommes qui peuvent accepter leurs erreurs passées, présentes et futures ; des Hommes qui sont très conscients qu’ils ne sont pas des anges moins encore des saints ; brefs des Hommes qui naissent et qui meurent des balles, de la foudre, des accidents ou des maladies ; des hommes qui ont un destin.

Je crois également que les peuples ont leurs destins. Je crois que la guerre est destructrice mais fait partie de la vie des grandes Nations. Car les grandes mutations dans la vie des sociétés et des civilisations sont passées par des guerres et des événements douloureux. Notre histoire ne dérogera pas à la règle. Luttez ! Je veux dire luttons ! Luttons armes à la main ou claviers sous les doigts ; luttons micro à la bouche ou banderoles entre les mains, luttons en écrivant notre histoire de nos plumes, nos claviers et nos sangs, l’histoire de notre véritable unité, de notre véritable paix et de notre prospérité prochaine. Luttons en accomplissant notre destin, celui de naitre, se battre et un jour vaincre l’animosité et la misère. Que l’on croit en Dieu ou pas, on n’est unanime et sans crainte qu’on meurt un jour. On sait qu’on peut Mourir à paris sur son lit ou au Tchad au combat. Oui ! On Mourrait hier à paris dans des guerres lorsqu’on mourrait d’autres causes au Tchad. On Meurt quand Dieu le décide. On vit et on meurt ; c’est le destin.

Brahim Abakar Kamane
Yaoundé - Cameroun
bakamane@yahoo.fr


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